Attention :


Les repacks proposés ici sont des versions inédites, non éditées chez nous, qui ont été réalisées par mes soins ou par celui de mes collaborateurs. Le blog n'a aucun but commercial, et ne génère aucun bénéfice, ces repacks ne sont là que pour empêcher ces films, ces VF, ces montages de disparaitre à jamais. Il s'agit d'un partage "raisonné", les films étant retirés du blog lorsqu'ils sont édités en bonne et due forme, avec entre autre notamment leur VF d'origine complète, ou sur simple demande de l'ayant droits. Si la présence de certains repacks posent problème, n'hésitez pas à m'envoyer un message privé. Si un repack est retiré, c'est pour de bonnes raisons, inutile de me demander de le remettre.

REJOIGNEZ MA PAGE FACEBOOK :

https://www.facebook.com/indianagillesrepacks?fref=ts

MA CHAINE YOUTUBE :


POUR FAIRE UN DON SUR PAYPAL :

indianagilles@hotmail.com


samedi 12 février 2022

[Repack] : Sartana - l'intégrale (HD)

 


 

 Theme principal de Sartana par Piero Piccioni


Je vous avais proposé, il y a quelques temps déjà, le 5eme et ultime volet de la saga avec sa rare VF. Si je n'avais pas mis les autres, c'était un peu parce que tout le monde les avait déjà plus ou moins proposés ici et là après la sortie de l'excellent coffret intégrale parru à l'étranger chez Arrow. Mais en fait, si les deux premiers films sont introuvables en VF, la plupart des blogs qui les ont proposés, l'ont fait avec des sous-titres tirés de la piste anglaise qui comporte des dialogues bien différents, ce qui ne facilite pas la compréhension de ces films qui sont déjà un peu embrouillés. J'ai donc pris mon courage à deux mains et sous-titré les versions originales italiennes de ces films que vous pourrez donc enfin savourer comme il se doit. On ne désespère pas de retrouver un jour les VF, mais je peux vous dire que pour le moment, on a eu beau essayer, on a tous fait chou blanc.

Pour ce qui est du troisième épisode, celui avec George Hilton, on pouvait le trouver aussi sur plusieurs blogs, mais sans vouloir faire offense à personne, j'ai remarqué que personne n'avait corrigé les problèmes de synchronisation du DVD. C'est donc chose faite ici, normalement vous avez ici le repack le plus synchro de la toile.
Pour ce qui est du 4eme, tant qu'Artus le vendait en DVD, je ne pouvait pas le mettre. Là, c'est bon. Et le 5eme, il vous suffit de vous cliquer sur ce lien pour le récupérer.

Pour ce qui est de la présentation, j'ai déjà un peu eu l'occasion de vous parler des Sartana sur la fiche de Une trainée de poudre... Les Pistoleros arrivent, donc je vais reprendre en parti mon texte, tout en le développant au fur et à mesure des épisodes. Vous êtes prêts ? Alors, c'est parti mon kiki ! Hum, pardon.

 

 

Réalisation : Gianfranco Parolini (pseudonyme : Frank Kramer)
Avec : Gianni Garko, William Berger, Sydney Chaplin, Fernando Sancho, Klaus Kinski
Nationalité : Italie / Allemagne de l'Ouest
Genre : Western
Durée : 96'
Année de production : 1968
Titre original :

Deux banquiers véreux provoquent des attaques de diligence pour s'offrir de conséquents bénéfices financiers. Désirant monter les deux bandes qu'ils emploient l'une contre l'autre, ils constatent que ces deux dernières ont été neutralisés par un mystérieux homme en noir, appelé Sartana.

 

Le personnage de Sartana est une sorte de mélange entre Sherlock Holmes et James Bond. Comme Sherlock Holmes, il n'est pas le plus idiot du coin et met brillamment à profit sa jugeote pour résoudre des enquêtes bien tortueuses (trop tortueuses selon beaucoup), et comme James Bond, il a souvent l'occasion d'utiliser un paquet de gadgets bien marrants pour l'aider à descendre ceux qui oseraient se mettre sur sa route.
L'idée d'un tel personnage était tout simplement brillante, elle semblait pourtant comme une évidence à une époque où James Bond cartonnait et où les Gialli commençaient à se faire une place de choix dans le milieu du cinéma italien. Pourtant, lorsqu'est sorti Se incontri Sartana, prega per la tua morte (1968), le premier film de la série que l'on connait en France sous le titre bien plus sobre de Sartana, bien peu auraient misés sur un tel succès.
Ce premier opus avait bien des atouts, comme la présence de William Berger ou celle, plus limitée mais comme toujours marquante, de Klaus Kinski. Mais il s'agissait bien d'un très petit budget, tourné aux alentours de Rome, et qui aurait très bien pu se perdre dans la masse des très nombreux westerns italiens de l'année 1968. De plus, à peine un petit mois avant le tournage, son producteur Aldo Addobbati avait viré, pour désaccords artistiques, Guido Zurli, qui était censé le réaliser. Il le fit remplacer par Gianfranco Parolini (Frank Kramer) qui, s'il n'avait alors réalisé qu'un western peu mémorable, le bien oublié Johnny West, le gaucher (1965), était aussi le réalisateur de trois films de la très appréciée série de films d'espionnage du Commissaire X. Guido Zurli n'ayant pas vraiment brillé par la suite, au contraire de l'ami Parolini, il y a fort à parier que ce fut pour le meilleur. Mais on peut tout de même remercier Zurli car c'est lui qui avait insisté auprès de sa production pour que Gianni Garko obtienne le rôle de Sartana.

Au départ, le personnage s'inspirait plutôt à la base du personnage de bande-dessinée Mandrake, un personnage hautement populaire en Italie. Mais Frank Kramer préféra écarter tout côté magique initialement prévu dans le scénario, pour en faire un personnage plus terre à terre, bien qu'il ne semble pas non plus avare en diableries et paraisse aussi mystique qu'immortel.
Le nom de Sartana sera tout simplement repris du personnage précédemment joué par Gianni Garko dans son tout premier western, Les Colts de la violence (1966) d'Alberto Cardone (disponible chez Artus en DVD), un personnage sans aucun autre rapport avec lui que son nom, puisqu'il était alors l’antagoniste violent et perturbé du film de Cardone. Il est donc absolument faux de considérer le film d'Alberto Cardone comme le premier film de la saga, comme certains peuvent être tenté de le faire. Ce n'est pas le même personnage, nous n'avons pas à faire à une fausse suite non plus, car la production n'a rien à voir.
Le premier (vrai) opus de la saga Sartana sera fortement caractérisé par la patte Gianfranco Parolini, c'est à dire qu'il s'agira d'un film très spectaculaire, plein d'idées techniques assez folles et des rebondissements en pagaille qui rendent la plupart des films de ce réalisateur ultra bordéliques, pour ne pas dire incompréhensibles ! En gros, on est souvent totalement perdu, on n'y comprend pas forcément grand chose, mais quel show ! C'est sans doute ce qui explique la raison d'un tel succès, car il faut être honnête, tout ce qui brille n'est pas d'or, mais peu importe le flacon tant qu'on à l'ivresse ! Et hop, j'ai placé deux dictons comme ça à la suite, balèze, non ?
Bien que foutraque à mort, beaucoup considèrent le premier Sartana comme le meilleur. Sans doute parce que cet épisode fondateur est le plus sérieux, le plus fou et le plus gothique de tous. En effet, les suites introduiront petit à petit le côté cartoon et farceur et feront de Sartana un personnage moins noir et plus joueur.
Si beaucoup seront d'accord avec moi pour dire que ce Sartana n'est pas toujours des plus faciles à suivre, vous serez tout aussi étonné d'apprendre que cet épisode fondateur aura pourtant été écrit par six scénaristes, rien que ça ! En effet, le scénariste principal, Adolfo Cagnacci - notamment assistant réalisateur pour Bertolucci et Petri et qui signera ici son premier et dernier scénario - aura été épaulé par Renatto Izzo - scénariste de Requiescant, mais aussi acteur et doubleur qui prêta notamment sa voix à Giuliano Gemma dans Les longs jours de la vengeance -, Fabio Piccioni - assistant réalisateur en 1967 pour Carmineo et Mulargia sur les westerns Le Moment de tuer et Prie et creuse ta tombe - , Theo Maria Werner - producteur et scénariste de la plupart des Commissaire X - Luigi De Santis - qui n'aura rien écrit de bien marquant - et bien entendu Gianfranco Parolini lui-même. Ceci explique peut-être pourquoi le film est si bordélique.
Alors pourquoi ce film, quelque peu surestimé selon moi, a tant plu à l'époque et plaît encore aujourd'hui ? Sans doute grâce à la réalisation inspiré, pour ne pas dire possédée, de Parolini, mais aussi car tous les éléments que les amateurs de westerns spaghetti apprécient sont réunis ici et amplifié à mort. C'est n'importe quoi, ça zoome à tout va, mais on reste quand même bien accroché à son siège pendant que Gianni Garko flingue tout ce qui bouge. Pourquoi il fait ça ? On fini par ne plus vraiment le savoir, mais tant pis, c'est du grand spectacle et on ne se rend même pas compte que c'est fait avec trois lires six sous.
En plus de Garko, nous avons droit à un sacré casting, puisqu'on trouve aussi le toujours excellent William Berger que Parolini reprendra pour sa propre fausse-vraie suite de Sartana, le déjanté Sabata, Fernando Sancho (dans le rôle habituel de Fernando Sancho), Klaus Kinski (dans le rôle habituel du salaud Kinski), le vieux Franco Pesce (dans le rôle habituel du vieux Franco Pesce et qui reviendra dans les autres épisodes pour jouer d'autres rôles de... Franco Pesce)...
Présence plus surprenante pour son seul et unique western, celle de Sydney Chaplin, le fils que le grand Charlie Chaplin aura eu avec Lita Grey, et qui, ne parvenant pas vraiment à faire carrière aux USA, surtout que les déboires du Papa ne devaient pas aider, était venu tenter sa chance en Europe. Malheureusement pour lui, malgré son grand nom, on ne peut pas dire qu'il y aura connu meilleure fortune. On put le voir dans quelques autres films italiens tels Qui êtes-vous Inspecteur Chandler ? (1969) de Michele Lupo, Liz et Helen (1969) de Riccardo Freda,  Nel giorno del signore ( 1970) de Bruno Corbucci,.. Il jouera également dans de nombreux films français comme Le Clan des Siciliens (1969) de Henri Verneuil, Ho ! de Robert Enrico, La Saignée de Claude Mulot (film ressuscité récemment par Le Chat qui fume), Papa les petits bateaux de Nelly Kaplan ou La Grande Maffia (1971) de Philippe Clair. Rarement marquant et n'ayant probablement pas la même flamme pour le cinéma que son illustre père, il mettra fin à sa carrière dès 1977 pour ouvrir un restaurant à Palm Spring. Victime d'un accident vasculaire cérébral, il s'éteindra en 2009 à 82 ans.

A noter que la piste italienne comporte quelques courts passages en anglais. Est-ce à cause d'un montage différent ? D'une détérioration de la piste italienne d'origine ? Je n'ai pas la réponse à ce jour.


Réalisation : Giuliano Carnimeo
Avec : Gianni Garko, Frank Wolff, Klaus Kinski, Ettore Manni, Gordon Mitchell
Nationalité : Italie
Genre : Western
Durée : 104'
Année de production : 1969
Titre original : Sono Sartana, il vostro becchino

Sartana est accusé d'avoir dévalisé 300.000 dollars dans une banque et d'avoir tué tous ses employés. Alors que tous les chasseurs de primes sont à sa poursuite, il tente, à l'aide du voleur Buddy Ben, de prouver son innoncent et de retrouver le vrai coupable.
 
 

À la base, le Sartana de Gianfranco Parolini n'avait pas vraiment la vocation de remporter un grand succès. Entre son budget famélique et son scénario aussi clair et limpide que l'eau de la Seine, bien malin était celui qui aurait pu prévoir qu'il allait non seulement se positionner à une très bonne 49eme place au box office italien de la saison 68/69, mais qu'il remporterait également un très bon succès à l'internationale. La présence de Gianni Garko et la mise en scène tape à l’œil et spectaculaire de Parolini avait déjoué les pronostiques les plus fous, et Sartana était désormais devenu un nom populaire, à ranger à côté de ceux de Ringo et Django. Aussi, il fallait battre le fer tant qu'il était encore chaud et ne pas trop se laisser déborder par les faux Sartana qui allaient inévitablement débouler dans tous les coins et qui allaient dévaluer "la marque".
Malgré cet énorme succès surprise, Gianfranco Parolini ne réalisera aucune des suites à son Sartana. La raison en est simple : forcément interpellé par ce western à petit budget qui avait mis la fessée à bien des westerns plus fortunés, le grand producteur Alberto Grimaldi, à qui l'on doit notamment les westerns de Sergio Leone, promit monts et merveilles au réalisateur pour l'attirer dans son écurie. Parolini eut ainsi l'occasion d'entrer chez les grands et ne se fit pas prier, surtout qu'il semblerait qu'il n'ait pas touché une seule lire pour le succès du premier. Profitant ainsi de budgets bien plus confortables, il put donner libre cours à son imagination débordantes pour nous pondre des westerns bien clinquants, comme les Sabata, dont le personnage campé par Lee Van Cleef, n'est pas sans rappeler un certain Sartana. Je vous invite à aller lire la fiche des deux vraies Sabata avec Lee Van Cleef et du faux avec Yul Briner pour avoir plus de renseignements.

Parolini sera donc remplacé par Giuliano Carmineo (pseudonyme : Anthony Ascott), alors âgé de 37 ans, surtout réputé pour avoir été l'un des assistants de Steno, mais qui avait également réalisé deux westerns en 1968, Ringo ! Cherche une place pour mourir avec Jeffrey Hunter et co-réalisé avec l'Argentin Hugo Fregonese, et surtout le très bon Le moment de tuer avec George Hilton (à venir prochainement sur mon blog), acteur qu'il recroisera souvent par la suite et qui interprétera même officiellement le personnage de Sartana dans le 3eme opus, connement rebaptisé chez nous "Django" dans Django arrive, préparez vos cercueils (1970). Mais n'allons pas trop vite et attardons-nous pour le moment sur ce second opus, Le Fossoyeur qui sortira en 1969. Notons que le titre original italien, Sono Sartana, il vostro Becchino (Je suis Sartana, votre fossoyeur) est repris d'une tirade du premier volet.
Pour beaucoup, il s'agit de l'épisode le plus faible. C'est peut-être vrai. Curieusement, si le changement de réalisateur changera considérablement le ton et l'esprit du personnage, pour ce qui est du scénario, c'est toujours aussi confus. Mais c'est avec cet épisode que la saga deviendra plus policière, presque "giallesque", et nous sommes désormais dans un véritable "whodunit", comme on dit de nos jours. À titre personnel, je trouve que le film commence vraiment très bien, mais se perd effectivement petit à petit.
Ceci dit, il reste très plaisant, notamment grâce à, encore une fois, un excellent casting. Beaucoup de beau monde veut mettre la main sur Sartana, et notamment Klaus Kinski qui fait son retour dans la saga, mais dans un autre rôle bien plus conséquent. Un rôle également plus original, puisqu'il campe un parieur invétéré et peu inspiré, ce qui donnera une belle touche d'humour au film. Sal Borghese, qui avait fait une petite pige dans le premier, revient également aussi dans un vrai rôle intéressant de Shérif bien pourri. Quant aux nouveaux, puisqu'ils s'appellent Gordon Mitchell, Ettore Manni, Josè Torres et surtout Frank Wolff, vous comprenez que ça ne peut être que bénéfique pour le film. C'est presque la réunion des Avengers de l'Ouest !
Sans doute pas tout à fait à la hauteur des espérances, le film remporta néanmoins un grand succès également (57eme au box office italien 1969/1970, alors que les westerns commencent à moins marcher) et conforta Gianni Garko dans son statut de nouvel homme fort du western italien... et sera remplacé pour le 3eme opus par George Hilton.
 
 
 
Réalisation : Giuliano Carnimeo
Avec : George Hilton, Charles Southwood, Nello Pazzafini, Erika Blanc, Pero Lulli
Nationalité : Italie
Genre : Western
Durée : 92'
Année de production : 1970
Titre original : 
C'è Sartana... vendi la pistola e comprati la bara
 
Django / Sartana profite de l'embuscade tendue par des bandits à un curieux convoi d'or pour amener le cadavre d'un homme recherché au shérif de la ville voisine... et se trouve impliqué dans les combines des environs, alors qu'entre en scène un autre pistolero, Sabata.
 
Etrange de remplacer le personnage principal quand il est populaire... Il semblerait que ce soit le producteur Coltellaci qui ait préféré George Hilton à Gianni Garko, peut-être était-il plus docile et moins gourmand que la nouvelle star montante du western italien ? De plus, Coltellaci avait déjà travaillé travaillé avec l'acteur Uruguayen dans Le Temps du massacre (1966) de Lucio Fulci et Professionnel pour un massacre (1967) de Nando Cicero, et désirait le retrouver. Le producteur conforta par contre Carnimeo dans son rôle de réalisateur, un rôle qu'il tiendra jusqu'à au 5eme et ultime épisode. Ainsi, on retrouve son style fait de zooms avant et arrière digne du "Biouman" des Inconnus. Et s'il en abuse sans doute un peu trop, cela donne une certaine identité à sa saga.
Avec George Hilton, Sartana devient plus léger, il est moins sombre et ténébreux que dans l'interprétation de Garko, surtout dans le premier. En fait, ce Sartana ressemble plus au futur personnage d'Alleluia que l'uruguayen interprètera un an plus tard, toujours sous la houlette de Carnimeo, dans On m'appelle Alleluia (1971). L'aspect enquête est toujours là, mais il se fait moins "giallesque". L'aspect bordélique demeure également, les coups de théâtre à gogo ne manquant pas, bien au contraire, et c'est de plus en plus perdu que l'on regarde cette troisième aventure. Encore une fois, si on a du mal à suivre tout ça, les motivations des uns et des autres finissent par nous paraître bien obscures, mais le spectacle est agréable. Pour certains, il s'agit du meilleur épisode de la saga, pour d'autres le pire... Pour ma part, je le trouve agréable, mais si l'on excepte un Nello Pazzafini enfin dans le rôle du vrai antagoniste du film, ainsi que les embrouilles entre Sartana et le personnage de Sabata (rien à voir avec le nouvel héro de Parolini) interprété par l'américain Charles Southwood, un acteur que l'on aura eu l'occasion de voir dans quelques productions françaises - parait-il était un sacré queutard - et qui comme Sydney Chaplin a joué dans La Saignée de Claude Mulot, j'avoue ne pas en avoir gardé de véritables souvenirs de cet épisode. En fait, le film ressemble plutôt à un patchwork de jolies scènes, mais qui ont parfois peu de liants entre elles. Notons aussi la bonne musique de Francesco De Masi qui, si elle n'a rien d'inoubliable, s'avère des plus agréables.
Le repack de ce film a été proposé un peu partout à l'époque de sa sortie Blu-ray chez Arrow, aussi je m'étais abstenu de vous le proposer également. Ceci dit, le DVD français n'était pas toujours bien calé, et j'ai constaté que mes amis repackeurs se sont contentés de remettre la piste française sans corriger ces petits défauts. C'était peut-être léger, mais bien réel. Et oui messieurs, de nombreuses éditions ne sont pas forcément bien fichues à la base, il faut donc tout vérifier ! Aussi, tant qu'à faire, je vous propose désormais ma version qui, normalement, corrige tous les petits pépins du DVD.
Cet épisode comporte un très bon doublage français : George Hilton est doublé par Jacques Deschamps, Charles Southwood par Jacques Thébault, Nello Pazzafini par Pierre Collet, Piero Lulli par Jean-Claude Michel, Erika Blanc par Perette Pradier... On peut entendre toute la dream team du doublage français d'alors comme Paule Emmanuelle (la seule qui soit encore parmi nous), Raymond Loyer, George Atlas, Henry Djanik, Jean Violette... Bref, on se fiche pas de notre gueule ! Malheureusement, comme trop souvent, le doublage n'est pas complet, aussi nous avons droit à quelques passages en italien sous-titrés en français. Ça fait si longtemps que j'ai réalisé ce repack que je ne sais plus trop si j'ai retouché aux sous-titres forcés de ces passages là. Me connaissant, sans doute un peu, mais pas sûr.
Le film remporta encore une fois un joli succès en Italie, se plaçant à la 68eme place du box office italien de 1970/1971. Certes, c'est moins bon que les deux précédent, mais encore une fois, le western est sur la pente descendante et c'est aussi cette saison que le western comique On l'appelle Trinita, est venu tout fracasser sur son passage. Et plus rien ne serait comme avant pour le western à l'italienne.





Réalisation : Giuliano Carnimeo
Avec : Gianni Garko, Antonio Villar, Daniela Giordano, George Wang

Nationalité : Italie / Espagne
Genre : Western
Durée : 93'
Année de production : 1970
Titre original :
Buon funerale amigos!... paga Sartana

Sartana est témoin du meurtre du prospecteur Benson et de ses associés. Pour retrouver les coupables et venger leur mort, il se rend dans la petite ville d'Indian Creek. Il découvre que Benson était le propriétaire d'un terrain disposant d'une impressionnante mine d'or et que deux hommes veulent se l'approprier. Le premier est Ronald Hoffman, un banquier malhonnête, et le second se nomme Lee Tse Tung, le tenancier d'un casino. Deux suspects idéaux pour Sartana qui fait connaissance avec d'autres citoyens : le shérif et son adjoint Blackie, Mary la responsable du saloon, Samuel Pigott le croupier sans oublier le croque-mort. Mais il rencontre surtout la nièce de Benson, Abigail, son unique héritière. Son héritage suscite la convoitise d'Hoffman et de Lee Tse Tung, prêts à tout pour racheter la concession pour piller l'or. Mais Abigail peut compter sur la protection de Sartana.


Bien que le 3eme avec George Hilton ait plutôt bien marché, Gianni Garko fit son grand retour dans le rôle pour le 4eme, Bonnes funéraille,s amis, Sartana paiera, sans doute car la production avait changé entre temps. Exit Coltellaci, bonjour au duo Leo Cevenini et Vittorio Martino. Ce retour n'est pas un mal, car si on aime beaucoup Hilton, il faut rendre à Garko ce qui appartient Garko. Ce duo de producteurs n'était pas formé par des novices. À l’issue de la deuxième guerre mondiale, ils avaient produit de nombreux films dramatiques, mais aussi historiques et en costumes, dont La Tulipe noir (1964) de Christian Jacques avec Alain Delon. Comme tous producteurs italiens dignes de ce nom, ils avaient également obtenu un grand succès en produisant une bonne demi-douzaine de nav... euh comédies de Ciccio et Franco. En 1970, ils tentèrent donc, toujours comme tous bons producteurs italiens dignes de ce nom, de tenter l'aventure western. Ils arrivaient un peu après la bataille, mais en récupérant une saga comme celle de Sartana, ils s'assuraient en quelque sorte un certain succès. Et succès il y aura, mais comme à chaque épisode, il marchera moins bien que le précédent, puisqu'il se placera 91eme lors de la saison 1970/1971. Le 5eme lui, peut-être le meilleur de tous, ne rentrera d'ailleurs pas dans le top 100 de la saison.
Le tandem ne produira curieusement pas le 5eme et dernier épisode de la saga, qui sera tourné immédiatement après celui-ci, toujours avec Carnimeo et Garko. Par contre, en 1971, soit une année après celle-ci, ils produiront un second western avec ce même duo, Quand les colts fument... on l'appelle cimetière (sorti chez Artus en DVD) qui est franchement un sixième Sartana qui ne porte pas son nom. Après cette parenthèse, ils retourneront à produire des comédies.
Avec ce quatrième opus, on retrouve un peu le Sartana du premier épisode. Plus invincible et spectrale que jamais, il apparaît et disparaît sans arrêt en se fichant de la gueule de tout le monde, car nul ne peut l'atteindre, et il a toujours plusieurs coups d'avance sur tout le monde. On retrouve également ce petit côté James Bond que Parolini aura bien amplifié dans ses deux épisodes de Sabata. Le film est assez fou fou, avec des personnages toujours haut en couleurs, comme le plus célèbre des asiatiques du western italien George Wong dans un rôle qui ferait pâlir tous les "wokes" actuels tant il est caricatural (mais dans le bon sens du terme) en citant notamment Confusius à tout va. Je ne sais pas d'où ça sort, mais en Italie, dès qu'il y avait un chinois, il falait qu'il se mette à citer du Confusius dans tous les sens.
Notons que la belle Daniela Giordano, qui interprète Jasmine Benson, a été élue Miss Italie 1966. Elle commença sa carrière d'actrice juste après sa victoire, débutant en 1967 dans le film Deux idiots chez les Fritz  au côté des inévitables Franco et Ciccio. Carmnimeo l'avait faite débuter dans le western italien dans son Ringo cherche une place pour mourir (1968) et on avait pu également la voir dans l'excellent western 5 hommes armés (1969), mais aussi l'effroyable faux Sartana signé par le roi du western navet Fidani, Quatre pour Sartana (1969). Comme beaucoup de belles plantes italiennes, elle travaillera beaucoup dans les années 70 dans divers gialli, films d'horreur, comédies ou comédies érotiques... avant de se retirer du métier en 1980 pour retourner à sa Sicile Natale et se consacrer au domaine de la parapsychologie et de l'ufologie ! En 2015, après 35 ans d'absence à l'écran, elle jouera le premier rôle dans le film Erba Celeste (trad : Herbe céleste), un drame policier aux allures de film amateur que vous pouvez trouver ici. Mais elle n'a plus rien tourné par la suite.
Bien qu'elle s'avère tout de même un poil moins tortueuse, l'histoire de ce 4eme Sartana part toujours un peu dans tous les sens, mais le rythme du film et son côté plus spectaculaire rendent cela moins gênant. En un mot comme en mille, on s'en fout presque au final. Carnimeo abuse toujours autant du zoom, mais il se fait vraiment plaisir. De plus, si la musique du précédent opus était sympathique mais sans plus, ici on à droit à une partition bien plus enlevé de Bruno Nicolai, c'est peut-être même une de ses plus belles. Elle sera d'ailleurs fort bien réutilisée pour le meilleur "western soja" ever, Mon nom est Shangai Joe de Mario Caiano sorti en 1973. Même si certains préfèrent toujours le premier épisode de Parolini, il me semble qu'un joli bond qualitatif a été fait dans la saga avec cet avant dernier épisode, tout semble bien plus riche et soigné.
Pour ce qui est du repack, j'ai utilisé la piste française du DVD d'Artus. On m'avait fourni une piste de meilleure qualité, tirée d'une VHS, mais la vitesse de défilement ne correspondait absolument à rien et, si j'ai essayé de la synchroniser, c'était bien trop infernal et j'ai finalement laissé tomber après une vingtaine de minutes du film. Vraiment curieux. Au sujet de cette VF, elle est complète ce qui est cool... mais c'est une "Made in Roma". Nous sommes tous d'accord pour dire que, malgré parfois un certain charme, ces VF là ne font pas parti du haut du panier. Ceci dit, bien que souvent très caricaturale, celle-ci est peut-être l'une des plus correcte de notre équipe d'expatriés francophones. On peut par exemple reconnaître le québecois Jean Fontaine pour doubler Gianni Garko, ou encore Michel Bardinet sur Franco Ressel. Curieusement, si l'on reconnaît plein d'autres voix de cette équipe, des acteurs qui n'ont malheureusement toujours pas été identifiés avec certitude, Jean Louis (qui jouait en chair et en os dans le scond opus) et Geneviève Hersent ne semblent pas avoir participé à ce doublage-ci. Étonnant.

Voilà, je crois que nous avons à peu près fait le tour de la question. Je vous rappelle que le 5eme opus et sa fiche de présentation se trouve ici, il ne me reste donc plus qu'à vous souhaiter de bons films et de bonnes (re)découvertes.


1. SARTANA 
 

 
 



2. LE FOSSOYEUR
 
 

 
 
 
3. DJANGO ARRIVE, PREPAREZ VOS CERCUEILS
 

 



4. BONNES FUNERAILLES AMI... SARTANA PAIERA
 


 
 
 
Mot de passe : indianagilles

40 commentaires:

  1. L'intégrale de Sartana en HD: Que du bonheur !
    Grazie mille Maestro Repackeur,

    RépondreSupprimer
  2. Merci bcp pour cette belle collection et chapeau pour tout le travail effectué.

    RépondreSupprimer
  3. Un week-end de rêve grâce à Vous. Merci infiniment !!!

    RépondreSupprimer
  4. Un très grand merci pour ce bouquet de perles.

    RépondreSupprimer
  5. merci cher indianagilles, magnifique travail et présentation somptueuse comme à l'accoutumée, un immense bravo !

    RépondreSupprimer
  6. Jacques Boudineau12 février 2022 à 23:35

    La série complète avec toujours la même exigence de qualité.
    Merci beaucoup pour ce partage indispensable.

    RépondreSupprimer
  7. Trop trop cool! Un immense merci a toi! Toujours au top!!

    RépondreSupprimer
  8. Waouh, alors là tu régales, merci pour le travail et le partage de cette saga culte

    RépondreSupprimer
  9. J'en avais certains en dvd.Enorme merci!.

    RépondreSupprimer
  10. Que dire;;; Respect et gratitude. Quel boulot. Merci Indianagilles

    RépondreSupprimer
  11. Encore un grand merci pour ce taff ,,,

    RépondreSupprimer
  12. Merci ! excellent boulot et très bonne série de films :)

    RépondreSupprimer
  13. Merci beaucoup Papounet et merci encore pour les versions Lites

    RépondreSupprimer
  14. Un très grand merci pour cette série de qualité ! Fanche17.

    RépondreSupprimer
  15. Un grand merci ! ET les versions light sont très appréciées !

    RépondreSupprimer
  16. Merci pour ces versions de Sartana !
    Pour les fans de westerns italiens et de Sergio Corbucci en particulier, il y a un documentaire sur Netflix DJANGO & DJANGO raconté par Quentin Tarantino, Ruggero Deodato et Franco Nero et truffé d'images d'archives entre 2 interventions

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Un peu décevant, mais y a de belles archives. Ce qui est bête c'est que Netflix n'a aucun western de Corbucci; du coup celui qui découvre pourra rien voir.

      Supprimer
  17. Un tout grand merci pour cette intégrale ! Grâce à toi, je découvre les westerns "italiens" et je trouve qu'en VO ça a un charme fou ! Merci pour tout le boulot fait depuis des années.

    RépondreSupprimer
  18. Encore une très belle prouesse en termes de programmation(s) pour une tétralogie vraiment mal connue chez nous.
    Personnellement, j'ai quelques affiches, j'apprécie beaucoup les 3 fantastiques Supermen de Parolini mais je n'ai vraiment pas accroché aux Sartana. Et en plus, je ne sais même plus lequel j'ai vu, au juste. Donc, les cartes sont à remettre sur table !

    C'est également l'occasion de rendre hommage à Gianni Garko, acteur honnête et plaisant, qui demeure l'une des ultimes têtes d'affiche de cette glorieuse époque à être encore en vie avec Franco Nero !!!!

    Et bravo à toi, surtout !

    RépondreSupprimer
  19. Oh la, les repacks sortent d'une gatling ici! Un grand bravo pour ce travail de longue haleine. Si un jour tu en as assez ou bien s'il n'y a plus de matière, tu pourras peut-être nous régaler en faisant des docs sur le cinéma italien (que je regarderai volontiers contrairement à ceux de Tarantino parce que Tarantino... les américains... Bon d'accord, j'en ai assez dit.)
    Un très grand merci!

    RépondreSupprimer
  20. Mille merci pour le travail , Gilles !!! bonne soirée à tous !

    RépondreSupprimer
  21. Gros boulot, merci incommensurable...

    RépondreSupprimer
  22. Je rejoins les camarades, vraiment top cette collection, grand merci Indianagilles.

    RépondreSupprimer
  23. Merci beaucoup pour le travail sur cette collection.

    RépondreSupprimer
  24. Je viens de finir le second épisode et j'ai pas mal aimé.
    D'abord, Gianni Garko est excellent dans son interprétation, son charisme à l'écran ainsi que sa gestuelle. Notre film ne semble pas avoir trop de budget mais il y a pas mal de figurants, de même que la réalisation, adroite, sait varier les angles du décor de la ville pour figurer une certaine ampleur.
    Le scénario est sympa, l'intrigue avance très vite et le tout demeure très rythmé, soutenu même.

    Bref, on a pas totalement l'impression d'être dans un western mais plutôt un film d'action qui avance, servi par une réalisation assez intéressante (quand certains se font abattre, la caméra fait mine de basculer pour souligner visuellement l'effet) et on en redemande.

    Carmineo avait déjà été assez inspiré avec La première scène des Rendez-vous de Satan, reprise ou pompée par De Palma d'après la rumeur, on peut lui prêter une réelle ingéniosité dans la réalisation, une aptitude à masquer le manque de moyens et un sens du rythme évident !!

    Gloire à lui et bravo à toi pour ce - vraiment - beau cadeau !

    RépondreSupprimer
  25. Les grands esprits se rencontrent.
    Je venais justement de lire un article sur la saga Sartana et ayant quelques jours de vacances devant moi je me disais qu'il serait interessant de regarder celle ci.Et hop voilà que tu nous mets à disposition l'integrale en HD.
    Grand merci

    RépondreSupprimer
  26. Merci beaucoup indianagilles pour cet intégrale sur Sartana.

    RépondreSupprimer
  27. Milles merci !
    Grand Blog !

    RépondreSupprimer
  28. merci Indianagilles tu nous a gaté avec cette saga Merci A+

    RépondreSupprimer
  29. Merci, vraiment une très bonne idée de réunir tous les Sartana et nous les proposer.

    RépondreSupprimer
  30. Je plonge dans cette saga maintenant,j'ai dévoré pas mal de westarn ces derniers temps,du très bon,et qui venaient d'ici pour la plupart^^
    Merci beaucoup pour ces 4 (films) de l'apocalypse !

    RépondreSupprimer
  31. Merci beaucoup pour le partage, la fiche superbe et la qualité du travail .
    John49

    RépondreSupprimer
  32. Merci pour ces soirées week-end avec SARTANA :)

    RépondreSupprimer
  33. Je découvre ces perles, mais mot de passe incorrect. Merci davance pour rectification.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hello. Le MDP est bien est toujours (à 99,99%) indianagilles (sans majuscule, tout attaché). Parfois, c'est le logiciel qui joue des tours, alors essaye 7zip.

      Supprimer
  34. Merci beaucoup pour cette centralisation !!!

    RépondreSupprimer