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Les repacks proposés ici sont des versions inédites, non éditées chez nous, qui ont été réalisées par mes soins ou par celui de mes collaborateurs. Le blog n'a aucun but commercial, et ne génère aucun bénéfice, ces repacks ne sont là que pour empêcher ces films, ces VF, ces montages de disparaitre à jamais. Il s'agit d'un partage "raisonné", les films étant retirés du blog lorsqu'ils sont édités en bonne et due forme, avec entre autre notamment leur VF d'origine complète, ou sur simple demande de l'ayant droits. Si la présence de certains repacks posent problème, n'hésitez pas à m'envoyer un message privé. Si un repack est retiré, c'est pour de bonnes raisons, inutile de me demander de le remettre.

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dimanche 8 juillet 2018

[Repack] : Sabata / Le Retour de Sabata (HD, VF et VO)


Réalisation : Gianfranco Parolini (pseudonyme : Frank Kramer)
Avec : Lee Van Cleef, William Berger, Pedro Sanchez, Franco Ressel, Aldo Canti, Robert Undar

Nationalité : Italie
Genre : Western
Durée : 106'
Année de production : 1970

Titre original : Ehi, amico... c'è Sabata. Hai chiuso !

Dans la petite ville de Daugherty, un hold-up est perpétré contre la banque. L'opération a rapporté 100 000 dollars aux bandits. Mais un joueur professionnel, Sabata, retrouve les auteurs et les élimine. Il rapporte ensuite l'argent, empochant alors une copieuse récompense. Peu après, il découvre qui sont les véritables commanditaires du hold-up.

Bande annonce en anglais

Réalisation : Gianfranco Parolini (pseudonyme : Frank Kramer) 
Avec : Lee Van Cleef, Reiner Shone, Giampiero Albertini, Pedro Sanchez, Aldo Canti
Nationalité : Italie/France/Allemagne
Genre : Western
Durée : 106'
Année de production : 1971

Titre original :
E tornato Sabata... Hai chiuso un'altra volta !

Ancien major de l'armée confédérée durant la guerre de Sécession, Sabata exerce désormais ses talents de tireur dans un cirque. En fait, il suit à la trace un illusionniste également faux-monnayeur. C'est ainsi qu'il arrive dans une petite ville où s'est installé Clyde, autrefois Lieutenant sudiste sous ses ordres, désormais tenancier d'une maison de jeux. Sabata s'oppose bientôt à une taxe prélevée par McIntock pour chaque achat, prétendument destinée à financer des ouvrages publics.

Bande annonce en anglais

Aujourd'hui, deux repacks pour le prix d'un : Sabata et sa seule et unique vraie suite, Le Retour de Sabata. Et là, j'en vois déjà quelques-uns se lever effrontément au fond de la salle : "Et Adios Sabata, on le met où ?". En voilà d'autres, plus effrontés encore, qui s’apprêtent à donner une réponse un poil vulgaire, alors je les arrête immédiatement et déclare le poing dressé : "Adios Sabata n'est pas un Sabata ! Mais nous en reparlerons plus bas". Non, mais !
Le réalisateur Gianfranco Parollini, de son pseudo Frank Kramer, nous a quitté le 26 avril 2018 à 93 ans. Si on le connait surtout pour ses Sabata, les vrais comme le faux, ce qui lui aura vraiment permis de se retrouver à la tête de westerns aux budgets si luxueux, c'est avant tout le succès surprise d'un petit budget qui fera grand bruit, Sartana (1968), dont le personnage incarné par Gianni Garko pourrait sans mal être un cousin peu éloigné de notre Sabata. Ce succès que personne n'attendait entrainera quatre suites officielles, mais toujours avec Giuliano Carnimeo à la réalisation, et dont une où George Hilton remplacera Gianni Garko dans le rôle principal. Un coffret de cette intégrale est d'ailleurs sortie récemment en Angleterre. Mieux vaut ne pas parler de tous les faux Sartana qui ont pullulé dans tous les coins, également, il en fallait bien pour tenir compagnie aux divers faux Ringo, Django et Tuttiquanti (ce dernier pistolero est moins connu). Le triomphe de Sartana aura propulsé Parolini sur les devants de la scène, en faisant de lui, du jour au lendemain, l'un des réalisateurs comptant le plus dans le genre. Dire que Sartana aurait dû être réalisé par Guido Zurli, mais il fut remplacé par Parolini un mois avant le début du tournage pour causes de désaccord avec la production. C'était d'ailleurs Zurli qui avait imposé Gianni Garko à sa production. On appelle ça un double destin.

Le premier d'une longue série. La VF est introuvable depuis des années.
Avant ça, Parolini s'était illustré dans la réalisation de quelques péplums un peu noyés dans la masse, mais dont deux d'entre eux, Hercule se déchaîne (1962) et Samson contre Hercule (1963) avaient la particularité de voir un certain Serge Gainsbourg dans leur casting. Le péplum déclinant, le réalisateur œuvrera surtout dans la sympathique série de films Eurospy des "Commissaire X", en réalisant 3 des 7 épisodes, réalisés entre 1966 et 1972 avec Tony Kendall dans le rôle principal. En 1967, il s'était même essayé au film de super-héros avec le cultissime à sa façon (pour certains que je ne nommerai pas par pudeur) Les 3 Fantastiques Supermen, toujours avec Tony Kendall, et dont je vous laisse admirer la bande-annonce française reconstituée par l'excellent Otto River.
Mais si Sartana fut le premier western à succès de Parolini, il n'avait pas attendu 1968 pour s'essayer au genre. Avant cela, il en avait réalisé deux autres qui ne connurent pas vraiment le succès. Dès 1965, il avait plongé dans ce filon juteux, mais rapidement saturé, avec le méconnu Johnny West, le gaucher (également connu en français sous le nom Les frères Dynamite) où le réalisateur montrait déjà son amour pour les histoires disons... "expérimentales". Car, et je ne suis pas le seul à le penser, si les westerns de Gianfranco Parolini ont un point commun difficilement discutable, c'est bien celui d'être tous franchement hyper confus et bordéliques. Tout aussi méconnu, sa co-réalisation en 1967 avec Rudolf Zehetgruber et Sidney W. Pink, pour un western dont la particularité était de n'avoir que des femmes comme personnages principaux : Le Triomphe des sept desperadas. Mais il semblerait que Kramer n'ait pas du tout participer à ce second western et que son pseudonyme ait juste été utilisé pour l'exploitation italienne du film, afin d'attirer plus facilement les foules... qui ne se déplacèrent pas pour autant.
Le miracle Sartana permit donc à ce réalisateur de vraiment sortir de l'ombre et de se faire remarquer par le grand producteur Alberto Grimaldi. Parolini étant un réalisateur misant avant tout sur les effets spectaculaires, Alberto Grimaldi lui permettra de lui donner les moyens de ses ambitions. Avec un chéquier presque illimité, le réalisateur commença par choisir la star de son nouveau film : Lee Van Cleef. Mais ce dernier, peu convaincu par les qualités du réalisateur, déclina tout d'abord cette offre. Parolini le fit changer d'avis en l'emmenant voir son film de guerre Cinq pour l'enfer (1969) avec Klaus Kinski et Gianni Garko.
Parolini, visiblement satisfait par le scénario what the fuck de Sartana, repris Renato Izzo pour signer celui de Sabata. Si la trame sera finalement plus simple, la base servira même de modèle à celle de Attention on va se fâcher (1974) avec Bud Spencer et Terence Hill et de pas mal d'autres films aussi, elle ne sera pas avare en coups de théâtre plus ou moins compréhensibles. En fait, le premier Sabata est un film assez étrange - avec notamment une musique sympa, mais tellement répétitive qu'elle en devient quand même vite insupportable - dont l'histoire est si mal fichue qu'elle aurait pu condamner le film à l'oubli. Pourtant, grâce à la folie de ses personnages, à ses dialogues truculents, mais aussi grâce à un Parolini totalement déchaîné derrière sa caméra, le film s'avère plus que jouissif. En fait, Sabata n'est ni plus ni moins que Sartana avec beaucoup plus de moyens, les deux personnages peuvent d'ailleurs être considérés un peu comme des James Bond de l'Ouest, leur arsenal n'étant pas avare en gadgets plus ou moins farfelus.
Lee Van Cleef, démontrant au passage qu'il pouvaitt aussi jouer des personnages taquins et drôles, rendit son Sabata assez inoubliable et le fit immédiatement entrer dans le panthéon des personnages les plus appréciés du genre. Pourtant, il était à deux doigts de se faire voler la vedette par le personnage de Banjo, joué par le toujours impéccable William Berger. Ce personnage servira de grande source d'inspiration pour Roberto Rodriguez et son héros guitariste dans El Mariachi (1992) et ses deux suites Desperado (1995) et Il était une fois au Mexique (2003).
Sans doute moins marquant, Pedro Sanchez, dans le rôle du Mexicain rondouillard et fort en gueule que n'aurait pas renié Fernando Sancho. S'il est plus que crédible dans le rôle, l'acteur n'était pourtant pas hispanique, mais bel et bien italien. Il s'agissait en effet d'un acteur Romain dont le vrai nom était Ignazzio Spalla et qui trouva avec les films de Parolini, ses rôles les plus importants.
Sans doute plus intéressant, le rôle du napolitain Franco Ressel (de son vrai nom Domenico Orobona) qui, avec ses traits particuliers, incarne un méchant dandy très ambigu et plutôt inhabituel dans l'univers du western. Si Ressel était plutôt habitué aux petits rôles, son visage faisait qu'il ne passait jamais inaperçu. Ce premier Sabata lui aura donc donné enfin l'occasion de briller plus longtemps, mais curieusement, cela ne lui permettra d'obtenir vraiment de plus gros rôles par la suite.
J'aimerais aussi vous parler brièvement de l'acteur et cascadeur Aldo Canti qui interprète l'indien muet et acrobate dans ce premier film. Fils d'une force de la nature, il héritera, comme ses nombreux frères et sœurs, des exceptionnelles qualités physiques de son paternel. Dès ses 20 ans, sa musculature sèche lui permettra de commencer une belle petite carrière dans le péplum avec Les dix gladiateurs (1963), déjà réalisé par Gianfranco Parolini. Son physique et ses impressionnantes capacités d'acrobates permettrons à Aldo Canti de devenir l'une des doublures les plus en vogue du cinéma italien, jusqu'à ce que Parolini ne lui offre l'un des premiers rôles du fameux Les 3 Fantastiques Supermen. Mais Canti ne mettait pas uniquement son physique à disposition du cinéma, puisqu'il était également le videur des boites de nuit les plus chaudes du quartier Trastevere de Rome. Et surtout, Aldo Canti s'était acoquiné à la pègre mafieuse, et notamment à la bande de la Magliana, dont il était l'un des chefs ! Ainsi, on finira par parler plus de lui pour ses nombreuses condamnations pour arnaque, hold-up et tentatives de meurtre que pour sa carrière au cinéma, pourtant plus qu'honorable. Abandonnant de ce fait le milieu du cinéma au début des années 80, celui que le milieu de la pègre connaissait avec le surnom "Robustino" (petit robuste), finira tragiquement assassiné en 1990 d'une balle dans la nuque. Après enquête, il s'avéra que Canti aurait été assassiné par deux personnes avec qui ils auraient eu des dettes de jeux, suite aux paris clandestins qu'il organisait. Dommage que "Robustino" n'ait pas préféré abandonner sa carrière de gangsters, plutôt que celle dans la cinéma. Ironiquement, un de ses derniers films fut son rôle dans Les Trois Supermen contre le Parrain en 1979, suite coproduite avec la Turquie...
 
Aldo Canti alias Nick "la police" Jordan
Par pur miracle, la version française du film est complète. Elle bénéficie de plus d'un doublage français de très bonne qualité. George Atlas double Lee Van Cleef comme dans Et pour quelques dollars de plus (1965) Le Bon, la Brute, le Truand (1966) et La Mort était au rendez-vous (1967). Autant vous dire qu'il est parfait, ce fut la meilleure voix française de l'acteur, même si j'ai aussi une tendresse pour Edmond Bernard. Pour William Berger, on ne pouvait faire meilleur choix que René Arrieux, et son timbre ultra mega classe, afin le rendre encore plus flamboyant. C'est l'association parfaite et c'est malheureux qu'elle n'ait plus jamais été réitéré à ma connaissance, Berger n'étant probablement pas assez populaire chez nous pour bénéficier d'une voix française attitrée. Citons aussi Henri Djanik sur Pedro Sanchez et Raymond Loyer sur Claudio Undari. Franco Ressel est doublé par une voix plutôt connue dans le genre, il doublait par exemple Angel Del Pozo dans Trois cavaliers pour Fort Yuma, mais je ne connais pas son nom. Fonzie... je compte sur toi ! Il me semble que tu me l'avais déjà trouvé en plus.

Le succès de ce premier Sabata fut aussi fracassant en Italie, qu'à l’internationale. Pour son producteur Alberto Grimaldi, ce fut un véritable Jackpot et il fut rapidement décidé de confier à Parolini une suite à ce nouveau personnage populaire. Mais Lee Van Cleef refusa de rempiler, sous prétexte qu'il n'aimait pas le script. En réalité, Lee Van Cleef était surtout persuadé qu'après pas mal de succès en Europe, il était prêt pour faire son glorieux come-back chez lui, aux États-Unis. Mais comme le dit le dicton, nul n'est prophète en son pays, et ni El Condor (1970), ni Baquero (1970) ne lui permettront de briller. Aussi Lee Van Cleef reviendra très rapidement en Europe, en tournant justement la vraie suite de Sabata en 1971.
Devant le refus catégorique de leur acteur principal, Grimaldi et Parolini firent modifier le script initial afin de créer un nouveau personnage nommé Indio Black. Le grand porte-monnaie de Grimaldi permit même à Parolini de lui payer une star encore plus grande que Lee Van Cleef : l'Américain d'origine Russe Yul Brynner, pour son seul et unique western italien. Mais pour tout de même profiter de l'effet Sabata, et étant donné que le personnage d'Indio Black avaient pas mal de similarités avec le précédent, il fut décidé sans aucun scrupule de changer le nom du personnage principal et d'exploiter le film sous le nom d'Adios Sabata (1970). Et c'est ainsi qu'Indio Black est devenu une suite... non officiellement officielle. Mais nous reviendrons plus en détail sur ce film là une autre fois, dans une fiche qui lui sera entièrement consacrée.

Grâce à la présence de Yul Brynner, Adios Sabata avait encore mieux marché à l'étranger qu'en Italie. Mais la star américaine avait posé tellement de soucis durant le tournage que donner suite aux aventures d'Indio Black n'était franchement pas envisageable. Lee Van Cleef étant revenu la queue entre les jambes, Grimaldi et Parolini pouvait par contre réaliser enfin la vraie suite tant attendue du personnage de Sabata. On reprit donc pratiquement la totalité su staff technique et artistique du premier, qui était d'ailleurs également présent pour Adios Sabata.
Malheureusement, William Berger ne sera pas présent à cause de ses récentes mésaventures avec les autorités italiennes. Si vous ne connaissais pas l'histoire, je vous préviens, c'est assez atroce. Été 70, l'acteur Autrichien habite avec Carolyn Lobravico, qu'il a épousé depuis un an, dans une villa nommée "La Maison des Anges". Adoptant un style de vie libre, ils invitent souvent des amis chez eux pour faire la fête "à la hippy". La nuit du 5 au 6 juillet, leurs invités et le couple Berger sont soudainement réveillés par les carabiniers qui font irruption dans la villa. Après perquisition, les autorités découvrent un "incroyable" butin à faire frémir la Colombie entière : 0,9 grammes de cannabis, appartenant à la seule invitée qui ne sera pas arrêtée ce soir là, ainsi que 37 seringues de plastiques appartenant à Carolyn Lobravico, destinées à la guérir de l'hépatite virale qui s'est déclenchée après une délicate opération chirurgicale. Les carabiniers, ne voulant pas perdre la face, arrêtèrent néanmoins le couple et 12 de leurs amis "chevelus", avec comme motif la détention illégale de stupéfiants. Le pire était à venir, puisqu'ils ne seront pas jeté en prison... mais dans un asile de fous ! Carolyn Lobravico n'étant pas autorisée à s'administrer ses injections destinées à sa guérison, elle contractera même, après quelques semaines, le typhus. Le 2 octobre, après des mois de souffrance et de maltraitance, les médecins se décidèrent enfin de l'opérer. A peine lui avaient-ils ouvert le ventre qu'ils le refermèrent : le typhus était arrivé à un stade trop avancé. Carolyn fut alors abandonnée chez les incurables pour les quelques jours qui lui restaient à vivre. William Berger fut autorisé à lui rendre visite le 9 octobre... entouré de policiers, menotté et pas plus de 5 minutes. Mais pas question de la prendre dans ses bras pour lui dire adieu. Sa femme était déjà dans le comas et ne pesait plus que 40 kilos. Elle mourra peu après et sera rapidement enterrée, sans que la moindre autopsie ne soit autorisée, ceci afin de cacher l'horrible vérité. Mais l'affaire faisait grand bruit, et cette même année de 1970, le réalisateur engagé Damiano Damiani fera directement référence aux malheurs de William Berger et de sa femme dans son film Nous sommes tous en liberté provisoire.
La folie ne s'arrêta pas là. Transféré à la prison de Salernes, on demanda à William Berger de mettre toutes les accusations sur le dos de sa défunte femme, ceci lui aurait permis de se sortir enfin d'affaire, mais il refusa cet ignoble chantage, évidemment. Il sera finalement relâché avec ses amis en mars 1971 pour insuffisance de preuve. Le talentueux acteur Autrichien ne se remettra jamais de cette abominable histoire. L'affaire ayant été des plus médiatisées en Italie, des producteurs sans honte, ni vergogne, en profitèrent pour se faire un peu de publicité gratuite et malsaine. Ainsi, Les Nuits de l'épouvante (La Lama nel corpo), un film de 1966 où William Berger interprétait un docteur suspecté de meurtre, ressortira avec un slogan publicitaire des plus douteux : "Berger... Coupable ou innocent ?".

"Ils ont tué Carol Berger"

Après la mort de son aimée Carolyn, William Berger ne se liera jamais plus sentimentalement avec aucune autre femme. En 1973, il sortit un livre coécrit avec Timothy Wilson relatant toute cette histoire nommé "House of Angels : Loves notes from the asylum". Curieusement, le livre ne fut jamais traduit et édité en Italie...
Bien que cette histoire lui ait donné une notoriété mondiale, et malgré tous les torts qui lui avait été faits, ce grand homme ne cessera jamais d'aimer l'Italie et son cinéma. Il continuera de principalement tourner dans ce pays, et ceci malgré le fait que le gouvernement italien, ne voulant pas se désavouer, faut pas déconner, continuera de lui pourrir la vie en envoyant régulièrement les forces de l'ordre sur les plateaux de tournage, afin de procéder à de nouveaux contrôles. Décédé le 2 octobre 1993 d'un cancer de la prostate à seulement 65 ans, William Berger n'aura cessé de tourner après la sordide affaire de la "Maison des Anges". Métamorphosé physiquement, il semblait avoir pris 20 ans d'un coup, et n'aura malheureusement que trop rarement retrouvé son éclat d'antan. L'homme est vraiment une belle salope, si vous me permettez l'expression.

Si une grosse partie du casting du précédent opus fit donc son come back dans Le Retour de Sabata, mis à part Lee Van Cleef, ils jouèrent tous un rôle différent. William Berger est donc remplacé par l'acteur allemand Reiner Schöne, qui s'en sort honorablement, mais on ne fait pas oublier l'acteur Autrichien comme ça et il n'entre clairement pas dans la même catégorie. Pour ce qui est du grand méchant, Giampiero Albertini prend la place de Franco Ressel. Très bon acteur, qui sera très connu en Italie en tant que voix italienne de Peter Falk dans la série Columbo, il pâtira sans doute trop des carences du scénario pour parvenir à faire oublier son prédécesseur aussi. Et puisqu'on parle du scénario, en ce qui me concerne, je l'ai trouvé encore plus incompréhensible que sur les autres westerns de Parolini.  L'intro du film est juste magnifique, avec notamment un jeu de couleurs psychédélique des plus réussis, on tient peut-être même l'une des meilleures intro du western italien. Mais les choses se gâtent par la suite. Comme d'habitude, ça tire dans tous les coins, c'est super bien filmé, il y a des effets en veux-tu en voilà, des dialogues plutôt délirants... mais j'ai quand même eu l'impression que la machine tournait plutôt à vide, cette fois. Le film reste agréable à voir, mais quelque chose ne fonctionne clairement pas. Il n'est en tout cas clairement pas interdit d'y prendre un certain plaisir coupable. Il faut dire aussi que Lee Van Cleef, bien que toujours au top malgré un age de plus en plus difficile à cacher, a joué les divas sur le plateaux, rentrant en conflit avec la production qui ne voulait pas céder à tout ses caprices, et commençant de ce fait à vouloir en faire le moins possible et réclamer une doublure à la moindre occasion. Ça n'a évidemment pas arrangé les choses et le film a beaucoup moins marché que le précédent. Et comme le genre touchait à sa fin, cela a probablement été fatal au personnage.
Comme le précédent film, la VF est complète et excellente. Lee Van Cleef et Pedro Sanchez sont d'ailleurs toujours doublé par Georges Atlas et Henri Djanik.


Cette double présentation à la longueur abusive arrive bientôt à sa fin. Il faut dire que, d'une certaine manière, cela permet de rendre hommage involontaires aux westerns de Parolini. Car quoi de mieux qu'une présentation à rallonge quand on parle de films qui portent des titres à rallonge ? Si les titres français ne pourraient être plus courts, les originaux en italien semblaient vouloir battre un record de lettres sur les affiches. A croire que Parolini était un grand admirateur du jeu "Les Chiffres et les Lettres". Le titre original du premier Sabata est en effet : Ehi, amico... c'è Sabata. Hai chiuso !, que l'on pourrait traduire en français par "Hé, l'ami... Sabata est là. S'en est fini de toi !". C'était pas  mal, mais on pouvait mieux faire. Aussi, pour Adios Sabata, le titre Italien fait un petit effort de plus : Indio Black, sai che ti dico : sei un gran figlio di... que l'on traduira cette fois par "Indio Black, tu sais ce que j'ai à te dire : t'es un grand fils de...". De la grande poésie. Pour Le Retour de Sabata, on a droit à un sympathique E tornato Sabata... Hai chiuso un'altra volta ! soit "Sabata est revenu... s'en est encore une fois fini de toi !". Et comme je ne vais quand même pas vous laisser aussi vite, on va se quitter avec le titre italien de Sartana, qui se défendait déjà pas mal non plus : Se incontri Sartana, prega per la tua morte, soit "Si tu rencontre Sartana, prie pour ta mort". C'est ce qu'on appelle annoncer la couleur.


 SABATA :



mot de passe : indianagilles


 LE RETOUR DE SABATA :



mot de passe : indianagilles

39 commentaires:

  1. J'ai toujours eut beaucoup de mal avec ces 2 films, et surtout avec le jeu de Van Cleef, mais bon, ces nouvelles copies seront peut-être l'occasion de réviser mon jugement.
    Merci pour ces devoirs de vacances.

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  2. Bon je ne les prendrai pas par ce que je les ai déjà mais merci de ton travail et ton partage :) J'aime bien cette trilogie.... j'avoue que Adios Sabata je l'ai trouvé quand même ennuyeux..... peut-être qu'avec Lee Van Cleef ça aurait été plus divertissant :)

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  3. Salut Indi, merci pour cette magnifique présentation comme d'habitude. J'ignorais tout de cette histoire atroce de la femme de William Berger, la dolce vita en prend un vilain coup.
    j'ai lu le post précédent annonçant ton retrait progressif des affaires. Comme tous les fidèles du blog, je le regrette déjà, mais tu as raison, il n'y a pas de meilleur cause qui soit. Le temps passe vite, je crois que j'ai découvert ton blog, il y a 6 / 7 ans, peut être +. Il me semble que tu as réussi un truc assez miraculeux avec les films que tu nous as permis de découvrir et redécouvrir dans des conditions optimales. Tu as su recréer un lien direct et authentique avec ce cinéma, malgré l'éloignement de l'époque et aussi paradoxalement malgré la nouvelle proximité offerte grâce à aux nombreuses ressorties DVD, BR, festivals, etc... On n'en a jamais autant parlé, mais je ne m'y retrouvais pas... sauf sur ton blog. Chapeau bas vraiment pour ce super boulot.

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  4. Alala, tu nous gâtes encore avec les 2 Sabata incarné par Lee Van Cleef, je vais pouvoir ranger tes repacks dans mes dvd zone 1

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  5. WAHOU!!!!
    grandiose!!
    de quoi agrandir ma collec de spaghetti HD!!!
    merci encore!

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  6. Merci l'ami Indi pour ces 2 films de la serie des "Sabata"

    Merci de nous les proposer !

    Sympa aussi tes infos au sujet de la femme de William Berger et de sa mort atroce.

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  7. merci, indianagilles, j'adore les sabata et les disques français et américains avait un problème de synchronisation, ce qui n'arrive jamais chez toi et en plus ils sont en hd, que demande le peuple!!! que tu continu mais je suis égoiste. merci pour tout et à bientôt pour ciel de plomb !!!!!!!!!!!!!!

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    1. Je ne me souviens pas de desynchro sur les DVD. Mais J'ai vérifié les repacks et normalement c'est bon.

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  8. Salut Gilles, est-ce bien raisonnable de nous gâter de deux nouveaux titres en HD, deux jours seulement après l'annonce d'un ralentissement...tu nous nargues ou alors c'est une sorte de jubilé...
    On s'habitue vite d'être alimenté, souvent une fois par semaine, depuis si longtemps mais j'avoue que depuis ton info il y a environs 9 mois, je m'en doutais un peu et c'est bien normal...
    Alors encore merci et on attendra juste plus longtemps pour des nouveautés postées avec parcimonie...
    Merci pour ceux-ci et pour tous les autres!

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    1. La liste à venir est si longue qu'il va me falloir mettre un grand coup pour caser tout ça !

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    2. ...courage Gilles, c'est ton jubilé...rien n'empêche les retours. Outre les repacks, ce sont aussi toutes les infos qui sont préalablement publiées qui doivent prendre du temps aussi, en plus de toute la documentation. Génial!

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    3. Oui. Sauf cas extrême, C'est ce qui me prends largement le plus de temps.

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  9. Merci pour ces 2 films et encore merci pour le boulot de dingue accompli toutes ces années.

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  10. Un grand merci Indi, deux super films pour ma part où l'on retrouve le style de Sergio Leone.
    Dans les bonus dvd de chaque films, on trouve une interview de Jean François Giré qui d'ailleurs va bientôt sortir un documentaire sur Sergio Leone qui s'intitule l'Empreinte d'un lion.

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    1. Bon à savoir Major ! Merci pour l'info. Si tu veux nous tenir au courant de sa sortie et où, cela serait sympa.
      ( ) Espérons y trouver de l'inédit. Car dans son documentaire sur le western italien, il n'y avait rien de bien nouveau.

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  11. Indi,
    Merci d'avoir pris le temps d'illustrer les Sabata d'un texte.
    Sale histoire en effet qui est celle arrivée au couple Berger !
    Concernant Indio Black, il est interpellant de voir Lee Van Cleef aller reprendre le rôle de Yul Brynner dans une séquelle des 7 Mercenaires. Pendant que ce dernier tient la vedette dans la fausse suite de Sabata !

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  12. Merci ça va remplacer ma version DVD original ou il y avait des bouts désynchroniser en français !

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  13. Merci pour toutes ces explications ! Lee moi j'adore tu le sais alors merci beaucoup et bel été à toi. Bisous

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  14. Excellent, merci beaucoup, il me manquait le 3e volet! :-)

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    1. Tu pourras reprendre le "2eme", si tu veux avoir une version 100% en français ;)

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  15. Merci Indianagilles pour ces travaux inedits et de grande qualité dont tu nous abreuves depuis toujours me semble t-il même si je suis assez récent sur ton blog. Les textes sont également fort riches et interessants. Je comprends tout a fait que tu ralentisses cette passion pour mieux profiter de ta vie personnelle, c'est normal mais je sais que tu resteras un passionné car on ne peut pas faire tout ce que tu as fait, y avoir passé autant de temps, sans que cela laisse des séquelles... Encore merci d'avoir partagé cette passion avec nous.

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    1. Bon sang ! Si je savais que j'allais avoir tous ces beaux messages, j'aurais annoncé mon retrait bien avant ^^
      Merci encore à vous. Ne vous inquiétez pas, rien n'est fini. Les repackeurs reviennent toujours.

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  16. Merci beaucoup, Gilles, pour tes deux repacks de Sabata, ainsi que pour tes présentations, toujours aussi instructives et savoureuses. Et bravo pour l'heureux événement imminent.

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  17. Merci Indiana G pour ces 2 Sabata !
    Comme toujours ta présentation est passionnante (je ne connaissais pas l'horrible histoire du couple Berger injustement persécuté par les carabiniers).

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  18. Merci ! tu nous gâtes encore une fois, avec ces deux versions HD en vf et vo, en plus ! comme d'hab en fait.... la bise

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  19. Merci pour pour ces deux Sabata que j’affectionne particulièrement .
    Comme "Bronson" ou "Brynner" Lee Van Cleef n'a pas presque pas besoin de jouer , sa présence suffit.

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  20. Merci pour ces repacks et pour la passionnante présentation.
    Toujours un sacré blog !

    l'inconnu de nulle part

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  21. Merci pour ce superbe double programme

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  22. merci
    superbe ,les 2 et seuls vrai sabata ,lee van cleef ,absolument génial

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  23. merci pour le taf effectué et l' histoire de cette trilogie!

    excellent comme d ' hab!

    Le Gang Des Cochons De L'Espace

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  24. merci pour la présentation de ces films, c'est toujours intéressant et enrichissant. Je fais partie de ceux qui ont toujours boudé ces Sabata, mais tu m'as donné l'envie de les retenter. Grand Merci !

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  25. Juste pour Lee Van Cleef, un grand merci

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  26. Merci pour ces deux grand moments du Western Spaghetti.

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  27. J'apprécie tout particulièrement ces deux westerns (a l'exact opposé de celui avec Yul Brynner). L'humour omniprésent, parfois à froid, et le petit côté "mystères de l'ouest" font mouche, sans parler des trognes particulièrement réussies des "vilains". La copie de Sabata est superbe. Le Retour... est un peu moins bon, avec quelques désynchros et sautes au début. Dans tous les cas, bien meilleures versions que mes DVD. Un immense merci pour ces deux joyaux.
    45+

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  28. Un grand merci pour ces 2 westerns (pour moi) de légende et un immense bravo pour ce blog et tes mises à disposition ! Fanche17.

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