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lundi 15 novembre 2010

[Critique] : Le Grand Silence (Sergio Corbucci, 1968)

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Vous connaissez la pub qui montre les  différentes  perceptions d'un mot ? Mais si : "Un combat... un combat... une claque... une claque !". Ben moi ma claque je me la suis prise à la vision de ce film extraordinaire. Et ça faisait bien longtemps que je m'était pas pris pareille torgnole !

J'avoue honteusement que je ne connaissais pas du tout, mais alors pas du tout ce film. D'ailleurs, j'avais une méconnaissance totale du Western Italien. Si Sergio Leone est mon réalisateur préféré, le western n'est pas ce qu'on peut appeler mon genre de prédilection. En fait, à part les siens et ceux du grand Clint, je n'étais pas un grand fan. Les Westerns classiques américains sont pour moi, à quelques exceptions près, d'abominables. bouses Je me rappelle encore avec effroi de la découverte de l'épouvantable Les Sept Mercenaires (mauvais si on a vu Les Sept Samouraï et qui arrive à le vider de toute substance), du soporifique Le Train sifflera trois fois (où il ne se passe absolument rien. Je préfère 100 fois son remake SF  Outland) ou bien des John Wayne et de ses chemises roses. En ce qui concerne les Western Italien, communément appelés Western spaghetti afin de leur donner une connotation négative, leur mauvaise réputation face aux classiques US ne me donnait pas envie d'en découvrir plus. Bien mal m'en a pris !
La sortie du jeu Red Dead Redemption m'ayant subitement donné envie de me plonger un peu dans le Western Spaghetti, j'ai ainsi découvert que Sergio Corbucci, que je connaissais pour  quelques films du duo Terence Hill et Bud Spencer dont le délirant Salut l'ami, adieu le Trésor (dont je suis fan mais, j'admets que c'est une grosse connerie. Aaaah Anulu !) a signé quelques perles. Ainsi, le premier Django ou El Mercenario seraient très bien considérés par la critique. En regardant sa rétrospective, je suis également tombé sur un étrange western où le sable aurait été remplacé par la neige et Clint Eastwood par Jean-Louis Trintignant ! Les critiques étaient unanimes, c'était un film à voir absolument. C'est sans hésiter que je commandais également ce film pour quelques euros (de plus). Entre temps, j'avais également acheté la trilogie des Sabata. Je regardais le premier, sympatoche mais un peu bordélique, puis le second Adios Sabata que j'ai trouvé bien meilleur (la musique est superbe) qui a défaut d'être génial était sympathique et m'a fait passer un bon moment.
02066796-photo-le-grand-silence.jpg Et puis, je reçu surtout ce fameux grand silence. Puisque mes PS3 qui me servaient de lecteurs DVD avaient été fauchées, c'est sur mon PC, le soir du cambriolage, et parce que je ne parvenais pas à dormir à cause des nerfs, que je regardais le film. Pensant n'en voir qu'une petite partie avant d'aller me coucher, c'est bien au bout d'une heure de film que je décrochais enfin, épuisé par ma sale journée. Une seule chose à dire : j'étais époustouflé par ce spectacle d'une noirceur et d'un nihilisme hallucinant ! Et je n'avais pas encore vu la fin qui finirait par me la mettre, cette fameuse claque !
Le décors et l'acteur principal ne sont pas l'unique originalité de ce long métrage. Son sujet l'est tout autant. Ainsi, des hors-la-loi qui n'en ont que le nom, se réfugient dans les montagnes en attendant une amnistie promise par le nouveau gouverneur. De nombreux chasseurs de primes tentent de les déloger de leur cachette afin de remporter quelques primes faciles avant qu'il ne soit trop tard. La faim guettant ces malheureux, ce n'est plus qu'une question de temps avant que les pauvres diables ne quittent leur tanière. En attendant, les chasseurs de primes sont regroupés dans la ville de Snow Hill. Les hors-la-loi demandent l'aide d'un muet bien surnommé Silence (Jean-Louis Trintignant) afin de les protéger des sanguinaires chasseurs de primes. Ce dernier, pour une raison que l'on ignore au début, déteste tous les chasseurs de primes et s'arrangent toujours pour être en état de légitime défense avant de les abattre. Comme le dira si bien un personnage du film : "il ne dégaine jamais le premier mais il tire toujours le premier". Le plus cruel et sanguinaire des chasseurs de primes se nomme Tigrero (Klaus Kinski). Si quelqu'un est recherché mort ou vif, autant dire qu'il est déjà mort... ! Les transporter vivant coûte tellement plus cher et pourquoi prendre des risques ? Alors qu'il abat froidement sa dernière proie, la femme de cette dernière jure de se venger et engage Silence afin de renvoyer l'effroyable Tigrero ad patres.
18860351-r 760 x-f jpg-q x-20070907 054028On a rarement vu pareille inversion : les chasseurs de primes, d'ordinaire du bon côté dans les Westerns, sont désignés comme de parfaits salauds et les Hors-la-loi comme de parfaites victime ! Et Silence est probablement le seul chasseur de chasseur de primes de l'histoire des westerns ! On se rend compte que Le grand silence partage beaucoup de points communs avec le superbe Impitoyable de Clint Eastwood. Sauf qu'il va beaucoup beaucoup beaucoup plus loin dans le pessimisme et la démystification. Et si les héros de l'ouest n'avait jamais existé ? A bien y regarder, Silence, le héros du film, n'est pas tellement plus recommandable que les salauds qu'il abat et se révèle bien ambigu... Dans le monde du grand silence, la seule alternative semble tuer ou être tuer. Y-a-t-il vraiment des bons et des méchants dans tout ça ? Qu'est-ce qui justifie ces massacres ? L'argent ? La vengeance ? Il s'agit avant tout de survivre dans un monde hostile.A noter que Silence inspira la BD Durango (le héros utilise d'ailleurs le même pistolet Mauzer).
Contrairement à ce que j'ai lu par-ci par-là, l'interprétation de Trintignant dans son unique western est admirable. Son rôle n'est pas des plus faciles, voir ingrat, puisqu'il est muet. A sa demande d'ailleurs, l'acteur aurait donné son accord pour participer au film à condition de ne pas à avoir apprendre une seule ligne de texte. Du coup son personnage est devenu muet ! Ainsi Trintignant traverse le film avec une tristesse et une mélancolie qui vous prend aux trippes. S'il n'a parfois pas l'air très à l'aise, c'est surtout dû à son personnage de héros fatigué de tuer et non à cause d'une mauvaise interprétation. 

le-grand-silence-1

le-grand-silence-2Il faut dire que le grand personnage du film demeure Klaus Kinski. Comme souvent, c'est le méchant qui vampirise l'écran. Mais peut-on faire un bon Western sans un bon méchant ? A l'opposé de son jeu habituel, Kinski est ici d'une sobriété à glacer le sang. Ca ne le rend que plus cruel et fourbe. Et son doublage en français est d'une perfection rare. C'est l'acteur Michel Le Royer qui lui prête sa voix, lui qui doublait plutôt les gentils à l'époque comme Giuliano Gemma (dans Le dollars troué, le retour de Ringo ou Adios Gringo). Mais les plus jeunes le connaissent sans doute mieux pour ses doublages de John Locke dans la série Lost ou encore de Saroumane dans le Seigneur des anneaux. Mais revenons à Kinski qui prouve qu'il peut casser la barraque sans forcément en faire des tonnes. S'il était l'un des acteurs les plus appréciés du Western Italien ce n'est pas pour rien.
Dans ce film extrêmement noir, seul le personnage du shérif permettra de placer quleques pointes d'humour. Comme souvent dans les western italien le shérif est un homme droit mais quelque peu crétin. D'une maladresse attendrissante, le shérif interprété par le très bon Franck Wolf (doublé en français par Jacques Deschamps, la voix d'Eastwood dans les Leone) paraîtra complètement hors du monde cruel du grand silence. Il représente sans doute une sorte d'espoir vain dont le spectateur pourra tenter de s'accrocher malgré tout. Et cela jusqu'au bout du récit. Bref, un rôle qui semble à côté de la plaque et qui est en réalité tout simplement essentiel à l'ensemble de l'entreprise.
vlcsnap-2009-09-14-19h34m08s135La réalisation n'a rien à voir avec celle extrêmement travaillée de Sergio Leone. Elle s'avère sans esbroufe et d'une rare simplicité. Une réalisation quasi intimiste, voire même neo-réaliste dont Corbucci nous a rarement habitué. Et quoi de mieux pour l'accompagner que la formidable musique du légendaire Ennio Morricone ?  Le maestro n'aura pas uniquement magnifié les westerns de Leone, mais également ceux de Corbucci. Et le moins que l'on puisse dire c'est que la partition du grand silence est d'une grande réussite et parvient à nous mettre dès l'introduction dans l'atmosphère étouffante du grand silence. Rarement image et musique auront été autant en harmonie que dans ce générique initiale : tout comme le héros sur son cheval qui peine à avancer dans la neige, la musique se révèle lancinante, triste et si magnifique à la fois. Comme d'habitude, Ennio a réussi à capter l'âme du film et à en insuffler la force de sa musique ! L'autre grand morceau du film est sans nul doute "Invito al amore" (invitation à l'amour) aussi passionné que tragique.
Malheureusement Le grand silence était peut-être un peu trop avant-gardiste pour remporter le succès qu'il méritait à l'époque. Mais Corbucci a réalisé un film grandiose et sans concession (il a même tourné une autre fin à la demande des studios trop frileux mais l'a réalisé de manière si ridicule qu'elle se révéla inutilisable). S'il n'a pas encore tout à fait la place qui lui est dû aujourd'hui, sa réputation de chef d'oeuvre n'est aucunement usurpé et il a largement gagné le droit de figurer aux côtés des films de Sergio Leone, d'égal à égal.  

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 PS : il va sans dire que le film est à voir en français ou/et en italien mais en aucun cas avec son doublage anglais, comme toujours absolument atroce.
 
En bonus : le thème musical du film très bien mis en scène sur un joli petit montage.


 

1 commentaire:

  1. merci bien pour ta critique du grand silence!

    et merci aussi pour avoir les infos de l' ambigue locke (terry o quinn) de lost et sa voix francaise!

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