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vendredi 6 août 2021

[Repack] : Les Colts brillent au soleil (SD avec logo, VF et VO It)

Réalisation : Sergio Merolle
Avec : Andrea Giordana, John Ireland, Bruno Corazzi, Raymond Pellegrin, Betsy Bell
Nationalité : France/Italie
Genre : Western
Durée : 85'
Année de production : 1968

Titre original : Quanto costa morire
Titre français alternatif : Le Prix de la mort

Un hors-la-loi redoutable, Ralph, ayant volé un troupeau de mille têtes, mais surpris par l'hiver et ne pouvant regagner son ranch, arrive près d'un paisible village et demande au shérif du lieu l'hospitalité pour ses hommes et ses bêtes. Avec son complice au passé trouble, un certain Hans, Ralph affronte le shérif, Bill Ransom, et ne tarde pas à dévoiler son intention d'abuser de l'hospitalité offerte, de s'installer complètement dans le village et d'asservir les habitants en les faisant travailler pour son compte.

"Who is a man" chanté par Raoul

  

Merci à Zio Spaghetti pour la VF

Lorsque l'on songe à un western sous la neige, un amateur du genre ne peut que vous citer le superbe et tragique Le Grand Silence de Sergio Corbucci sorti en 1968. Mais saviez-vous que, en cette même année, un autre western spaghetti "neigeux", ça doit être l'abus de parmesan, était également sorti, anticipant même de peu le chef d’œuvre de Corbucci ? Vous l'avez compris, je parle bien entendu de ce beau et rare Les Colts brillent au soleil, unique réalisation du directeur de production Sergio Merolle, à qui l'on doit entre autre La Bataille d'Alger (1966), Queimado (1969) tous deux réalisés par Gillo Pontecorvo, Sandra (1965) de Lucchino Visconti, ou encore La Mort a pondu un œuf (1968) de Giulio Questi.
Si le film s'ouvre sur une musique toute guillerette de Francesco De Masi, ne vous laissez pas berner car c'est pour mieux nous tromper. Comme Le Grand Silence, Les Colt qui brillent au soleil est un film psychologique et résolument tragique. Son titre français, aussi générique qu'idiot, peine à faire comprendre au spectateur où il est vraiment tombé, aussi on lui préfèrera de très très loin son titre original italien, autrement plus inspiré, énigmatique et désespéré, Quanto costa morire que l'on peut aussi bien traduire par "Ce qu'il en coute de mourir" aussi bien que par "Qu'il est dur de mourir". Un autre titre français peu connu circule sur ce film, plus proche de l'italien et bien plus approprié que cette histoires de flingues qui font bronzette : Le Prix de la mort.
Pour en revenir brièvement à la musique du film, la chanson très poignante du générique "Who is a man ?", chanté par un Raoul toujours aussi passionné, pourrait vous rappeler quelque chose...  En effet, bien que ce ne soit souligné nul part, Francesco de Masi a tout simplement réutilisé "Without a name", déjà chantée par Raoul et qu'il avait composé l'année précédente pour le western Deux croix pour un implacable de Rafael Romero Marchent, mais en changeant les paroles.


Deux chansons pour un implacable Francesco de Masi



Entièrement tourné au nord-est de Rome, dans le parc naturel des Abruzzes, le film a beau être un petit budget, il ne manque clairement pas d'atouts. Pour être honnête, ce n'est sûrement pas sur la réalisation de Merolle que l'on va s'extasier, un peu plate et qui transpire le manque d'expérience, et le choix de filmer en 4/3 est un peu dommage, même si cela permet d'accentuer le côté claustrophobe du film. Non, le film vaut énormément et avant tout pour son histoire très forte, entre autre véritable parabole sur l'occupation des nazis durant la seconde guerre mondiale, ainsi que pour ses interprètes, tous vraiment excellents. De plus, si le film comporte aussi sa bonne dose d'action, c'est plutôt sa mélancolie, son lyrisme, sa profondeur et ses thématiques qui en font un must bien trop méconnu du genre. La scène d'agonie d'un des personnages est vraiment poignante et a rarement été filmé de la sorte. Le duel qui le précède est d'ailleurs montré de manière plus qu'originale, mais je vous laisse découvrir ça par vous-même. On peut parcontre reprocher au film d'avoir négligé les intrigues sur les personnages féminins, et d'avoir peut-être un peu trop "rushé" les liens entre Giordana et Ireland.
Le jeune premier du film est interprété par l'excellent Andrea Giordana qui jouera malheureusement ici dans son quatrième et dernier western. Andrea Giordana est plutôt méconnu chez nous, alors que ses westerns son plus que recommandables. Mais malheureusement, ses films sont difficiles à voir chez nous. S'il commence dans un second rôle dans le western d'Albert Brand, Massacre au grand canyon (1963), pour son deuxième et troisième western, les excellents El Desperado (1967) de Franco Rossetti, et Django porte sa croix (1968) d'Enzo G. Castellari, il joue la tête d'affiche avec brio. Hélas, aucun de ces films ne sont visibles de nos jours dans leur version française, ce qui explique peut-être aussi pourquoi les westerns avec Giordana ne sont pas les plus connus sur notre territoire. Il est excellemment doublé en français par Daniel Gall, l'éternelle voix d'Actarus dans Goldorak.
Pour jouer l'habituel vieux briscard qui deviendra le mentor du jeune loup inexpérimenté, c'est le vétéran américain John Ireland qui s'y colle, présent dans pas mal de westerns italiens intéressants tournés à la même période comme Haine pour haine (1967) de Domenico Paollela, Gringo joue et gagne (1968) d'Umberto Lenzi, Avec Django ça va saigner (1968) de Paolo Bianchini ou encore plus tardivement Chino (1973) de John Sturges. Il est excellemment doublé en français par Henri Poirier.

Espérons qu'ils aient mis de la crème. Avec cette couche d'ozone, ce serait plus prudent.

André et Serge, ça claque !

Comme Le Grand Silence, le film est coproduit avec la France, ce qui se faisait quand assez rare sur les westerns. Cela nous permet donc de profiter de la présence de quelques acteurs français comme Mireille Granelli, dans ce qui semble être sa dernière apparition au cinéma, et surtout du grand Raymond "Fantomas" Pellegrin qui se double fort heureusement lui-même sur notre excellente version française. Est-ce en raison de cette co-production que les noms italiens sur l'affiche française ont été ridiculement francisés ? Vous pouvez en effet constater que Sergio Merolle et Andrea Giordana y sont devenus des Serge et André bien de chez nous ! Par contre, ils sont crédités avec leur vrai prénom italien sur le générique français. D'origine italienne, Raymond Pellegrin tournera dans de nombreuses productions italiennes à partir de ce film, pour Lucio Fulci dans Beatrice Cenci (1969), pour Steno dans Un flic hors-la-loi (1973), le premier Pied Plat avec Bud Spencer, pour Umberto Lenzi dans un autre policier du nom de Un flic hors-la-loi (1975) mais cette fois avec Henry Silva, pour Fernando di Leo dans Salut les pourris (1974), ainsi que dans plusieurs films de Pasquale Squitieri, j'en passe et des meilleurs... Si la carrière de Pellegrin en Italie se déroulera surtout dans les années 70, il rejoindra de nouveau Steno et Bud Spencer pour la mini-série Le Professeur (1987-1988) que Carlito Brigrante vous avait proposé ici il y a plusieurs années.
Enfin, n'oublions pas de parler tout de même du grand méchant du film, tout drapé de noir tel un SS, le glaçant Bruno Corazzari dans son plus grand rôle à l'écran. En bon amateur du cinéma bis italien, le visage, un peu ingrat, de l'acteur italien ne peut pas vous être inconnu puisque Corazzari est apparu dans une infinité de petits rôles, généralement des crapules qui se font descendre tôt ou tard, que ce soit dans des westerns, il apparaitra d'ailleurs également dans Le Grand Silence, dans des films policiers comme Le Témoin à abattre (1973) de Enzo G. Castellari, ou encore dans des Gialli comme L'homme sans mémoire (1975) de Duccio Tessari. Bruno Corazzari est donc un acteur familier, mais à qui on a rarement donné l'occasion de briller... et pas qu'au soleil. Froid, cynique et impassible, sa prestation est à marquer d'une pierre blanche et il s'impose même ici comme l'un des pires saligauds que le western italien ait jamais mis en scène, et pourtant ce n'est pas ça qui a manqué. Ce sentiment est même amplifié dans la version française, décidément parfaite et à privilégier sans hésiter, surtout que pour une fois la version italienne est un peu en deçà, grâce au doublage magistrale de Michel le Royer. Voici d'ailleurs un autre point commun avec Le Grand Silence, puisque Michel le Royer y doublait Klaus Kinski dans un rôle qui s'en approchait un peu, un rôle où le méchant était là aussi tout aussi froid que cynique. C'est sûr que ça nous change du Michel le Royer qui doublait auparavant Giuliano Gemma dans ses premiers westers et qui doublera aussi Terence Hill dans Maintenant on l'appelle Plata (1972).


Georges Couibes est notamment célèbre pour avoir doublé en français
le personnage de "Q" (Desmond Llewelyn) dans plusieurs James Bond

Pour ce qui est du repack, j'ai dû composer avec du matériel qui n'est malheureusement pas tout à fait à la hauteur du film, mais pour le moment, c'est le mieux que l'on puisse avoir. La version que je vous propose ici est tirée d'un enregistrement de la télé espagnole et qui a servi pour un repack en langue anglaise. Il y a un logo assez envahissant en bas à droite, mais pour ce qui est de la qualité générale, on ne trouve pour le moment pas mieux. Le montage espagnol devait couper un court passage car vous pourrez constater que durant une minute, nous avons un passage en qualité VHS sans logo. J'ai d'ailleurs trouvé étrange que l'on puisse couper un passage pareil par rapport à la compréhension de l'histoire, mais bon... Les génériques italiens semblent malheureusement avoir été remplacés pour la diffusion du film en Espagne par les versions en anglais, je dis malheureusement car ils sont d'une qualité plus que médiocre et en plus très sombre.
Si nous avons la chance que la superbe VF, tirée d'un enregistrement VHS que m'a confié l’inévitable Zio Spaghetti, soit complète et bien audible, elle avait aussi un bruit de fond assez agaçant. Aussi, j'ai tenté de l'effacer avec les moyens du bord, sans trop détériorer la qualité du son. Le résultat me semble plutôt pas mal, mais je vous ai laissé la piste non retouchée au cas où vous la préféreriez. En ce qui concerne la synchro, il n'y a pas eu de difficultés particulières, il y avait comme toujours des différences ici et là qui m'obligeaient à resynchroniser la piste, mais rien de bien insurmontable.
Comme cette version était tiré d'un repack en anglais, j'ai recherché la rare version originale en italien que j'ai déniché sur Youtube. Peut-être est-ce en contraste avec l'excellence de la VF, peut-être est-ce aussi par rapport au petit budget qui y ont mis moins de soins, mais j'ai trouvé la version italienne moins inspirée que d'habitude. Attention, elle est plus que correcte, mais ça manque un peu de caractère et d'émotion parfois. Mais il y a tout de même un joli casting vocal, avec notamment la voix italienne de Lee Van Cleef, Emilio Cigoli, sur John Ireland. La synchro de la piste italienne a été plus problématique car elle avait des petits blancs un peu partout, des blancs que j'ai essayé de combler au maximum pour que ce soit plus agréable. Quoi qu'il en soit, elle est réservée aux italophones, car elle n'est pas sous-titrée, mais elle a le mérite d'être.

En attendant une vidéo de meilleure qualité, j'espère qu'elle finira bien par pointer le bout de son nez, cette version devrait vous permettre de (re)découvrir un western qui mérite bien son statut d'oeuvre culte méconnue... Bon film à vous !



Lien MKV, VF et VO (1,3 GO)

Bonus : OST du film (75,40 MO)

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25 commentaires:

  1. Merci bcp pour ce nouveau western.

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  2. La bande son nettoyée est parfaite à mes oreilles pour cette excellente vf, bravo! C'est vraiment très appréciable à l'écoute. Un grand merci!

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  3. Brillante idée d avoir degainer cet excellent western !
    Si tu veux rajouter la BO, elle doit être dans mes archives.
    Merci encore pour le boulot,

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  4. bonsoir Un grand merci et bonne continuation

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  5. Merci beaucoup pour ce western : Fanche17.

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  6. Un énorme merci pour ce film!

    Ça sera mon 2e western sous la neige, j'avais beaucoup apprécié le grand silence.

    En fouillant la fiche du film sur imdb, j'ai vu qu'il était disponible sur amazon.

    J'ose imaginer que s'il y a eu repack anglais, c'est que la version amazon devait être très mauvaise.

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    1. Je ne l'ai pas vu, mais Amazon a souvent des mastère calamiteux sur ce genre de films avec une image indigne d'une VHS, un son épouvantable... Mais parfois c'est très bon aussi.

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  7. Vu il y a longtemps, je vais le redécouvrir dans de meilleures conditions. Merci.

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  8. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  9. bonjour Gilles ,merci de pouvoir rehabiliter ce film qui etait invisible juste en vhs et je l avais revu il y a quelques temps sur Cine Geants.Pour ma part il s agit d une petite perle du western italien.Encore un grand Bravo pour vos recherches et votre passion.
    la BO est egalement de tout premier ordre.
    Eric Ruellet.

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  10. Bonjour,
    Comme je n'ai pas de compte Google, c'est en tant qu'anonyme que je vous adresse mes remerciements, pas seulement pour ce film mais aussi pour tous les autres que vous mettez en ligne et pour lesquels je ne laisse pas forcément de commentaire, d'ailleurs.
    Et un merci particulier pour ce film pas si commode à repacker, avec cette satanée coupure de pub qui zappe carrément un morceau du film.
    Concernant le format du film, il aurait été tourné non pas en 4/3 mais en 1,66:1 ; un format proche du 16/9 (1,78:1). Une information que je tiens de l'excellent site spaghetti-western.net et qui me paraît crédible.
    En effet, les français ont beaucoup tourné sous ce format dans les années 60 et 70. Et comme le film est une co-production franco-italienne...
    A noter que le doublage espagnol est tout simplement calamiteux.
    J'avais téléchargé cette version sur youtube il y a quelques années, avec la surprise de constater qu'elle était en NTSC, à 29,97 images/seconde. Bizarre, l'Espagne est censée diffuser en PAL en 25 i/s, comme en France. Une erreur d'encodage ?
    Cette copie est manifestement restaurée, je me demande où la télé espagnole a-t-elle bien la pêcher. Avec l'histoire du framerate et le titre en anglais, j'en viens à me demander si ce ne serait pas plutôt une télé d'Amérique du Sud qui aurait diffusé le film.
    Dans les années 80, TF1 était propriétaire des droits pour la France et avait édité à l'époque une VHS à la qualité d'image vraiment moyenne. D'après mes dernières recherches, ce serait M6 qui serait actuellement propriétaire des droits.
    J'oubliais, un autre merci pour les belles et instructives présentations des films.
    Cordialement,
    Thierry (Don Gaetano me reconnaîtra sûrement).

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    1. Bonjour ! D'après le logo, il me semble que c'est bien une chaine espagnole. Je pense que le 29,97 est du fiat du court passage qui était manquant et qui a été rajouté par je ne sais qui, mais sans doute à partir d'une VHS américaine. Du coup, ils ont peut-être tout passé en 29 fps plutôt qu'en 25 (peut-être pour caler la version anglaise qui était à cette vitesse).

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  11. bonjour
    merci pour cette version qui est bien meilleur que celle de You tube vos commentaires sont toujours aussi intéressants on reconnais le passionné.
    cordialement john49

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  12. grand film, petite coquille: dans ton texte: Jill Ireland au lieu de John.
    C'est pourtant pas un film de Bronson ! Salutations, O.T.

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