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jeudi 20 octobre 2016

[Bad News] : Son nom était Valerii


... et c'était quelqu'un. La nouvelle n'a pas échappé aux aficionados du western italien, mais l'un des derniers maîtres du genre nous a quitté le 13 octobre 2016 à 82 ans.

Si en France, on aime résumer la carrière de l'ancien assistant de Sergio Leone au seul film, Mon nom est Personne ( disponible dans une très belle édition Blu-ray),  chez les connaisseurs, on sait bien que l'ami Valerii c'est aussi d'autres petites merveilles, dont certaines que vous avez peut-être découvert ici même.
Premier film, premier western : Lansky, l'homme à la carabine (Per il gusto di uccidere) en 1966 avec Craig Hill dans son premier western italien. Dans cette première œuvre méconnue, Valerii cherche encore son style et se s'évertue surtout et avant tout à (bien) appliquer ce qu'il a appris au côté de Sergio Leone. Le film demeure très réussi et lance la carrière du réalisateur. Hélas, triple hélas, la VF du film semble désormais introuvable, ce qui complique la sortie d'une édition chez nous (la VOST, surtout quand ce n'est pas de l'anglais, est toujours un gros risque pour les éditeurs). A savoir qu'il existe également une version du film avec une fin différente, d'après ceux qui ont eu la chance de le voir au cinéma à l'époque.
Les choses sérieuses commencent dès son second film, avec un premier chef d’œuvre, malheureusement arrivé en version tronquée chez nous : Les Derniers jours de la colère (I giorni dell'ira) en 1967 avec Lee Van Cleef et Giuliano Gemma. Magnifié par la musique de Riz Ortolani, le film de Valerii détourne à merveille les codes du jeune loup formé par le vieux briscard, pour le transformer en film étonnamment plus complexe. Rien n'est à jeter, on est face à un petit bijou, sans aucun doute. Vous pouvez trouver le repack du film en HD sur mon blog, rien qu'en clickant sur le titre.


Il fallut attendre deux ans pour voir enfin débarquer le 3eme film de Valerii, puisque ce n'est qu'en 1969 qu'il réalise son troisième film, Texas (Il Prezzo del Potere), toujours avec Giuliano Gemma.  Une fois de plus très original, cette fois, ce n'est rien moins que l'assassinat de JFK qui est transposé dans l'univers impitoyable du western italien. Encore une fois, on est face à un véritable chef d’œuvre du genre, et encore une fois, le film arrive en France dans une version au montage charcuté. Mais cette fois, c'est à l'extrême, et l'adaptation française en modifie complètement le sens et ne veut plus dire grand chose. Pour couronner le tout, la VF est réalisée par une équipe au rabais, ce qui le rend parfois tout simplement inaudible. Le film est donc à découvrir en VO italienne pour être apprécié à sa juste valeur. Après être passé en case repack ici même, le film est sorti chez l'éditeur Artus en DVD il y a quelques années. Les italophones qui n'ont pas besoin de sous-titres, peuvent même se tourner vers le Blu-ray Allemand. Mais prenez quand même le DVD, ne serait-ce que pour profiter de la présentation de notre spécialiste Curd Ridel, le plus grand fan de Giuliano Gemma au monde (après ses enfants !)
Tonino Valerii abandonne temporairement le western pour signer une double parenthèses avec des genres très en vogue à l'époque. Tout d'abord, il réalise en 1970 une œuvre érotique, tirée d'un roman du même nom qui fit scandale et qui porte un nom bien mystérieux: Une fille nommée Julien (La ragazza di nome Giulio). Son actrice principale est la belle Silvia Dionisio, ex-épouse de Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust). Valerii ne sait pas faire comme tout le monde, alors ne pensez pas voir une comédie assez navrante avec des tétons qui pointeraient leur bout de temps à autres. Non, son film qui narre à la base les tribulations amoureuses d'une jeune femme (appelé comme un garçon, en l'honneur de son défunt père), s'avère profondément psychologique et pessimiste. Une certaine critique n'hésita pas à considérer le film comme prétentieux et réalisé comme un roman-photo, mais le film marqua les esprits. Une fille nommée Julien est (presque) totalement à part dans la filmographie de Valerii, et c'est aussi le seul de ses films où le réalisateur s'offre une apparition. Si la télévision italienne le diffuse régulièrement, c'est toujours dans une version censurée.

En 1972, il se lance comme tous ses camarades dans le Giallo avec Folie meurtrière (Mio caro assassino). Le film met tout de même en vedette quelques acteurs très typés western, tels que George Hilton et William Berger. Durant le film, Valerii se permet de balancer une petite pique à Sergio Corbucci puisque lors d'une scène, le film Django est qualifié de mauvais western. Mais peut-être ne s'agit-il qu'une pointe d'humour et un clin d’œil ironique à un autre maître du genre. Bien que plutôt réussi, ce sera son unique incursion dans le Giallo. Vous pouvez retrouver le film en DVD chez le défunt et courageux éditeur Neo Publishing pour une poignée de fayots. Seul problème : la VO italienne n'est pas inclue, mais la VF n'est heureusement pas trop mal.
La même année, Valerii revient au western avec une sorte de remake des 12 salopards : Une raison pour vivre, une raison pour mourir ( Una ragione per vivere, e una per morire) avec James Coburn et Bud Spencer. Sans être au niveau de ses deux précédents westerns, ce film à la production luxueuse que je vous ai récemment proposé en version intégrale, s'avère une fois encore très solide dans sa réalisation.
Son film suivant sera le célèbre Mon nom est Personne ( Il mio nome è Nessuno) produit en 1973 par son ami Sergio Leone. Ce sera cette fois une œuvre bien plus originale, puisqu'elle signera une sorte de passage de témoin entre le western italien dit "sérieux" avec le western plus comique, type Trinita, qui commençait à envahir les salles de cinéma. Terence Hill a toujours répété qu'il s'agissait de son film personnel préféré. Si le film symbolisa la fin d'un age d'or, il signa aussi le début d'une brouille entre Valerii et Leone. Ce dernier considéra bêtement le film trop réussi, et craint que cela puisse lui faire de l'ombre. Il se mit alors à crier sur tous les toits, et aux trop nombreuses personnes qui voulurent l'entendre, qu'il était en réalité le véritable auteur du film. Aujourd'hui encore, de nombreuses personnes préfèrent penser ça, trouvant peu correct d'aimer un western italien qui ne soit pas signé du seul digne représentant du genre (sic). Forcément, Valerii le prit très mal et dû s'époumoner durant des années à revendiquer la paternité de son œuvre. Comme on peut le ressentir dans l'interview disponible sur le DVD et le Blu-ray, on sent bien que cette blessure ne s'est jamais réellement refermée. Ce sera son dernier western.


Après ce sommet critique et public (4,7 millions de spectateurs, rien qu'en France), la carrière de Valerii va curieusement décliner. Il faudra attendre encore deux ans pour le voir réaliser un nouveau film. C'est donc en 1975 qu'il s'essaye à un autre genre en vogue, le polar italien avec Profession garde du corps (Vai, Gorilla !) avec Fabio Testi en tête d'affiche. Le film est violent, il est même interdit aux moins de 18 ans en Italie, et c'est une réussite. S'il remporte un franc succès en Italie, à l'étranger, il semble noyé dans le genre. Un film jouissif a redécouvrir, mais pas évident à trouver.

Ça se gâtent réellement en 1977, lorsque Valerii réalise Les Requins du désert (Sahara Cross) avec une autre grande vedette du cinéma italien, Franco Nero, mais aussi notre bon Michel Constantin national. S'il n'a pas l'ambition de ses plus grandes œuvres, il s'agit d'un film d'aventure fort divertissant qui prouve entre autre une fois encore les qualités techniques de réalisateurs. Pour l'anecdote, il s'agit du premier film italien à faire usage de la fameuse steadycam, popularisée par Stanley Kubrick dans son Shining. Le film ne remporta pas le succès espéré et Tonino Valerii commencera, ironiquement, sa propre traversée du désert. Il se tournera désormais vers la production télévisée, sans grand éclat. A noter que le film bénéficie d'une très belle VF, avec notamment Dominique Paturel pour doubler Franco Nero, et que celle-ci est disponible sur le DVD allemand. L'image n'est pas extra (c'est limite une VHS), mais le son est parfait.

Les Requins du désert (bande-annonce française)

En 1986, soit près de 10 ans après son précédent long-métrage, il revient enfin au cinéma et s'essaye de nouveau à l'érotisme avec l'inédit en France, Senza scrupoli avec Sandra Wei (Histoire d'O - Retour à Roissy). On se demande bien ce qui a pu motiver Valerii à revenir au cinéma avec un film pareil, le résultat s'avérant plutôt médiocre. Étonnamment, le film remporte un grand succès en Italie (plus d'un milliard de lires de recette !) et devint même culte, au point d'entrainer une suite ignoble que Valerii refusa de réaliser. Ce sera donc Carlo Aussina, réalisateur de séries Z, qui commettra l'acte en 1991, avec au casting la star du porno Virna Aloisio Bonino, alias Barbarella ! Comme pour Une fille nommée Julien, le film n'est diffusé à l'a télévision italienne qu'en version censurée. Pour les plus courageux, il faudra donc se tourner vers la rarissime VHS italienne pour pouvoir le visionner en  version intégrale.
Curieusement revigoré par ce succès surprise, il enchaine, dès l'année suivante avec deux films d'action, malheureusement en mode mineur, puisque ni le policier Sicilian Connection, coproduit avec le Japon et avec le grand Toshiro Mifune, ni le film de guerre La sporca insegna del coraggio, ne resteront dans les mémoires. Le cinéma de genre italien est désormais tombé dans une crise profonde, crise dont il n'est jamais d'ailleurs vraiment sorti, et le résultat a l'écran a bien du mal à faire illusion face aux grosses productions américaines de l'époque. A oublier.
Valerii repart donc à la télévision pour une dizaine d'année. Et c'est en 1997 qu'il va tourner ses deux derniers films de manière assez confidentielle. Tout d'abord, Una Vacanza all'inferno avec Giancarlo Giannini et l'américain F.Murray Abraham. Inspiré d'une histoire vraie, le film rappelle énormément Midnight Express d'Alan Parker, puisqu'il narre l'histoire d'un reporter italien arrêté à l'aéroport de Bangkok pour possession d'héroïne, et qui sera condamné à 16 ans de réclusion dans les prisons Thaïlandaises. Les critiques ne furent pas tendres.
Enfin, le film dramatique Un Bel di vedremo, se déroule dans l'univers de l'Opéra et s'avère être une belle réflexion sur la vieillesse, la maladie et l'amour. Produit par le Japon, Valerii y retrouve Giuliano Gemma, 28 ans après Texas. Ce film assez insolite, sera même tourné en haute définition, mais malgré de bonnes critiques, ne fera pas d'étincelles. Cela permettra tout de même à Tonino Valerii de finir sur une bonne note.

Mais ce n'est pas tout : Valerii fera une ultime apparition au cinéma, en 2007, cette fois en tant qu'acteur, dans le thriller All'amore assente.
Quelques années avant, en 2003, il avait déclaré préparer un ouvrage sur Sergio Leone. Malheureusement, rien ne sortit jamais. Nul doute que l'homme aurait eut beaucoup de choses à nous révéler sur son vieux compère. Adieu, maestro !


9 commentaires:

  1. Bel hommage à ce grand monsieur du western italien ! Ils sont plutôt rares sur le Net.
    Au passage, j'en profite pour encore te remercier de nous avoir fait (re)découvrir certains de ces films.
    D'ailleurs, si tu me le permet,j'aimerais faire l'appel suivant:
    Si quelqu'un possède "Lanky, l'homme à la carabine", je le remercie par avance de songer aux personnes qui ne le connaissent pas. : )
    Grazie mille !

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    1. Tu veux dire la VF ? J'allais faire le même appel. Autant on trouve des DVD avec la VO italienne, autant la VF, on n'a même pas eu de VHS à se mettre sous la dent.

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    2. Effectivement Indi, je parle de la version française ou de la VO st FR.
      Pour qui veut se lancer dans l'aventure, il circule des versions aux images impeccables. Mais sans s-t fr.
      Comme ici:
      http://rarelust.com/taste-for-killing-1966/
      Ou là:
      https://www.ulozto.net/!QY2Uw2tpE/per-il-gusto-di-uccidere-1966-mkv
      Voici même un s-t fr dont il faut tout revoir:
      https://dailysubs.net/imdb/61458/6251181
      (Bon courage : )

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  2. Encore un lambeau de l'age d'or qui s'en va ! Et une carrière assez mésestimée, à cause de l'ombre cannibale de Leone, mais le talent de notre réalisateur s'est vérifiée sur trois gros morceaux : Les derniers jours de la colère, Vai Gorilla et Une raison pour vivre...

    Le reste, je le maitrise mal.

    Sinon, il y avait également sa fameuse biographie où il avait réglé ses comptes avec Sergio Leone, à juste titre, semble-il...

    Merci pour la triste news !

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    1. Tu n'as pas vu Texas ? Je l'adore celui-là ! Bon, pas en VF, mais ça, tout le monde l'avait compris !

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  3. Le texte sur Leone écrit par Valerii "Il Vero e Il Falso" a été publié dans le livre publié par Nocturno, sur Tonino Valerii, début des années 2000, au terme d'une longue interview (italien).

    Le livre de Curti, 2007, est épuisé (Italie), mais une version différente et plus longue vient de sortir aux USA et en Angleterre "Tonino Valerii The Films." -Pas encore reçu-.

    Reste l'exceptionnel document qu'est le travail de Gans pour l'édition DVD de "Mon Nom est Personne", StudioCanal, 2005, réédité et reprise de la majorité des Bonus sur le Blu Ray. (Je n'ai pas l'impression que le commentaire de "Mon Nom est Personne" fait par Valerii lui-même soit très connu hors de France...)

    Court entretien sur le BR anglais de "Day of Anger".

    Pas mal sur Youtube et sur les Bonus italiens de "Pour une poignée de Dollars", différentes éditions RHV, mais hélas, Valerii se venge de Leone en racontant, à son tour, n'importe quoi sur lui... (voir rushes du film qui le démentent...) On le voit aussi dans les récents documentaires sur Alfonso Sansone -producteur de Marco Ferreri et de westerns italiens dont "Le dernier jour de la colère", "Une raison pour vivre...." et Luciano Vincenzoni, sortis en DVD, Italie.

    Lanky, à ma connaissance, n'a jamais été édité en VHS en France, reste que RTL TV a beaucoup diffusé de westerns italiens dès le début des années 70, quand le magnétoscope domestique -et le cable- a fait son apparition. (Par contre, si les enregistrements professionnels restent visibles après plus de 30 ans, je ne sais pas pour les enregistrements des particuliers faits à la fin des années 70..., les enregistrements sonores sur bande résistent assez bien, l'image je ne sais pas.
    Le livre de Gian Lhassa "Seul au monde dans l'univers du western italien" (1983-1987) donne une liste des westerns en Super 8 et en 16, liste aussi des Vidéos des années 70, je regarderai.

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  4. Merci Indiana pour ce très bon topo sur la carrière de Valerii. Instructif et touchant à la fois.
    Pour les réussites du réalisateur, je ne connais pas Vai Gorilla, dont on a toujours dit beaucoup de bien. J'espère combler cette lacune éventuellement.
    Phil

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  5. Encore un grand qui nous quitte, repose en paix l'ami.

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  6. "Tonino Valerii The Films" est disponible en France sur amazon.fr (avec un certain délai). Je reprends mon avis sur la partie sur les westerns, que j'ai écrite sur western movies fr:

    Par rapport à l'édition italienne (2008):

    -il a une belle photo du tournage de "Mon Nom est Personne" inédite, avec Terence Hill à Acoma.

    -le rôle du vieillard dans "Lanky l'homme à la carabine" est enfin correctement attribuée à Eugenio Galadini.

    -l'article de Ginafranco Albano sur le tournage de "Une raison pour vivre une raison pour mourir" est cité. (reproduit sur mon blog, avec sa version courte espagnole.)

    Je n'ai pas regardé pour les autres films.
    Sur "Mon Nom est Personne", cela reste décevant, puisque même le commentaire de Gans sur le DVD StudioCanal n'est ni cité, ni utilisé, ni d'autres documentations ou même le scénario original de Ernesto Gastaldi, qui a fait pourtant un texte pour ce livre...

    Tant mieux, on pourra beaucoup mieux faire sur ce film ;) Si vous avez l'édition italienne du livre, je ne pense pas cette version anglaise d'un grand intérêt, à moins d' apprécier des photos mieux imprimées ou nouvelles (hors western italien aussi ce sont d'autres photos , mais de très nombreuses photos de la version italienne ont aussi disparu.)

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