MON NOM EST PECOS
Réalisation : Maurizio Lucidi (pseudonyme : Maurice A. Bright)
Avec : Robert Woods,Pier Paolo Capponi, Peter Cartsen, Lucia Modugno
Nationalité : Italie/Allemagne
Genre : Western
Durée : 85'
Année de production : 1966
Titre original : Due once di piombo (il mio nom è Pecos)
Sur la route du village de Huston, le jeune mexicain Pécos Martinez fait la connaissance de Break. Ce propriétaire de la somme de 80 000 Dollars cache son magot dans un tonneau qui est aussitôt déposé dans le saloon. Mais peu après, Break est abattu par le gang de Joe Kline qui veut s'emparer du butin.
Bande annonce italienne
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Après son chef-d’œuvre, Maurizio Lucidi reviendra une dernière fois au western, mais en 1972, les choses avaient bien changé et c'est avec un western comique, plutôt réussi dans sa catégorie, qu'il terminera son cycle "vacher" : le fort sympathique Amigo... mon colt a deux mots à te dire avec Bud Spencer et Jack Palance, que je vous ai proposé il y a quelques temps dans une très belle copie HD. Ceci dit, les westerns de Lucidi, mis à part le premier, avait toujours eu une bonne dose d'humour.
Jonglant régulièrement entre films sérieux et plus humoristiques, Maurizio Lucidi pris ensuite le virage du policier, mais du policier plutôt Noir, en signant le méconnu et un peu décevant La Dernière chance (1973) avec pourtant un très joli casting composé de Fabio Testi, Ursula Andress, Eli Wallach et Barbara Bach, qui n'avait pas encore joué l'une des James Bond girl les plus populaire de tous les temps dans L'Espion qui m'aimait (1977). Il fit encore une fois un virage à 180 degrés en signant sa première véritable comédie, le peu mémorable Deux cœurs et une chapelle (1975) avec Renatto Pozetto et notre Aldo Maccione (presque) national. Et après la future James Bond girl Barbara Bach, son film suivant, le polar L'Exécuteur (1976), lui permis cette fois de carrément travailler avec James Bond en personne, Sir Roger Moore qui, entre deux épisodes de la franchise du plus célèbre des agents secrets, tentait de combler son emploi du temps comme il le pouvait. Roger Moore n'était d'ailleurs pas encore parvenu à s'imposer dans le rôle de Bond, mais ça n'allait plus tarder, puisqu'il tournera peu après son Bond le plus populaire au côté de Barbara Bach, L'Espion qui m'aimait, où il trouvera enfin ses marques.
La suite de la carrière de Lucidi sera moins intéressante, le réalisateur ne tournant pratiquement plus que des comédies peu marquantes, pour ne pas dire bas de gamme, et qui ne seront d'ailleurs pas exportées à l'étranger. En 1988, il tenta de revenir à un cinéma plus sérieux puisqu'il débuta le tristement célèbre Nosferatu à Venise avec un Klaus Kinski qui épuisa toute l'équipe de tournage et les fit tous fuir les uns après les autres. Deux autres réalisateurs prirent la poudre d’escampette après Lucidi : Pasquale Squitieri (qui n'a même pas tourné une seule seconde du film), puis Mario Caiano (qui a tenu deux jours) avant que le malheureux producteur du film, Augusto Caminito, aidé par le réalisateur Luigi Cozzi, ne décide de le réaliser lui-même. Le film fut bien évidemment un désastre, aussi bien artistique que commercial... Comme l'a confié Luigi Cozzi, c'était sans doute la première et dernière fois dans toute l'histoire du cinéma qu'au lieu de virer un acteur qui causait tous les soucis, on avait fait remplacer toute l'équipe technique, car il n'y a pas que les réalisateurs qui avaient valsé. Sacré Kinski !
Maurizio Lucidi termina sa carrière à la télévision en 1990 en réalisant le 13eme et dernier épisode d'une série coproduite entre la France, l’Italie et l'Allemagne, Le Gorille. Reprenant le personnage Geo Paquet dit "Le Gorille", précédemment interprété par Lino Ventura puis Roger Hanin dans une trilogie au cinéma réalisée en 1954, 1961 et 1963, c'était l'ancien joueur de Water Polo, Karim Allaoui, qui avait eu la tâche de succéder à ses illustres prédécesseurs. La série s'était offert du beau monde comme Lou Castel, dans l'épisode de Lucidi justement, François Perrier, Fabio Testi, Zabou, Michel Creton, Rufus, Gabriele Tinti, John Phillip Law, William Berger, Robert Hossein, Lucia Bosè, Jean Carmet, Andréa Ferreol, Jean-Pierre Léaud... et Roger Hanin, qui se fit plaisir en réalisant d'ailleur le 7eme épisode. Duccio Tessari et Edouard Molinaro réalisèrent également un épisode chacun. À savoir que la série est sortie en DVD en 2007 et a même été rééditée en 2014. Elle garde un certain charme, bien qu'elle aura du mal à captiver "la génération Netflix".
On ne revit plus d’œuvres de Maurizio Lucidi après cela. Il nous quitta en 2005 à l'age de 73 ans en laissant derrière lui une filmographie pas inintéressante, mais qui laisse un certain goût d'inachevé, surtout après son incroyable La Victime désignée.
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| L'affiche française dégueulasse a également servi pour une ressorti du film de Leone |
Le script fut signé par Andrea Bolzoni à qui l'on devait ceux des westerns Les Dollars du Nebraska (1965) d'Antonio Roman et surtout L'homme du Minnesota (1964) et Ringo au pistolet d'or (1966) de Sergio Corbucci. Bolzoni appellera son script "Mon nom est Pecos", mais la production le changea en Due Once di piombo (trad : "Deux onces de plomb") tout en laissant le titre de base aussi entre parenthèses. Pour son exploitation à l'étranger, en France ou aux États-Unis, le film gardera son titre originel. Le nom de Pecos est un hommage de Bolzoni à Pecos Bill, quand à son scénario, il s'évère assez classique et il est clairement inspiré de "la base" du western italien, Pour une poignée de dollars (1964), avec toutefois une belle petite originalité : le héros est mexicain. L’extraordinaire Colorado (1966) de Sergio Sollima avait ouvert la voix en faisant d'un personnage mexicain le véritable protagoniste de l'histoire, mais il l'avait fait de manière un peu masquée (et intelligente) avec le personnage de Lee Van Cleef pour brouiller les cartes. Ici, pas de doute, le personnage principal est bien Pecos, et lui n'est pas là en victime et n'a pas que des couteaux pour se défendre... On pourra trouver curieux que, pour l'interpréter, un acteur typé mexicain n'ait pas été choisi. Aussi, pour tenter de faire passer Robert Woods pour ce qu'il n'est pas du tout, en plus d'un maquillage bien forcé, on appliqua sur les yeux du pauvre acteur deux sparadraps pour lui brider un peu les yeux. Le résultat est assez étrange, il faut l'avouer.
Si le film est plutôt classique, il est aussi très surprenant par rapport à sa violence. Il ne vaut mieux pas trop vous attacher aux personnages, car aucun n'est à l’abri d'y passer à un moment ou un autre. Ici, même un enfant peut y passer ! Quant au duel final, c'est plus que brutal... Et curieusement, le montage français n'a pas été censuré et la VF est complète. Elle est aussi de très bonne qualité et on a l'occasion d'entendre quelques voix un peu moins communes. Ainsi, Robert Woods est doublé par Alain Nobis et sa voix assez désagréable, ce qui correspond bien au personnage de Pecos. Pour doubler Pier Paolo Capponi, que vous connaissez peut-être pour ses rôles de gangsters dans pas mal de polars italiens dont plusieurs de Fernando di Leo, c'est Armand Mestral qui s'y colle. Mestral a parfois des tonalité proches de celles de Pierre Garin, ce qui peut-être perturbant car ce dernier double George Eastman, ainsi que quelques autres petits rôles. On notera d'ailleurs que Eastman n'est pas encore affublé de son pseudonyme légendaire et est crédité sous le nom de Gigi (diminutif de Luigi) Montefiori. Peter Cartsen, que vous avez vu récemment dans le rôle d'Acombar dans Et le vent apporta la violence (1970), est doublé par Yves Massard, Lucia Modogno est doublée par Jane Vall, Giuliano Raffaelli, également vu dans Et le vent apporta la violence dans un autre rôle de docteur, est doublé par Claude Bertrand... Rendez-vous sur la fiche wikipedia du film pour avoir plus de détails au sujet du doublage. En bref, une très bonne VF complète à consommer sans modération. Pour ce qui est du repack, aucune difficulté particulière à signaler, c'était comme sur du velours, j'ai utilisé le tout récent Blu-ray sorti chez Arrow aux USA, l'image est superbe, ainsi que la VF que m'a confié Zio Spaghetti il y a bien longtemps et qui avait déjà servi à un repack en qualité DVD. Du velours...
Avant de passer à sa suite, signalons l'excellente musique de Lallo Gori, qui avait signé la partition de celle du Temps du massacre (1966) de Lucio Fulci et dont le thème principal ressemble quand même beaucoup (beaucoup) à la magnifique "The House of the riding sun" des The Animals, sortie deux ans avant en 1964. Y a quand même franchement plus dégueu comme inspiration... A noter qu'il existe également une version en italien du thème de Pecos se nommant "Dal sud verrà qualcuno" (Trad : Du sud, quelqu'un viendra).
PECOS TIRE OU MEURT
Avec : Robert Woods, Erno Crisa, Umi Raho, Pedro Sanchez, Carlo Gaddi, Gino barbacane
Nationalité : Italie/Allemagne
Genre : Western
Durée : 84'
Année de production : 1967
Titre original : Pecos è qui : prega e muori !
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| Le nom de Cattand est mal orthographié... |
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Tu nous l'avais annoncé, la voilà la double ration de Pecos !
RépondreSupprimerMerci à toi et à John Doe pour ce partage bien sympathique.
( ) l'anecdote sur le "Nosferatu de Venise" est à mourir de rire : ))
L'histoire des sparadraps n'est pas mal non plus, faut dire !
Merci bcp pour ces 2 westerns, toujours plaisant à découvrir.
RépondreSupprimerMerci pour ces deux cadeaux.
RépondreSupprimerMerci pour cette poignée de pecos, hombre, et ce texte toujours très riche, bravo !
RépondreSupprimerMort a 1973 ans?. Quelle santé, la Maurizio!!! ��
RépondreSupprimerUn vrai vampire ! Merci, j'ai corrigé.
SupprimerGrand merci pour ces 2 Pecos et les commentaires toujours intéressants à lire
RépondreSupprimerQuel BONHEUR !Merci infiniment !!!
RépondreSupprimerUn très grand merci
RépondreSupprimerun grand merci pour ces 2 bon westerns, SVP un film de richard Harrison introuvable en Français bob Fleming mission Casablanca merci d avance .
RépondreSupprimerTop, merci Indiana
RépondreSupprimerMerci beaucoup Indiana. Moi j'aime bien l'ambiance des deux films.
RépondreSupprimerPour "Trois salopards une poignée d'or", oh oui la VF, la VF, la VF !!
Il Ritardario
Il est pas mal Pecos, mais dans le genre "peone justicier", je préfère quand même Cuchillo (tomas Milian). Les deux films, bien que différents, sont intéressants.
RépondreSupprimerC'est assez différent. Cuchillo est plus une victime qui se rebelle face à l’oppression, à l'injustice et à un destin tout tracé. Pecos lui, est plus agressif et agit tel un "gringo".
SupprimerJe suis d'accord, mais les deux sont malins à leur façon. Cuchillo joue les victimes inoffensives quand il est confronté à des blancs remplis de préjugés, mais quand il sent que sa vie est en danger, même s'il ne sait qu'utiliser des couteaux, il devient dangereux. ça se voit très bien dans le film (dont j'ai oublié le titre) où son père va le mettre en prison et lui demande avant, de se délester de toute ses armes. Et on le voit sortir des couteaux de partout sur lui. La scène est humoristique, mais elle permet de qualifier le personnage. Par contre dans "Colorado", il laisse Lee Van cleef l'emprisonner car il devine que son adversaire est un vrai représentant de la loi. Il choisit la persuasion plutôt que la confrontation.
SupprimerPecos ne joue pas la comédie, mais il fait en sorte que ses ennemis se dispersent pour mieux les abattre en petit comité. Et ceci, aussi bien dans le premier film que dans le second.
Merci beaucoup pour ce partage. Toujours une mine d'or ici, lorsque l'envie de spaghetti me reprend.
RépondreSupprimerEt bien "al dente" ! Merci à toi ;)
Supprimerluciana gilli magnifique merci
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