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mardi 11 juin 2024

[Repack] : Un doigt sur la gâchette (HD, VOST)

 


Réalisation : Gianni Puccini
Avec : Peter Lee Lawrence, Cristina Galbo, Peter Martell, Piero Lulli, Maria Cuadra
Nationalité : Italie/Espagne
Genre : Western
Durée : 88'
Année de production : 1967
Titre original : Dove si spara di più

Les Campos et les Mounters se mènent une guerre sans pitié, à grands coups de meurtres, tortures et attentats.Un jour, le jeune fils des Mounters est enlevé par les Campos.

 

Bande annonce en italien

Le western italien s'est souvent inspiré d'œuvres littéraires pour les adapter au monde du western. Il semblait donc impensable que quelqu'un ne se charge pas de transposer l'une des œuvres les plus populaires et célèbres au monde. Ainsi, un an avant le superbe Johnny Hamlet/ Django porte sa croix de Castellari, c'est l'intellectuel Gianni Puccini qui se chargea de signer l'adaptation du "Roméo et Juliette" de Shakespeare, pour ce qui sera son seul et unique western, un genre qu'il "ne sentait pas". Forcément, non seulement le réalisateur n'avait aucune expérience dans le cinéma bis, mais il avait en plus peur des chevaux, des détonations, et était tellement sensible à la vue du sang qu'il préféra s'éloigner du plateau lors de chaque scène un peu truculente ! Peut-être était-ce un trauma suite à ses années dans la résistance italienne. L'expérience dans l'univers du western s'avèrera donc assez traumatisante pour le réalisateur, mais ce sera malgré tout une belle réussite. Quoi qu'il en soit, Gianni Puccini n'aura pas l'occasion de savourer sa réussite, ni de réitérer l'expérience, puisqu'il décèdera un an plus tard d'un infarctus à seulement 54 ans.
Ce qui est amusant, c'est que d'après Alex Cox, le film aurait d'abord été proposé à Giulio Questi, qui l'aurait décliné, car il n'aimait pas les westerns. Autant, je ne doute pas que Giulio Questi n'était pas fan des westerns, autant je m'étonne qu'il ait pu refuser pour cela, surtout que cette même année, il signe Tire encore si tu peux, un western atypique, certes, mais un western quand même, un peu comme notre Un Doigt sur la gâchette d'ailleurs, qui est un western assez différent... En plus, ce sera son film le plus connu et populaire. Alors si on le lui a vraiment proposé, je pencherai plus sur le fait qu'il était déjà occupé ailleurs, mais je n'ai vu aucune info confirmant tout ça. Et j'ai tendance à me méfier des spécialistes anglophones qui, à l'image de Christopher Frayling, nous en sortent parfois des vertes et des pas mûre. Mais qui sait ?

Fils de l'écrivain Mario Puccini et frère du réalisateur Massimo Mida, Gianni Puccini était rédacteur et  directeur de la revue "Cinema", avant de notamment signer plusieurs scénarios, dont celui du magnifique "Les Amants diaboliques" de Lucchino Visconti, adaptation neo-réaliste du "Le Facteur sonne toujours deux fois", autre œuvre littéraire, mais cette fois de James M. Cain. Tout en continuant d'écrire des scénarios, Puccini passera derrière la caméra en 1952 en réalisant son premier film "Capitano di Venezia". Après "Un doigt sur la gâchette", il n'aura le temps de réaliser qu'un dernier film, peut-être son plus célèbre, personnel et engagé, I sette fratelli Cervi (1968) avec Gian Maria Volonté, un film narrant l'histoire vraie de 7 frères devenus communistes et résistants durant la seconde guerre mondiale en Italie.

La présence de Puccini sur ce western n'est pas la seule qui puisse paraître un peu étrange. le film est en effet produit par Francesco Merli, scénariste de comédies qui a décidé de s'essayer au genre à la mode du moment, pour des raisons plus commerciales qu'autre chose. Allez savoir ce qui l'a poussé à choisir un réalisateur que tout semblait opposer au western, mais ce fut finalement un choix plutôt gagnant, le réalisateur apportant une ambiance assez particulière et singulière à son western. Il faut dire que durant ses 30 années de carrière, Puccini a collaboré avec des réalisateurs comme Ninno Loy, Camillo Mastrocinque et surtout Giuseppe De Santis, soit des réalisateurs expérimentés et d'un talent certain.
Le scénariste du film, Bruno Baratti, est également un néophyte du western. Forcément, puisque c'est un fidèle collaborateur de Puccini. Baratti développe plusieurs éléments imaginés à la base par Enrico Ribulsi, un des scénaristes de Damiano Damiani. C'est d'ailleurs à Ribulsi que l'on doit parmi les plus intéressantes du film, comme celle des deux balles se fondant métaphoriquement comme une union homosexuelle, Ribulsi avait même développé plus encore cette idée en explicitant plus encore l'étrange association entre le personnage de Piero Lulli et de Peter Martell.


Si le film est évidemment plus qu'inspiré par "Roméo et Juliette", c'est loin d'en être une transposition fidèle à 100%, alors attendez vous tout de même à avoir pas mal de belles surprises, comme cette fin aussi originale, que surprenante.  Et par exemple, le célèbre Mercutio de l'œuvre de Shakespeare devient ici un vieux maître d'arme qui va enseigner à  notre Roméo à tirer et à tuer, ce qui anticipera de peu le personnage de Lee Van Cleef dans Le Dernier jour de la colère (1967).

En ce qui concerne le casting du film, cette fois nous avons affaire à de nombreux habitués du genre. Nous avons ainsi le plaisir d'apprécier Piero Lulli dans le rôle de cette canaille de shérif, Peter Martell dans celui de Rodrigo Campos (Tybalt) ou encore de Luis Indini dans le rôle du père de "Roméo". Comme vous le savez, le rôle de Roméo, rebaptisé par un Johnny à la consonnance plus western ici, est tenu par le jeune acteur allemand Peter Lee Lawrence, tandis que celui de sa belle Juliette est tenu par l'espagnole Cristina Galbo dans le premier de ses deux westerns, le second étant Deux fois traitre (1968), que je vous ai proposé il y a peu. On se souviendra également de Cristina Galbo pour son rôel dans l'excellent Qu'avez-vous fait à Solange ? (1972) de Massimo Dallamano (sorti chez Le Chat qui fume). Mais par la suite, à quelques exceptions près, l'essentiel de sa carrière se fera dans le cinéma espagnol. La belle histoire, c'est que les interprètes de Roméo et Juliette ici présent eurent véritablement un coup de foudre, puisque qu'ils se marièrent peu après. Ils resteront marié jusqu'à la disparition tragique et prématurée de Peter Lee Lawrence en 1974. Si vous voulez en savoir plus au sujet de l'acteur allemand, de sa vie, de sa mort, n'hésitez pas à vous rendre sur les pages de ses autres films qui lui sont consacrées, et notamment celle du film  Qui a tué Fanny Hand ? où je rétabli quelques vérités au sujet de son décès. 

Et puisque les rôles féminins intéressants et étoffés dans le western italien sont plutôt rare, n'oublions pas de dire quelques mots sur l'autre actrice espagnole, Maria Cuadra qui interprète le rôle plutôt sexy d'une danseuse française de saloon. La version italienne la fait d'ailleurs parler avec un accent français, ce qui a tendance à la rendre encore plus sexy. Notons que c'est son personnage qui citera explicitement Shakespeare dans le film. Malgré sa beauté, son talent et une belle présence, Maria Cuadra ne connaîtra pas une grande carrière au cinéma et sera souvent reléguée à de petits rôles sans grand intérêt. Comme Cristina Galbo, elle ne tournera que dans deux westerns, le second étant le superbe Texas de Tonino Valerii en 1969. Sans doute déçue des rôles qu'on lui proposait, elle arrêtera sa carrière au cour des années 70. Dommage, elle méritait mieux.

Vous l'avez sans doute compris, malgré son titre français passe-partout, Un doigt sur la gâchette est un western plutôt singulier que l'on se doit de redécouvrir. Hélas, le doublage français est introuvable, aussi j'ai dû vous le sous-titrer entièrement. Et si le texte est quand même loin de Shaekspeare, nous avons droit à pas mal de dialogues plutôt bien écrits, inspirés et de belles tirades qui font mouche. De chouettes DVD du film était déjà paru en Espagne et en Allemagne il y a de nombreuses années. mais un encore plus chouette Blu-ray étant sorti en Allemagne, c'était l'occasion de vous le proposer. Si l'image est plutôt bonne, le son de la piste italienne a été un peu trop filtré à mon goût, mais ça reste plus qu'audible, fort heureusement.

Par contre, je remercie l'anonyme dans les commentaires de me l'avoir signalé, mais curieusement, les masters italiens que l'ont trouve en DVD ou en Blu-ray ont le premier plan du film amputé. Durant ce plan, nous avons un narrateur qui expose brièvement la situation entre les deux familles. Et si vous faites attention, vous noterez que la musique saute change et subitement entre la fin du générique et le début du film sur la copie proposée ici. C'est parce que normalement, il y a ce plan et la musique qui continue et change. Alors certes, ce n'est pas bien grave, on peut même dire que ça ne change absolument rien au film, mais c'est toujours un peu dommage. Ce plan est disponible sur le DVD espagnol, mais en langue espagnole seulement. Vous pouvez voir ça en vidéo en cliquant ici.

Le fameux premier plan absent des copies au master italien


 

Je crois qu'il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon film et une bonne (re)découverte.

 






 

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20 commentaires:

  1. merci pour ce film...
    au debut il manque 35 secondes apres le generique
    ce manque existe dans le dvd espagnol et aussi a l'epoque dans le film e france...

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    1. Tu veux dire avant le générique ? Je n'ai pas fait attention. Je vais vérifier si c'est pareil sur le DVD italien (si je l'ai encore !)

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    2. c'est juste apres le generique
      un lien pour voir
      https://ok.ru/video/1272321346109

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    3. Ah oui exact, il manque ce premier plan. Bon... on peut peut-être s'en passer, mais c'est curieux.

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    4. non ce n'est pas curieux c'est le montage italien de 1967..
      j'avais vu ce film en son temps avec la narration en français...
      par contre aujourd'hui je n'ai pas le film complet en italien..
      je vais acheter le dvd japonnais de 2013...
      je ne trouve pas le dvd italien dont vous parlez peut etre de FABBRI EDITORI en 2007...
      pour le moment on peut voir sur le dvd espagnol de DIVISA

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    5. Ben oui c'est curieux... que ce plan soit coupé sur la copie Blu-ray, puisque c'est le master italien. C'est comme la scène que j'ai fait remettre dans "Le Dernier jour de la colère" chez Artus qui était présente sur le montage italien comme français et que nous n'avions plus depuis la VHS. J'ai retrouvé le doublage en italien et en français et hop, c'est al seule édition complète au monde sur ce film à présent. Mais va comprendre.
      Alors ce n'est pas un DVD italien, je me suis trompé, mais allemand. et il y a la même coupe. D'ailleurs, on entend bien que la musique saute à ce moment là.

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    6. je vais me renseigner chez KOCH...
      bientot j'aurai des nouvelles du dvd japonnais

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    7. sur le japonnais ce plan est coupe

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    8. Il semblerait que ce plan ne soit plus que sur les copies espagnoles.

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  2. Effectivement très bon film avec tout ce qu'il faut de romantisme noir !! La fin m'avait également beaucoup surpris mais au final je l'aime bien ! Un grand merci pour ce précieux travail.

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  3. Un grand merci pour ce film et pour tout le travail de traduction.

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  4. Claudio Mancini, beau-frère de Sergio Leone, est décédé aujourd'hui.

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  5. les blogs deviennent secret dommage

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  6. Merci et bravo Indiana pour ce nouvel opus !

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