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vendredi 11 mars 2022

[Repack] : Son nom crie vengeance (HD, VOST)

 

Réalisation : Mario Caiano (pseudonyme : William Hawkins)
Avec :
Anthony Steffen, Wiliam Berger, Robert Undar, Ida Galli, Mario Brega
Nationalité : Italie

Genre : Western
Durée : 95'
Année de production : 1968
Titre original : Il suo nome gridava vendetta

Des Nordistes s'évadent d'un camp de prisonniers. L'un d'eux, Davy Flannagan, figure sur des avis de recherche d'un patelin voisin. Après avoir éliminé un chasseur de prime qui voulait encaisser la prime sur sa tête, Davy part à la recherche de son passé, car c'est le trou noir depuis sa sortie de l'hôpital.

 

Bande-annonce en anglais
 

On peut trouver de nombreux thèmes récurrents dans le western italien. Celui de la vengeance est sans aucun doute celui qui revient le plus souvent, mais il y a parfois des petites variantes, comme celui du pistolero vengeur ET amnésique. D'ailleurs, sur ses trois seuls westerns, Leonard Mann l'a même été à deux reprises : tout d'abord dans le superbe Le Dernier des salauds (1969), puis dans le très bon Ciakmull (1970). Mais avant ça, c'était Anthony Steffen qui avait joué les poissons rouges dans le plutôt réputé, et à juste titre, Son nom crie vengeance.

Mario Caiano et Anthony Steffen, ça a toujours été une affaire qui roule, bien que le réalisateur n'appréciait pas plus que ça l'acteur, un peu trop imbu de sa personne : Un cercueil pour le shérif (1964), La Vengeance de Ringo (1966), et Un Train pour Durango (1968). Son nom crie vengeance vient donc admirablement compléter ce parcours sans faute et permet de passer d'un joli brelan a un imbattable poker d'as.
Pour cet ultime collaboration entre les deux hommes, Mario Caiano bénéficia d'un budget confortable et s'entoura de pratiquement les mêmes personnes du très apprécié Un Train pour Durango, notamment l'excellent Enzo Barboni à la photographie (qui sera peut-être inspiré par ce film avant de réaliser son Ciakmull) et Bianco Manini à la production (dont le nom est celui qui apparaît en plus gros au générique) . Si le premier western produit par Manini fut plutôt un western engagés avec El Chuncho, pour son nouveau western, le producteur préféra, comme avec un Train pour Durango, nous proposer un western plus classique et commercial, ce qui n'a rien d'une insulte. Car l'art c'est bien, mais le cochon...euh, l'argent, c'est bien aussi. D'ailleurs, espérant économiser un peu sur la production, Manini proposa carrément à Mario Cainao de recycler des scènes non ,utilisées pour El Chuncho, mais le réalisateur refusa heureusement. Bianco Manini produira par la suite l'excellent Texas de Tonino Valerii, ainsi que l'inédit en France et bien moins notable Partirano preti, tornarono... curati (1973) (Trad : Ils partirent prêtes, ils revinrent... curés) avec Lionel Stander, qu'on suppose fortement qu'il réalisa lui-même sous le pseudonyme de Newman Rostel, avant de disparaître de la circulation

Son nom crie vengeance prouve qu'il n'y a pas besoin d'être d'une originalité folle pour faire un excellent film. Pas avare en rebondissements, le film est aussi bourré d'action (c'est même un non stop durant les 20 dernières minutes !). Le tout est enrobé par l'une des meilleures partition de Robby Poitevin dans le genre, ce qui ne gâche rien.
Réalisé avec une grande maîtrise et bien aidé aussi par la spendide photo de Barboni, qu'on peut enfin apprécier à sa juste valeur grâce à cette copie fantastique, le film peut aussi s'appuyer sur un cast des plus qualitatifs. En plus du toujours ténébreux et appréciable Anthony Steffen, nous avons droit à un William Berger, toujours aussi ambigu, ainsi que le géant Claudio Undari qui retrouva enfin ici un rôle digne de ce nom. Quant à la reine du western européen, Ida Galli, elle ne se contente pas d'être belle, et joue le rôle d'une femme plus que perturbée. Et il ne faudrait pas oublier non plus les nombreux seconds couteaux de luxe qui font tout le sel de ces belles productions Made in Italy, comme les divers Mario Brega, Raf Baldassare, Alberto Dell'Acqua et notre Jean Louis national dans un rôle comme souvent trop court, mais marquant. Comme vous le savez sans doute désormais si vous avez lu ma longue enquête sur le sujet, Jean Louis a doublé à de nombreuses reprises Anthony Steffen en français et, comme dans le futur Django le bâtard (1969), l'acteur italo-brésilien le remerciera pour cela en l'envoyant six-pieds sous terre après une bien belle bagarre de chiffonniers ! Cela aurait été intéressant d'entendre la VF de ce film pour savoir si Jean Louis doublait Steffen dans ce film là ou pas.

 

- Je la connais cette sale gueule !
- Et moi, cette sale voix !

Malgré ses grandes qualités, le film de Mario Caiano était pourtant difficile à apprécier, surtout pour les spectateurs français, car sa version française s'avère toujours introuvable depuis des années. De plus, jusqu'à ce jour, la plupart des copies de par le monde n'étaient vraiment pas terribles. Et pour couronner le tout, même la piste originale italienne avait été pas mal dégradée, il manquait parfois des passages, des bruitages, des dialogues... Mais à part pour la version française, hélas toujours aussi introuvable, tout le reste est désormais de l'histoire ancienne.
Disponible sur la plateforme Amazon aux USA, la copie HD est splendide. Seul hic, comme trop souvent, seule l'abominable doublage anglais était disponible. Qu'à cela ne tienne, j'ai reconstitué la version originale italienne, d'un tout autre calibre, à partir de plusieurs versions, avant de vous sous-titrer le tout. Certains passages ont été franchement compliqué à resynchroniser, notamment une sacrée bagarre dans la rivière, quelqu'un ayant massacré totalement le mixage italien original, et si je n'ai pas crié vengeance face à une telle ignominie, c'est parce que je suis avant tout un garçon poli. Enfin, tout ça c'est du passé, maintenant.

Bien sûr, j'aurais aimé vous proposer le film en version française, bien que j'ignore quels acteurs ont pu le doubler à l'époque. Étant donnée sa durée, on peut se dire qu'il est fort possible qu'il ait été intégralement doublé en français, même s'il ne faut jurer de rien. Mais la version italienne est, comme très souvent, de qualité et devrait vous permettre de vraiment apprécier le film à sa juste valeur.
C'est l'inévitable Pino Locchi (voix de Terence Hill, Giuliano Gemma et tous les beaux gosses de la planète) qui double Anthony Steffen, comme sur une bonne douzaine de ses films. Pour William Berger, nous avons droit aussi à l'un des plus grands comédiens du doublage italien, Giuseppe Rinaldi, entre autre voix italienne de James Dean, Jack Lemmon, Paul Newman, Rock Hudson, Marlon Brando, Peter Sellers, Franck Sinatra... Sa voxographie est longue comme la liste des westerns italiens, c'est dire ! Claudio Undari est quand à lui doublé par Massimo Foschi, un acteur que vous avez peut-être vu dans Holocaust 2000 (1977) d'Alberto De Martino et qui demeure extrêmement connu en Italie pour être la voix italienne de Dark Vador, y compris dans Rogue One sorti en  2016. Enfin, c'est une autre voix légendaire du doublage italien qui se charge de prêter son bel organe à la non moins belle Ida Galli, Vittoria Febbi, dont un de ses premiers doublages fut celui de Alice dans Alice aux pays des merveilles de Walt Disney (1951). Mais par la suite, elle doublera de très nombreuses actrices dans le cinéma de genre, comme Edwige Fenech, ainsi que bon nombre de ses compatriotes telles Luciana Paluzzi, Laura Antonelli, Lilli Caratti Barbara Magnolfi, Agostina Belli ou encore Ornella Mutti. Bref, si vous regardez des films de genre en version italienne, il est impossible que vous ne soyez jamais tombé sur sa belle voix douce et fragile. Et oui, je sais que c'est toujours un peu curieux de se dire que de nombreux comédiens italiens étaient souvent doublés par d'autres italiens, parfois même les plus connus, mais c'est une particularité du cinéma italien qui fait aussi parti de son charme.

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter... Quoi déjà ? Bon sang, quelle mémoire... Ah oui ! Un bon film et une bonne (re)découverte, évidemment.



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39 commentaires:

  1. Merci bcp pour ce film et tout le travail de sous-titrage.

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  2. Toujours de l'excellence, avec toi, et cela sans jamais baisser !
    Je te félicite !

    En ce qui concerne la relation entre Mario Caiano et Anthony Steffen, ma foi, Caiano ne le portait guère dans son estime. Il estimait qu'il était une sorte de prima donna du western, capable d'exister dans ce registre, limité, et c'était un peu près tout.
    Il semble également que Caiano ait eu une appréciation réservée des qualités de Steffen sur le plan personnel. Bref, clairement pas sa tête d'affiche préférée !

    Ses propos sont tirés du Monster bis spécial Caiano et de l'interview de notre réalisateur qui était, définitivement, à la fois l'un des plus efficace de sa génération et des plus sous-employé.

    C'est donc toujours un vif plaisir que de découvrir un de ses films sachant que, avec L'oeil dans le labyrinthe, Ulysse contre Hercule ou encore Shangaï Joe, on se trouve toujours devant un film solide, voire même un sommet à l'instar du premier film cité.

    Bien à toi, Gilles

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    1. Effectivement, il y a une photographie de Steffen et de Leone, ainsi qu'une rumeur à une collaboration entre les deux hommes.
      Toutefois, les propos que je rapporte sont bel et bien issus d'une interview du Monster bis spécial Mario Caiano.

      Pour moi, elles font foi !

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    2. Mais il a aussi dit l'exact contraire en interview ! Va savoir s'il était mal luné. C'est comme Garko qui dit dans une interview qu'il aurait tué Kinski, puis dans une autre il dit qu'il n'avait pas de problème avec lui et s'entendait bien. Va comprendre.

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    3. Steffen et Leone ont bien eut une approche. Seulement, par 2 fois cela s est terminé par une engueulade. Duel d'ego entre 2 caractères forts.
      Ça c'est dans le Frayling.

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    4. Ouhla. S'il y en a un qu'il ne faut pas écouter, c'est Frayling. Le mec ne savait même pas que Lee Van Cleef avait une phalange de moins et d'extasie en disant que Leone à pensé à mettre une doublure lors à du gros plan à la la fin de LBLBLT. Un exemple parmi tant d'autres. Ceci dit, on sait que Leone pouvait vite monter. Il ne supportait pas Bud Spencer par exemple, qui était comme lui fort en gueule.

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    5. Moi non plus, je n'apprécie guère "Sir" Frayling.
      Cependant, dans le livret de "Viva Django !"aux éditions Artus, le fils de Steffen, Manuel de Teffé confirme ces dires (p.10 et 11 pour qui le possède).

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    6. Je viens de lire une interview de Caiano où il décrit Steffen ainsi :

      "Steffen était un brave garçon, il montait bien à cheval, mais il aimait son reflet dans un miroir avant tout."

      Effectivement, on dirait bien que Steffen avait un bel égo d'après ces dires.

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    7. Du coup, j'ai rajouté un petit truc à ce sujet. ;)

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    8. Voilà ! L'interview que j'avais lu, et que j'ai quelque part sous des kilos et des kils d'archives, est de ce tonneau, sur cette tonalité.

      On peut raisonnablement penser qu'il y avait les interviews positives quand les deux hommes étaient dans le métier et les autres, sans doute plus véridiques, où nombre d'années étaient passées...et la parole libérée !

      Il me semble que Steffen avait justement une faible presse dans le métier quant à son jeu d'acteur... Mais là, je ne veux pas ouvrir un second débat !

      Encore merci pour ce film tout à fait recommandable !!!!

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    9. Si un jour tu peux me scanner ça, je dis pas non ;)

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  3. Waouh, la grande classe, merci infiniment pour le travail fourni et le partage !

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  4. En effet, distribution impressionnante !! Merci pour ce film.

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  5. merci , çela va être une découverte stupéfiante à coup sur, les images et l'histoire font envie, bravo une fois de plus indy !

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  6. Vu ! Western en effet solide, fort bon.
    L'histoire, plus sophistiquée qu'à l'habitude se paye même le luxe de construire trois personnages principaux avec des nuances, des reliefs, ce qui était alors assez rare.
    La réalisation de Caiano est solide, comme à l'habitude, avec même des angles de caméra pour le moins insolites, surtout dans la première partie.

    Mais ce qui a le mieux retenu mon attention demeure les teintes crépusculaires, voire presque hivernales de notre film. Je parie que ce film fut tourné dans la campagne romaine et la photographie est soit nocturne, soit hivernale.
    Seule l'ultime scène, le dénouement, se déroule dans le soleil éclatant.

    La direction artistique de ce film au service de l'état émotionnelle de son personnage principale ? Ma foi, cela permettrait de hisser ce western (qui se déroulerait d'ailleurs plutôt dans le middle est) dans les films à réhabiliter. Et cela, comme toujours, grâce à toi, Gilles.

    Pour le reste, il vérifie l'étrange théorème des westerns qu'un film avec Anthony Steffen demeure toujours parmi les plus solides qui étaient.

    Un grand merci !

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    1. Et merci à toi pour ce retour aussi rapide que développé !

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  7. Un immense merci a toi indiana!!!

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  8. Grandement merci pour ce Steffen ainsi que les commentaires.

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  9. merci pour ce film...

    deçu pour la sortie de Tepepa le 7 juin chez Arthus
    c'est une version de 1h34
    a voir sur amazon avec le titre français

    bonne continuation

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    1. Non non, c'est la version complète. J'ai travaillé dessus ;) Et la VF sera de bien meilleure qualité que ce que j'ai fait ici. J'ai tout refait comme il se doit et mieux encore ;)

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    2. merci de votre reponse

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  10. Mille merci, j'ai hâte de le visionner.

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  11. Merci, ta présentation nous rend impatient de le voir!

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  12. Merci beaucoup pour cette traduction, j'ai hâte de découvrir ce Western !

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  13. Un grand Merci pour ce partage et pour le taf et la présentation impec

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  14. Un grand merci à toi Indiana pour ce travail d'orfèvre, toujours aussi professionnel dans la synchronisation que dans la présentation de la fiche !

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  15. Merci beaucoup Indiana pour cette nouvelle présentation et traduction, d'un Caiano qui plus est !
    Bravo pour tout ce que tu fais.

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  16. Merci beaucoup pour cette excellente version, bon petit western.
    En revanche, personne n’évoque la cascade absolument hallucinante de la dernière scène. Je veux parler de la scène avec le bac à eau en hauteur. Si le cascadeur se rate de 5 cm, il se tue !! Je l’ai visionnée plein de fois et je ne vois pas où il pourrait y avoir un trucage: j’en déduit qu’un cascadeur l’a réellement fait !! Jamais vu un truc pareil !
    Il Ritardario.

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    1. Les italiens n'avaient peur de rien et étaient complètement fous. Quand les américains travaillaient avec eux, ils hallucinaient car les syndicats etc américains sont très stricts et ne permettaient pas le dixième que ce que faisait les italiens. Le rendu à l'écran est spectaculaire, mais avec le recul, ils étaient vraiment inconscients et c'est un miracle s'il n'y a pas eu plus d'accidents.

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  17. Merci Indianagilles pour ce western spaghetti, j'adore .

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  18. Encore merci pour ce western.

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