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dimanche 21 mars 2021

[Dossier] : Le doublage "Made in Roma" - 1ere partie : L'enquête + nombreux films en bonus

 

Je dédie cet article à Jean Louis,
ainsi qu'à sa formidable compagne Geneviève Hersent


Bon alors, autant vous prévenir tout de suite, le long, très long article, que vous allez lire aujourd'hui va vous révéler des informations tout simplement inconnues du public. Je ne suis pas journaliste, mais je ne pense pas me tromper en vous disant que j'ai réalisé un véritable travail d'investigation pour le coup.

Mais croyez-le ou pas, ce n'est qu'un amuse bouche ou presque, le gros morceau vraiment incroyable n'arrivera que prochainement. Car comme tout ça était déjà plutôt long, j'ai décidé de vous proposer ce dossier exclusif en deux partie. Cette longue et surprenante enquête sera en effet suivie par un entretien extraordinaire avec une personne qui l'est encore plus et qui, je suis sûr, ne pourra que vous passionner. Il vous sera sera proposé prochainement, ceci afin de vous laisser déjà un peu digérer déjà la longue 1ere partie qui sera plutôt nécessaire de lire pour mieux tout saisir de ce que vous aurez à lire.
Que vous vous intéressiez ou pas au doublage n'est pas vraiment le sujet, ni le plus essentiel. Parce qu'ici on va parler avant tout de cinéma, mais pas que et de nombreuses surprises vous attendront, il y aura du Sergio Leone, du Clint Eastwood et même de l'Adam West et du Charlton Heston. Non, non, je n'arrête pas mon char, c'est bien la vérité ! Mais ça, il faudra plutôt attendre l'entretien pour le voir.

Il est important de bien tout lire dans l'ordre afin de mieux apprécier tout ce que je vous livre aujourd'hui. Je sais que c'est long, alors prenez votre temps pour lire tout ça, digérez tranquillement les infos, ne survolez pas, sinon vous risquez d'être perdus. Pas besoin de tout lire d'un coup, comme en voiture, faites des pauses toutes les deux heures (!!!), reposez-vous bien, respirez fort, et reprenez la lecture. De nombreuses photos et illustrations devraient vous aider à ne pas trop vous faire loucher également et à rendre la lecture plus agréable.
Il y avait tellement d'informations dans tous les sens et les choses étaient parfois si embrouillées qu'il n'a vraiment pas été simple d'écrire un tel papier. J'espère être parvenu à me montrer suffisamment clair et à structurer ça de manière bien agencée, ceci afin que vous ne vous perdiez pas et que vous reviviez l'enquête comme si vous y étiez. Notez que l'article comporte énormément de liens sur lesquels vous pouvez cliquer et qui vous emmèneront directement sur certaines pages à consulter et qui pourront vous aider à mieux comprendre certains points. Mais cela sert avant tout de support et j'ai fait en sorte que le texte en lui-même ici se suffise.

Notez aussi que vous aurez même droit à de nombreux films bonus en tout genre à récupérer durant l'article, certains n'ayant pas été proposés ici auparavant, mais ne commencez pas à les cherchez, vous les trouverez tout naturellement en lisant l'enquête, alors nul besoin d'être pressés et laissez-vous surprendre !

Ça y est, vous êtes prêts ? Allez, on y va pour la 1ere partie de notre maxi-dossier.



 
Lorsque j'ai commencé ce blog, suite à la fermeture de la fameuse et inoubliable "Caverne des introuvables", je n'aurais jamais pensé être encore en train de vous écrire 10 ans plus tard.  Plus le temps avançait, plus je me suis mis à développer la partie éditoriale, il suffit de se rendre sur les plus vieilles fiches de repacks pour se rendre compte que j'y consacre beaucoup plus de place qu'auparavant. Je pense sincèrement que si j'avais dû me contenter de vous proposer de simple liens pour télécharger mes repacks, cela aurait fait belle lurette que j'aurais abandonné mon blog. Je me suis donc mis à faire des recherches de plus à plus approfondies, pour votre plaisir mais aussi le mien, jusqu'à me muter, toutes proportions gardées, en une sorte d'historien du cinéma amateur. S'en est arrivé au point que certaines sommités du genre se sont mis à me considérer comme "l'un des leurs" et m'ont même parfois consulté et demandé mon avis ! Si c'est plus qu'un honneur pour moi, je reste avant tout un amateur et un passionné qui a surtout la chance de parler Italien, ce qui me permet ainsi de me rendre directement à la source de bien des informations et qui, malgré de trop nombreuses fautes d'orthographe, ne se débrouille pas trop mal pour rendre ses textes plutôt vivants.

Très rapidement, vous avez dû vous rendre compte que je consacrais une place importante au doublage dans mes présentations. Comme le cinéma bis italien, c'est aussi quelque chose qui a tendance à être fortement méprisé, en particulier par une certaines "élite" parisienne. Comme je n'en fais clairement pas partie, je n'ai donc aucune honte à avouer mon admiration pour les nombreux comédiens de l'ombre qui, en ce qui me concerne, m'ont presque toujours fait croire que la planète entière parlait notre belle langue française, avec aisance et naturel. Depuis tout petit, je savais pourtant qu'il y avait des personnes qui prêtaient leur voix à de nombreux autres comédiens étrangers, je ne connaissais généralement pas leur nom, mais j'aimais les repérer : "Tiens ? C'est la voix de Hutch ! Tiens ? C'est la voix de Terence Hill ! Tiens ? C'est la voix de Roger Moore !" Pour l'enfant que j'étais alors, c'était un jeu avant de devenir une passion.
Un de mes premiers repack "important", fut celui du Texas (1969) de Tonino Valerii. Ce fut la première fois que je fus confronté à cette équipe de doublage français "particulière" et dont la plupart des voix m'étaient inconnues. Souvent moquée, cette VF très caricaturale a commencé à m'intriguer de plus en plus, car je découvris que cette même équipe se retrouvait sur de nombreux autres westerns italiens que je me mettais à repacker. Du coup, j'en ai souvent parlé dans mes présentations, j'ai creusé autant que j'ai pu pour obtenir des infos à ce sujet, mais je suis rapidement tombé dans des impasses. Dans tous les génériques français des films que j'ai pu trouver où sévissait cette équipe, il n'était jamais indiqué le nom de la société de doublage, ni  celui de ses comédiens, mais seulement celui du nom du directeur artistique du doublage. Les mêmes revenaient souvent : Yves Coste, Paul D'Alès, Pierre-Auguste Richard et parfois aussi un certain Jean Louis. Pour ce dernier, il se disait qu'il s'agissait du comédien français que l'on avait pu voir jouer dans quelques westerns italiens tels que On continue à l'appeler Trinita, Et maintenant on l'appelle El Magnifico, Django le bâtard, Son nom crie vengeance, Ramon le Mexicain... et qui semblait avoir freiné son activité au cinéma pour se consacrer au doublage, avant de tout simplement disparaitre totalement des radars.

Le mystérieux Jean Louis dans "Django le bâtard"

Parmi tous les comédiens entendus dans ces doublages, seuls deux d'entre eux ont vite été identifiés avec certitude : le Français Michel Bardinet et le Québécois Jean Fontaine, deux comédiens qu'on a eu l'occasion d'entendre sur des doublages de films très connus. Mais pour ce qui était des autres... Les deux comédiens étant décédés, il n'y avait malheureusement pas moyen d'aller les interroger au sujet de ces doublages.

Avant d'aller plus loin, je vais reprendre en gros ce que j'avais écris à l'époque sur la fiche de Jusqu'à la dernière goute de sang, car c'est un peu à partir de ce repack que j'ai vraiment commencé à mener une enquête un poil plus sérieuse :

Lorsque j'ai repacké Les Pistoleros du Nevada, j'ai pu découvrir sur le générique français de la VHS le nom de Paul D'Ales, crédité en tant que directeur artistique du doublage. Comme je ne m'étais pas encore lancé dans cette enquête, je n'ai pas fait une capture d'écran et je n'ai pas gardé l'enregistrement avec le générique en français. Par la suite, j'ai retrouvé ce même nom sur le générique français de Garringo. Mais  je n'avais alors pas découvert grand chose sur le monsieur, si ce n'est cette page sur IMDb, plutôt chiche en informations.

Garringo

Sur le master français de Jusqu'à la dernière goutte de sang, j'ai trouvé un autre nom, celui d'Yves Coste, que j'ai par la suite eu l'occasion de retrouver un peu plus régulièrement, puisque je le vis de nouveau sur les génériques de La malle de San Antonio, Tropique du Cancer ou encore W Django. Ces doublages n'étant pas très qualitatifs, je me suis mis à appeler ces doublages, "les doublages Yves Low Coste", ce qui était certes un peu méprisant, mais tout de même assez réaliste.

Jusqu'à la dernière goutte de sang
 
La Malle de San Antonio
 
W Django !
 
Tropique du Cancer

Yves Coste semblait avoir laissé un peu plus de traces que Paul D'Alès. J'ai tout d'abord découvert qu'Yves Coste était en réalité un pseudonyme de Guy Gibert... également connu sous le nom de Jack Guy ou encore Max Pecosas. Décédé en 2007 à 89 ans, il pouvait désormais difficilement nous livrer ses secrets, mais l'homme était connu par certains dans le milieu pour avoir dirigé des doublages de mauvaise réputation et généralement à bas coût, ce qui correspondrait tout à fait à notre profil.
Réalisé par et avec Guy Gibert !
D'après sa page IMDb
, qui s’avérait déjà bien plus fournie que celle de Paul D'Ales, il semblait avoir également beaucoup travaillé en tant que scénariste et producteur dans le cinéma underground et érotique. Il aurait notamment écrit et réalisé des films, que l'on devine bouleversants, telles que Les Baiseuses (1972), dans lequel il s'est d'ailleurs réservé un rôle sous son pseudonyme de Jack Guy, Tous les chemins mènent à l'homme (1974), Exaspération sexuelle (1976) ou Helga la fille esclave (1977). Tout un programme. Dans certains d'entre eux, on pouvait remarquer la présence au casting d'une certaine Josyane Gibert qui s'avéra être sa femme, mais curieusement, je ne l'avais même pas remarqué, mais nous reparlerons d'elle prochainement.
Si tout ceci ne nous en disait pas tellement plus sur son équipe de doublage, on pouvait toutefois se poser une autre question : Paul D'Ales n'était-il pas tout simplement un autre pseudonyme de Guy Gibert ? Paul D'Alès, Yves Coste, Jack Guy, Guy Gibert, Max Pecosas... Un peu comme le titre d'un de ses films, tous les chemins semblaient mener à l'homme. Et si c'était le cas, dans cette folie schizophrénique, on peinait un peu à savoir quel était réellement le nom du bonhomme.

Un dernier élément très intéressant était venu s'ajouter à tout ça : sur le film La Malédiction de Frankenstein (1972), alias Les Expériences érotiques de Frankenstein du réalisateur Jésus Franco, on pouvait trouver ceci dans les crédits : 


Le très rare et secret Guy Gibert
dans son film "Les Baiseuses"

Deux noms pour une même activité, mais mentionnés séparément. S'il ne s'agissait pas du même homme, ils se connaissaient bien et dirigeaient peut-être la même boite de doublage. Ceci dit, il n'était pas rare qu'une même personne utilise deux noms différentes dans des crédits. Peut-être pour toucher un double salaire, peut-être pour des raisons contractuelles... Bref, difficile de tirer de véritable conclusion à ce sujet.
Mes pistes s'étaient malheureusement arrêtées là, mais je pense que j'aurais dû creuser un peu plus déjà à l'époque. Comme il m'arrivait d'échanger via Facebook avec le comédien Claude Mercutio, qui a notamment doublé Nino Castelnuovo dans Le Temps du Massacre (1966) de Lucio Fulci, je suis allé lui demander s'il pouvait m'aider sur le sujet. En vain. Grand amateur de westerns italiens, il connaissait Jean Louis, mais ne l'avait jamais croisé dans aucune session de doublage. Jamais. Pourtant durant sa longue carrière, Claude avait travaillé dans pratiquement toutes les boites de doublages existantes sur Paris et avait croisé à peu près tous les comédiens qui exerçaient cette activité à l'époque. Et si cette société de doublage n'était pas parisienne ? Peut-être n'était-elle même pas française ? Pouvait-il s'agir d'une boite belge ou québecoise ? Après tout, Jean Fontaine, un des rares comédiens identifié, était lui-même Québecois et Guy Gibert avait participé à des productions belges.
 
Quand Indianagilles "loupait" forcément quelque chose...
 

Après des années à stagner, j'ai pu relancer sérieusement mon enquête grâce à de nouveaux indices. Récemment, j'avais finalement fini par trouver un générique français, celui de Alleluia et Sartana, fils de... (1972) qui, pour une fois, ne mentionnait pas le directeur artistique de la version française, mais le nom de la boite qui l'avait réalisée : P.B.A.. Et s'il était indiqué une autre information en tout petit à côté, la qualité d'image du DivX était si mauvaise que je ne pus réussir à déchiffrer ça. Une chose était sûre, c'était bien la même équipe de comédiens qui doublait dans ce film, j'étais devenu un expert en la matière ! Une autre chose était certaine : je n'avais absolument rien trouvé sur cette boite de doublage... Cela demeurait une indication intéressante malgré tout, mais c'est quelque chose que je n'ai jamais recroisé par la suite.


"Alleluia et Sartana, fils de..." Version française par P.B.A.

À peu près au même moment, je dénichais une autre petite information inédite. Il était inscrit sur générique de Bounty Killer à Trinita (1972), en plus du nom de Pierre-Auguste Richard croisé également à plusieurs reprises, le nom d'un studio d'enregistrement, celui de "Doublage International". Mais évidemment, je n'avais rien pu trouver à ce sujet non plus, surtout que le nom était assez générique. Mais quelque part, c'était une indice intéressant, le "international"pouvant indiquer que ces versions françaises étaient destinées à l'étranger.

"Bounty Killer à Trinita"

Ces nouveaux indices ne menait quand même pas à grand chose de concret et je commençais un peu à désespérer. C'est alors que l'ami David Gential, alias Fonzie, me remit subitement sur la voie grâce à une info capitale... J'avais souvent dit que ces doublages français ressemblaient un peu au style des doublages anglophones des films italiens qui étaient directement réalisés en Italie. Et bien figurez-vous que Fonzie m'apprit que ces doublages français étaient eux-aussi directement réalisés en Italie ! Le nom du studio d'enregistrement prenait tout son sens : les italiens enregistraient les divers doublages pour le marché international à domicile, très probablement pour des raisons de coûts. Ainsi, ils devaient logiquement faire appel à des acteurs français ou francophones qui résidaient alors en Italie, sinon l'opération aurait été financièrement peu utile.
Effectivement, en y réfléchissant bien, notre Jean Louis n'avait tourné que dans des films italiens. De plus, dans tous les films que j'avais eu l'occasion de voir avec lui alors en VF, il était doublé par d'autres comédiens français aux voix très connues : Denis Savignat, Jacques Richard, Jean Berger... N'était-il pas étrange que Jean Louis ne se double jamais lui-même alors qu'il faisait visiblement beaucoup de doublage ? Alors s'il ne s'en chargeait pas lui-même, c'était sans doute parce que les films dans lesquels il apparaissait étaient doublés sur Paris tandis que lui résidait en Italie. Et il n'avait probablement pas le temps de se rendre en France pour faire ça, comme bon nombre de ses camarades français que l'on pouvait souvent voir dans des films italiens, du genre Jacques Herlin, Jacques Sernas, Philippe Hersent, Martine Brochard, Edwige Fenech, etc etc... Qui sait d'ailleurs si ces derniers ne pouvaient pas avoir participé à quelques uns des doublages français venus d'Italie ?
Si Jean Louis avait dirigé de nombreux doublages, comme celui de Le Pistolero de Passo Bravo (1968), étant acteur, je l'imaginais mal se contenter de diriger sans jamais prêter sa voix aussi. Comme il avait participé à plusieurs westerns, je m'étais dit qu'il avait peut-être une sorte de position privilégiée, un certain prestige par rapport à d'autres comédiens de cette équipe, qui lui permettait de doubler les rôles les plus importants. C'est alors si je me suis demandé si ce n'était tout simplement pas lui qui doublait si souvent les premiers rôles et notamment le fameux Anthony Steffen, avec ce timbre un peu roque et ce phrasé si caractéristique. En tout cas, ça aurait été plutôt cocasse, car Jean Louis et Anthony Steffen avaient joués ensemble dans Django le Bâtard et dans Son nom crie Vengeance (VF introuvable pour ce dernier) et les deux fois Steffen descendait sans vergogne le pauvre Jean Louis ! Au moins, Jean Louis prouvait qu'il n'était pas rancunier...
Quoi qu'il en soit, puisque Jean Louis doublait d'Italie, et de Rome plus précisément, cela expliquait pourquoi l'acteur Claude Mercutio ne l'avait jamais croisé de sa vie sur aucun plateaux de doublage.

Django et Sartana

4 pour Sartana

Le Pistolero de Paso Bravo

L'énigmatique Jean Louis dans "Et Maintenant, on l'appelle El Magnifico".

Jean Louis dans "Ramon le Mexicain"


Jusqu'alors, quels étaient les acteurs qui avaient été identifiés à 100% dans cette équipe ? Comme je l'ai annoncé précédemment, je n'en avais identifié que deux avec certitude. Revenons un peu en détails sur eux :

Michel Bardinet
Identifié facilement, Michel Bardinet participa à énoooooooooormément de doublage français bien de chez nous également. Et vous savez quoi ? Entre 1966 et 1971, Bardinet avait travaillé et résidé en Italie.
Après avoir incarné en 1963 Bernard Talan, le fiancé disparu de la jeune infirmière «Janique Aimée» dans le feuilleton du même nom, l’acteur profita de cette notoriété pour accepter une proposition alléchante venant d'Italie. À Rome, il rencontra d'ailleurs sa seconde épouse, Grun Friberg, une suédoise avec qui il resta marier douze ans. Il tourna son premier film à Cinecittà, en 1966, Technique d’un meurtre, un thriller policier avec Robert Webber, Franco Nero, et José Luis de Vilallonga. Notons qu'il se double lui-même dans la VF. Vous pouvez télécharger un repack de ce film en cliquant sur son titre, le mot de passe est l'habituel : indianagilles.
Après cela, il apparaîtra dans une quinzaine de productions italiennes, parmi lesquelles : La Religieuse de Monza (1967) de Eriprando Visconti avec Carla Gravina, Tu peux ou tu peux pas ? (1969) de Pasquale Festa Campanile avec Catherine Spaak, Moi la femme ! (1971) de Dino Risi avec Monica Vittiou ou encore Viol en première page (1972) de Marco Bellocchio avec Gian Maria Volonté... On notera par exemple que, si comme dans Technique d'un meurtre il se double lui-même dans Meurtre par intérim (1971) de Umberto Lenzi, avec Ray Lovelock et Ornella Muti, ce ne sera pas toujours le cas dans sa période italienne. Ainsi, dans L'adorable corps de Deborah (1968) de Romolo Guerrieri, c'est Gabriel Cattand qui lui prête sa voix. En 1971, il retournera en France et il est donc logique qu'on l'entende aussi dans de sacrés doublages fait en France. On peut donc estimer son séjour italien de 1966 à 1971, si on en juge par sa filmographie, mais il semble avoir fait parfoit la navette jusqu'à Rome de temps à autres, car on l'entend toujours sur des doublages "Made in Roma" arpès cette pédiode. Dans ces doublages venu d'Italie, il doublait très souvent les méchants de manière (trop) caricaturale, il a d'ailleurs souvent prêté sa voix à Klaus Kinski sur ces doublages, comme sur La Vengeance est un plat qui se mange froid (1971) mais le rôle ne lui était pas systématiquement donné, puisque dans Nevada Kid (1971) il doublait alors Gordon Scott et non l'acteur Allemand à la place...

Au côté de George Hilton dans "L'adorable corps de Deborah"

Michel Bardinet dans "Meurtre par intérim"

 
Michel Bardinet dans "Technique d'un meurtre"
(cliquez sur le titre pour télécharger le film. MDP : indianagilles)

 
Jean Fontaine
Le second acteur identifié était Jean Fontaine, né en 1929 au Québec et décédé le 25 novembre 2011 en France. Pour lui, je n'ai rien trouvé quant à un éventuel séjour en Italie. Il faut dire que si vous tapez Jean Fontaine sur Google, vous avez plus de chance de tomber sur des histoires de cigales, de fourmis, de loups ou d'agneaux que sur les péripéties d'un comédien Quebecois en Italie...
Jean Fontaine devait être un sacré globe-trotteur puisqu'il a exercé son métier dans plusieurs pays : la France, le Québec, l'Italie... Il a également fait des doublages en langue anglaises, prétant sa voix à certains comédiens français comme Alain Delon dans la plupart de ses films. Deux de ses doublages français les plus célèbres sont indiscutablement ceux de Terence Hill dans Mon nom est Personne (1973) de Tonino Valerii, et de Malcolm McDowell dans Orange Mécanique (1971) de Stanley Kubrick, deux doublages du début des années 70 réalisés à Paris. Il a également prêté sa voix à de nombreux dessins animés, notamment Heidi où il est la voix du Grand-Père. Notons au passage que le doublage de ce dessin-animé a été réalisé au Quebec aux alentours de 1977, car c'est la date de sa première diffusion au Québec (la série n'est arrivée que deux ans après en France).
Dans les doublages "Made in Roma",, on lui confiait souvent des rôles importants. Ainsi, on peut le retrouver par exemple sur Giuliano Gemma dans Texas (1969), sur William Berger dans Une longue file de croix (1969) et sur Gianni Garko dans Bonnes funérailles amis, Sartana paiera (1970)... Il est un peu compliqué de savoir quand ces films sont sortis en France, les films arrivaient parfois des années en retard sur l'Italie, mais puisque le Sartana date de 1970, on peut donc légitimement se dire qu'il faisait toujours du doublage en Italie dans les années 70. Or, il a également fait un doublage "parisien", à peu près au même moment, puisqu'on peut l'entendre dans La Folle de Chaillot de John Gavin qui date de 1969. Jean Fontaine semblait donc faire régulièrement la navette entre la France et l'Italie pour pratiquer son métier. L'acteur demeure assez mystérieux et je n'ai d'ailleurs trouvé qu'une seule et unique photo pour l'illustrer et rien ne dit qu'il ne s'agisse d'ailleurs pas d'une erreur...

Une chose était certaine, Ni Michel Bardinet, ni Jean Fontaine n'était celui qui avait prêté sa voix à Anthony Steffen sur au moins 7 de ses films, c'est à dire Gentleman Killer (1967), Le Pistolero de Paso Bravo (1968), Les Pistoleros du Nevada (1968), Une longue file de croix (1969), Garringo (1969), W Django (1971) et Tropique du Cancer (1972).
J'avais pu identifier cette voix sur de très nombreux comédiens et c'étaient généralement des rôles très importants. Ainsi, il doublait Benito Stefanelli dans Texas, Gianni Garko dans La Nuit des diables, Claudio Cassinnelli dans Le cave sort de sa planque / Le Clan des pourris (1976), Craig Hill dans Clayton l'implaccable (1968) ou dans Jusqu'à la dernière goutte de sang, Ivan Rassimov dans La Vengeance est un plat qui se mange froid, Piero Lulli dans La Malle de San Antonio, Mark Damon dans 5 pour l'or de Los Quadros (1971), Robert Woods dans 4 salopards pour Garringo (1970), Antonio cantafora / Michael Coby dans Bounty Killer à Trinita, Ron Ely dans Alleluia et Sartana fils de...
Comme je l'ai exprimé plus haut et comme je l'avais aussi exprimé à l'époque sur la fiche de Le Pistolero de Paso Bravo, j'avais l'intime conviction que cette voix était celle de Jean Louis. Cette conciction fut renforcée lorsque j'ai découvert par la suite que son équipe avait doublé le western Demande pardon à Dieu, pas à moi (1968) dans lequel il apparaissait. Et devinez quoi ? C'était bien cette voix qu'il avait en VF... Logiquement, pour une fois que son équipe se chargeait du doublage d'un de ses films, il ne pouvait que s'être doublé lui-même, non ? L'occasion était trop rare pour être manquée de sa part. À noter tout de même que c'était un petit rôle et que l'on pouvait également entendre cette même voix dans ce même film sur un rôle plus important, celui de  Pedro Sanchez (Ignazzio Spala).

Jean Louis se doublait-il lui-même dans "Demande pardon à Dieu, pas à moi" ?
Bientôt la réponse... Enfin "bientôt"... C'est une façon de parler !




Il est à noter que, dans de nombreux génériques, le nom de Jean Louis était souvent associé à celui d'une certaine Annie Alberti qui signait elle aussi les VF. J'ai découvert par la suite que cette dernière était connue à la ville en tant qu'Annie Landry et qu'il s'agissait de la femme de l'acteur Gérard Landry, qui avait précédemment été marié à la grande Jacqueline Porel, grande dame du doublage, et était le père de Marc Porel, un acteur que les amateurs du cinéma italien doivent bien connaître.
Annie Alberti/Landry
vedette de romans-photo


Je me permets de faire un bon en avant dans mon enquête, mais j'ai découvert très récemment qu'Annie et son mari Gérard avait fait parti des acteurs ayant doublé dans cette fameuse équipe romaine. Ça ne devrait pas vous étonner si je vous révèle qu'Annie Alberti et Gérard Landry ont habité en Italie et que c'est dans ce pays qu'ils ont surtout fait carrière. Annie Alberti, comme son mari d'ailleurs, a d'abord été une vedette de nombreux romans-photo. Puis on l'a ensuite retrouvée, à la fin des années 50 et au début des années 60 dans une dizaine de films italiens. Vous pouvez d'ailleurs vous rendre sur sa page IMDB en cliquant ici. Il est à noter qu'elle a joué avec son mari dans trois films : Avventura in città (1959), Le Retour de Robin des Bois (1960), mais surtout Il Ribelle di Castelmonte (1964) où le couple tient tout simplement le premier rôle masculin et féminin.
Notons aussi que, et je viens à peine de l'apprendre au moment où j'écris ces lignes, qu'Artus a édité en 2016 Le Manoir Maudit (1963), un film d'épouvante italien type "Hammer" où Annie Alberti/Landry (créditée en tant que Annie Albert) tient carrément le premier rôle et même un double rôle.


Annie Alberti dans "Le Manoir Maudit", disponible en DVD chez Artus
 
Toujours au sujet d'Annie Landry, comme je vous l'ai dit, si elle a dirigé de nombreux doublages, on a également pu entendre sa voix pour doubler de nombreuses comédiennes. Je peux ainsi vous affirmer à 100% qu'Annie Landry était la comédienne qui doublait la célèbre Edwige Fenech dans la majorité des VF "Made in Roma" que j'ai pu entendre. Elle a même collaboré au scénario de deux de ses films : La Toubib aux grandes maneuvres (1977), ainsi que La Prof et les cancres (1978) !
Vous pouvez, si le coeur vous en dit, trouver pas mal des films avec Edwige Fenech, doublés en VF par Annie Alberti, sur la Cinémathèque du bis. Vous pourrez naturellement y reconnaitre également sans mal de nombreux autres comédiens de l'équipe romaine.

Par contre, si je sais que Gérard Landry a également pris part aux doublages "Made in Roma", je n'ai pas encore identifié sa voix avec certitude. Il est présent sur la VF de Suspiria (1977) de source sûre, reste à savoir sur qui. Les rôles masculins sont rares dans le film et, après élimination, je pense qu'il double soit Renato Scarpa (le Docteur), soir Rudolf Schundler (Le Professeur Milius), c'est ce qui semble le plus logique. Notons également que sa femme Annie double le premier rôle interpreté par Jessica Harper.

Quinto : à ne pas tuer
 

Jacques Herlin
Durant mes discussions endiablées avec Fonzie, ce dernier m'a parlé d'un long-métrage d'animation japonais sur lequel Jean Louis était crédité : Sans famille (1970). On pouvait trouver une fiche détaillée du casting vocal sur la fiche de l'excellent site sur l'animation Planète Jeunesse. Mais je n'avais pas encore ce dessin-animé en ma possession.
Ce long métrage d'animation avait donc été doublé par des membres de notre fine équipe italienne, et l'on pouvait notamment y retrouver l'inévitable Michel Bardinet. Un autre nom très intéressant figurait aussi dans les crédits, celui de Jacques Herlin. Lui aussi avait donc fait du doublage "Made in Roma". Je ne crois pas l'avoir reconnu dans d'autres doublages, mais il est en tout cas également présent dans le doublage d'un autre dessin-animé japonais nommé Bulles sous les mers (1970). Par la suite, j'ai du que l'acteur avait très souvent doublé, mais je ne suis pas encore parvenu à isoler sa voix dans les films live où sa voix est moins modulée.
Jacques Herlin travaillait lui aussi essentiellement en Italie à l'époque, puisqu'il s'y était installé en 1962, avant de revenir en France dans les années 80, suite à la crise du cinéma transalpine. On peut le voir, plus ou moins furtivement, dans tout un tas de films italiens, de tous genres confondus, westerns, drames, comédies... Comme Jean Louis, il ne se doublait pas lui-même dans les doublages faits en France. Comme lui, il n'avait sans doute pas le temps de venir jusqu'à Paris pour faire ça. Encore une fois, c'était logique puisque résidant à Rome et étant donné que sa notoriété en France n'était pas bien grande, on ne se souciait sans doute pas de le faire se déplacer jusqu'à Paris pour qu'il vienne se doubler lui-même. Le public ne le connaissait que trop peu, il ne connaissait pas sa voix, alors peu importe... Par contre, comme il était Français, il était souvent bien mis en avant sur les affiches et les génériques français des films dans lesquels il apparaissait. Décédé en 2014 à 86 ans, Jacques Herlin n'aura jamais cessé de travailler et aura tourné sous la direction des réalisateurs italiens les plus importants comme, excusez du peu, Sergio Sollima, Elio Petri, Franco Rossi, Duccio Tessari, Michele Lupo, Pasquale Festa Campanile, Stelvio Massi, Mario Monicelli, Federico Fellini, Enzo Barboni, Tinto Brass, Luigi Comincini, Umberto Lenzi, Giorgio Ferroni, Dino Risi, Lucchino Visconti, Mario Bava... mais aussi les réalisateurs français Julien Duvivier, Bernard Borderie, Edouard Molinaro, Philippe De Brocca, Claude Miller, Luc Besson, Albert Dupontel et même Didier Bourdon, Roger Hanin et Kad Merad (!), sans oublier le Britanique Ridley Scott et l'Américain James Ivory. Bon sang, si ça c'est pas une carrière de malade ! Et si Jacques Herlin jouait habituellement des petits rôles, avec son physique si particulier, et son visage malingre de petit moineau, il était impossible de ne pas le remarquer. L'un de ses derniers rôles marquants aura sans doute été celui en 2010 d'Amédée dans le remarqué  Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois.

Sans famille

Dans "3 Cavaliers pour Fort Yuma" (1966)

Dans "La Grande Bagarre" (1977)
(où un certain Michel Bardinet double Enzo Cannavale sur la VF de France)

Dans "Pour Paques ou à la Trinita" (1977)

Dans "Le Pont" (1981)


Mais revenons au générique de Sans famille. Vous n'imaginez pas encore à quel point ce dessin-animé aura une importance capitale pour la suite de notre enquête...
Un autre nom, qui ne m'était pas inconnu, apparaissait en tant que responsable de la version française celui d'un certain Pierre-Auguste Richard. J'avais déjà vu son nom à plusieurs reprises, il avait notamment dirigé les doublages de La Nuit des diables (1972), Bounty Killer à Trinita (1972) ou 5 pour l'Or de Los Quadros (1972). Ce qui était curieux, c'est qu'on pouvait noter également la présence d'un certain Pierre Richard sur le personnage de Capi. Pierre Richard ? Le fameux grand blond que tout le monde connaît bien aurait-il lui aussi fait du doublage en Italie ? En fait, non. Il s'agissait d'un homonyme. De plus, Pierre-Auguste et Pierre-tout court n'étaient en réalité qu'une seule et unique personne. Pourquoi faire simple...

Sans Famille

La Nuit des diables

Pour Django, les salauds ont un prix


Bounty killer à Trinita

La première fois que j'étais tombé sur ce nom, j'avais tenté de faire quelques recherches rapides, mais comme avec Jean Fontaine, allez taper Pierre-Auguste Richard sur Google, vous allez être servis et aurez toutes les chances de tomber sur des liens menant au Pierre Richard que nous connaissons tous et qui joue les grands distraits... J'avais vite laissé tomber sans trop me prendre la tête, sans doute parce qu'à l'époque, j'étais encore loin de vouloir trouver des renseignements à tout prix comme par la suite. J'étais encore sain d'esprit et cette histoire ne m'avait pas encore rendu dingo.

En admettant que tous les noms soient correctement identifiés sur la fiche de Planète jeunesse, il aurait suffit d'écouter le doublage du film Sans famille pour que je puisse enfin mettre des noms sur la voix de certains comédiens. Sauf que je n'avais pas encore ce dessin-animé entre mes mains pour m'aider à ça. La fiche de Planète Jeunesse parlait d'un autre dessin-animé doublé par la même équipe, Bulles sous les mers que l'on peut trouver chez notre ami DVD2FAN sous son nom initial de 30.000 lieux sous les mers. Longtemps avant, j'avais déjà constaté qu'il s'agissait de la même équipe, mais je n'avais pas pensé à creuser plus loin dans cette direction. En fait, je crois tout simplement que j'avais un peu oublié ça.
Petite précision avant d'aller plus loin : il semblerait que ces deux dessin-animés soient sortis en France en 1971. Mais ils étaient sortis juste avant en Italie et certains se demandaient d'ailleurs si les VF n'étaient pas basées sur les versions italiennes. Bref, nous avions encore là un rapport étroit avec l'Italie.
Revenons maintenant à notre fiche de Planète Jeunesse : les noms des comédiens étaient crédités et j'avais trouvé que l'un d'entre eux avait une voix et un jeu qui ressemblait pas mal à cette fameuse voix doublant Anthony Steffen. Mais ce n'était pas Jean Loui. Il était créditée ni plus ni moins que sous le nom de Pierre-Auguste Richard !
Il ne pouvait y avoir d'erreur sur l'identification des comédiens, car Arachnée, responsable des deux fiches, avait tout simplement trouvé ces informations sur les génériques français des VHS. Oui, pour une fois les comédiens étaient clairement indiqués avec leur rôle respectif sur le générique français. Des indices capitals.

Au fond des mers se trouvait aussi la première partie d'un mystère...

Cliquez sur la photo pour vous rendre sur la page de téléchargement du film
sur le blog de DVD2FAN, "un cinéma respecté".

La voix et le nom de Pierre-Auguste Richard étaient associés, mais bien que le timbre de ce comédien était plutôt proche de celle du comédien doublant entre autre Anthony Steffen, elle semblait avoir tout de même avoir quelques nuances... Je pensais tout de même qu'il s'agissait juste du même acteur qui variait un peu sa voix, comme on peut souvent l'entendre dans un dessin-animé.
Quoi qu'il en soit, j'étais reparti à la chasse du comédien sur Internet, cette fois plus sérieusement, car je sentais que je touchais au but. Mais comme avec la première fois, je n'ai pratiquement rien trouvé, si ce n'est une fiche IMDb où Pierre-Auguste Richard était crédité en tant qu'adaptateur de la VF du western 5 de l'or de Los Quadros. C'était vraiment mince, trop mince...


5 pour l'or de Los Quadros


Lors d'une de mes discussions avec Curd Ridel le magnifique, je lui ai fait part de mes découvertes quant au nom du bonhomme et cette histoire de doublage par des comédiens résidant en Italie. Il me rappela quelques heures plus tard en me disant : "Notre Pierre-Auguste Richard ne pourrait-il pas être ce comédien Français qui avait joué dans pas mal de films italiens dans les années 60 et qui s'appelait tout simplement Pierre Richard ?". Je n'en avais absolument pas entendu parler, mais un français qui jouait dans films italiens dans les années 60 et qui s'appelait Pierre Richard, ça correspondait quand même vraiment au profil recherché... Et si notre Pierre Richard "romain" avait fait rajouter son second prénom "Auguste" à cause du plus célèbre Pierre Richard qui commençait à se faire connaître dans les années 60, histoire d'éviter toutes confusions ? Mais déjà que je ne trouvais rien sur Pierre-Auguste Richard, alors avec Pierre Richard tout court, pour ne pas tomber sur le plus connu des deux, ça allait être compliqué... Sauf que Curd Ridel connaît vraiment tout du cinéma de ces années là (tant que c'est pas américain !) et m'a donné quelques titres français dans lesquels apparaissait le comédien.
Mon idée était la suivante : si je parvenais à trouver un film avec lui, de préférence français et en prise de son directe pour m'assurer qu'il ne soit pas doublé, je pourrais vérifier sa voix. L'un de ces films s'appelait Jerk à Istanbul (1967), également appelé Les Baroudeurs.

... et c'est à Istanbul que l'on pouvait trouver l'autre partie du mystère !


Curd avait vu le film, mais n'en avait plus aucun souvenir. Il se rappelait juste qu'il avait été attiré par le casting halléchantdu film, puisqu'il était composé de Michel Constantin, Anny Duperey (qui a, pour l'anecdote, était la voisine de notre Curd) et Pierre Richard... Sauf que ce n'était pas le Pierre Richard qu'il s'était attendu à voir à la base. C'est d'ailleurs grâce aussi à cela qu'il s'est souvenu de cet homonyme.
Ce qui est drôle, c'est que si vous tapez le titre du film sur Google, vous avez toutes les chances de voir dans le casting la photo du célèbre Pierre Richard à la place de celle du Pierre (Auguste) Richard du film. À noter la présence dans le film également de Jean-François Poron, comédien ayant prêté sa voix à Terence Hill dans le film Manoeuvres criminelles d'un procureur de la République. J'ai fini par trouver ce film, en bonne qualité en plus, et j'ai donc pu vérifier quel était le visage, mais aussi la voix de ce comédien totalement oublié et balayé dans l'histoire du cinéma par son célèbre homonyme...

Quand le net perd la (bonne) tête.
Pierre Richard avait un rôle important dans ce film-ci puisqu'il y jouait le grand méchant. Avec son physique à la Lino Ventura, il avait quand même une certaine allure. À peine un mot est-il sorti de sa bouche que j'en étais persuadé : il s'agissait bien de notre Pierre-Auguste Richard tant recherché ! Sa voix me semblait un peu différente quand même de celle de Steffen, mais c'était la même que celle du dessin-animé Japonais... Forcément, encore une fois je vous le rappelle, il s'agissait de deux acteurs différents. Mais ne mettons pas la charue avant les boeufs.
De ce que j'ai pu comprendre, Pierre-Auguste Richard avait surtout joué à l'écran des hommes de main, des gorilles, faisant essentiellement parler ses poings. Mais ce genre de rôle était sans doute un peu limité et c'est peut-être à cause de cela qu'il s'est essayé au doublage pour ne plus vraiment en sortir. En tout cas, il semblait avoir totalement arrêté de tourner dès le début des années 70. Sans doute avait-il continué de faire du doublage en Italie avant de se retirer totalement du milieu.

Si son nom a posé de nombreux problèmes, j'ai tout de même réussi à trouver un site qui a correctement répertorié les apparitions de ce comédien dans les divers films qu'il a tourné. Je vous invite donc à vous rendre sur cette page du site d'UNIFRANCE pour connaître sa filmographie. Le ite UniFrance m'a d'ailleurs été d'une grande aide, malgré quelques erreurs, il est bien complet. Je ne sais pas si cette filmographie est complète, mais on peut tout de même se rendre compte que l'essentiel de sa carrière à l'écran semble avoir eu lieu au milieu des années 60. On peut également noter qu'il a beaucoup tourné dans des co-productions italiennes. On peut ainsi le voir jouer dans Le Monocle rit jaune (1961) de Georges Lautner, où il se fait descendre au tout début sans avoir eu le temps de dire le moindre mot. On le retrouvait aussi dans l'Eurospy Baroud à Beyrout par FBI 505 (1965) de Manfred Köhler avec Fréderick Stafford. Dans la VF, il ne se doublait pas lui-même et était doublé par, ni plus, ni moins, que le grand Jacques Deschamps, voix française de Clint Eastwood dans les Sergio Leone.

Le grand brun avec deux chaussures noires dans "Jerk à Istambul"

Dans "Le Monocle rit jaune" de Lautner, Pierre Richard se la joue un peu "Tais-toi quand tu parles" !

Dans "Baroud à Beyrouth", si Pierre Richard perd sa voix, il n'a pas à s'en plaindre

Autre information très intéressante à son sujet, il eut également un rôle très important dans le film de guerre :  Tête de pont pour huit implacables (1968) d'Alfonso Brescia, au côté de Peter Lee Lawrence et le français Philippe Hersent. Je vous conseille de bien retenir le nom de ce film, car il aura tout une importance historique dans le doublage français "Made in Roma".
Mon ami Curd m'ayant fourni son enregistrement TV au master français, je pu constater que le film avait été doublé par nos amis français d'Italie et que Pierre Richard, tout comme Philippe Hersent, s'était naturellement doublés eux-mêmes. On pouvait d'ailleurs sentir que Philippe Hersent n'était pas tout à fait à l'aise dans cet exercice. Les crédits français me permirent également de voir que Pierre Richard avait signé l'adaptation française du film et qu'il était également crédité sous son nom "court" de Pierre Richard :

Philippe Hersent

C'est moi que t'as traité de "Tête de con pour huit incapables" ???


En épluchant encore un peu sa filmographie, j'ai constaté que durant sa carrière cinématographique, le bonhomme avait eu l'occasion de jouer avec bon nombre de comédiens connus pour avoir exercé dans le milieu du doublage. Rien que dans Jerk à Istanbul, nous avons droit à Jean-François Poron, ainsi que Jacques Balutin et Jean Clarieux. Sur les autres films, il a joué avec Georges Lycan, Yves Barsac, François Leccia, Jacques Bernard, Roger Carel ou encore Jean-Claude Michel... Peut-être que c'est en côtoyant ces nombreux acteurs qui auront avant tout connu une belle carrière dans le doublage, qu'il s'est lancé à son tour dans cette activité ? Simple supposition de ma part, bien évidemment.

Comme je vous l'ai dit, j'ai longtemps été persuadé de tenir mon Anthony Steffen français. Ma théorie qu'il s'agisse de Jean Louis était-elle donc fausse ? J'en avais été presque déçu tant j'avais cette profonde conviction en moi... En réalité, ce qui était faux, c'était que si Pierre Richard était bel et bien présent dans notre fameuse équipe romaine, il n'était toujours pas l'acteur avec cette fameuse voix tant recherchée ! En écoutant encore quelques-uns de ces doublages, je me suis rendu compte en effet que deux comédiens avaient une voix assez proches, mais néanmoins différente. J’eus de plus en plus de doutes quand j'entendis ces deux voix dialoguer parfois ensemble dans certains films. L'une était clairement celle que l'on entendait sur Anthony Steffen, tandis que l'autre était celle de Pierre Richard. Ce dernier avait un timbre plus aigu, la voix finissait plus "dans la gorge" (comprenne qui pourra !). Effectivement, j'avais trouvé que sa voix était un peu différente sur Jerk à Istambul aussi, mais je pensais que Pierre Richard forçait juste un peu sur sa voix pour doubler certains rôles. Mais non, il fallait me rendre à l'évidence, il s'agissait bel et bien de deux comédiens différents. Je peux désormais, les différencier sans aucun souci. Pierre Richard doublait des rôles généralement moins important que notre comédien star mystère. Ma théorie qu'il s'agisse de Jean Louis était belle et bien relancée... 

Qu'est donc devenu notre Pierre Richard Romain ? Étant donné son age dans les années 60, je pense qu'on pouvait facilement lui donner 40/45 ans, il est fort possible qu'il ne soit plus parmi nous, il aurait alors peut-être dans les 100 ans. Ne trouvez-vous pas ça triste que des personnes ayant pu participer autant à une industrie que nous aimons tant aient pu à ce point tomber dans l'oubli ? Certes, toute cette équipe nous a parfois fait saigner des oreilles, mais ils ont aussi fait parti, à leur manière, de l'histoire du cinéma bis italien.

Pour en terminer avec ce long chapitre consacré à Pierre Richard, je vous propose en bonus trois de ses  films à télécharger, il vous suffit de cliquer sur les titres en question pour récupérer les liens. Le mot de passe est, comme d'habitude : indianagilles.
Jerk à Istanbul est ainsi proposé dans une jolie copie HDTV, tandis que le fameux Tête de pont pour 8 implacables est un enregistrement TV plus floue, mais qui reste regardable. Enfin, vous pouvez récupérez aussi un repack de Baroud à Beyrouth, réalisé par je ne sais qui, mais que je remercie.

Je vous ai également mis un extrait sur ma chaine Youtube du premier film, car il faut bien qu'elle serve un peu à quelque chose de temps à autres la bougresse :

extrait de Jerk à Istanbul

 

Avec Pierre (Auguste) Richard, j'étais tellement persuadé d'avoir enfin résolu le mystère de la fameuse voix de Steffen que la déception fut assez grande lorsque je me suis rendu compte de ma terrible erreur. Et en même temps, j'avais tellement toujours eu cette certitude qu'Anthony Steffen était doublé par Jean Louis que j'en étais presque heureux ! Je n'avais quand même pas non plus perdu mon temps, puisque j'avais tout de même identifié avec certitude un autre comédien important de notre bande d'exilés. Je sentais quand même que je m'approchais de plus en plus du fin mot de toute cette histoire. L'enquête reprenait donc, elle n'allait pas tarder à s'achever de manière surprenante...

Comme je l'ai dit plus haut, d'après la fiche de Sans famille (1970), le comédien Jean Louis était crédité sur rôle du singe Joli Cœur. Mon idée était la suivante : si je parvenais à mettre la main sur une copie de ce film, j'aurais pu écouter la voix du comédien et savoir s'il s'agissait enfin de celle que je cherchais tant à identifier ou pas. Mais ça ne semblait pas si simple à trouver. Et Arachnée de Planète Jeunesse ne l'avait plus en sa possession.
C'est finalement DVD2Fan et VirDaucalis, que je ne remercierai jamais assez pour cela, qui m'ont procuré récemment une copie VHS du film. Enfin, j'allais tout savoir ! Tout de tout ! Peut-être même qui de la poule et l'oeuf avait débarqué en premier ! Hum... je memballe, désolé.
J'ai vite cherché Joli cœur dans le film et là... malédiction ! Jean Louis doublait le personnage avec une voix totalement modifiée à la Mickey Mouse ! Si j'ai néanmoins cru déceler certaines intonations, il m'était quand même difficile d'affirmer quoi que ce soit. Déjà que je m'étais trompé avec Pierre Richard... Et puis j'avais tellement envie de croire à ma théorie Jean Louis / Anthony Steffen que j'étais peut-être juste en train de m'auto-persuader d'avoir de nouveau touché au but. Il fallait me rendre à l'évidence, il était clairement impossible de certifier qu'il s'agissait de la bonne voix. Pas de chance, vraiment !

Cliquez sur la photo pour vous rendre sur la page de téléchargement du film
sur le blog de DVD2FAN, "un cinéma respecté".

Sans famille

Déçu mais pas vaincu, j'ai alors observé de nouveau les noms qui apparaissaient sur le générique français de la VHS et qui avaient été rapportés sur le site de Planète Jeunesse :  Michel Bardinet, Jacques Herlin, l'inévitable Pierre Richard... On pouvait d'ailleurs très bien reconnaître ce dernier sur divers rôles. À se demander comment j'avais pu un jour confondre sa voix avec notre comédien mystère...
Deux autres noms étaient crédités, deux noms d'actrices : Geneviève Hersent et Geneviève Gerald. Il était temps que je m'intéresse un peu à la gente féminine, quand même. Geneviève Hersent... Pouvait-elle avoir un lien avec Philippe Hersent, cet acteur français ayant lui aussi fait une belle carrière en Italie et que l'on avait notamment pu voir jouer au côté de Pierre Richard dans Tête de pont pour 8 implacables ? Il y avait fort à parier que oui.
Lorsque j'ai entendu la voix de Geneviève Hersent sur le rôle de Remy, j'ai cru reconnaitre cette voix : il s'agissait peut-être bien de l'actrice que j'avais entendu sur divers enfants, comme dans Garringo, où elle avait peut-être été la voix du personnage de Peter Lee Lawrence quand il était enfant. Mais je n'en étais pas tout à fait certain non plus.
Je suis ensuite allé écouter la voix de Geneviève Gerald. J'ai trouvé sa voix étonnamment proche de celle de Geneviève Hersent... Elle faisait plus adulte, ce qui était logique, puisque son personnage était celui d'une adulte. Ben oui, Monsieur Lapalisse ! Ah, bon sang ! Voilà qu'après l'affaire Pierre Richard vs Jean Louis, nous avions cette fois droit à deux comédiennes ayant une voix très proche l'une de l'autre ! Le combat des Geneviève ! Pfffff, décidément, on ne me facilitait pas la tâche. Mais j'avais également entendu cette voix dans de nombreux westerns, comme par exemple sur l'actrice Adriana Ambesi que l'on peut voir dans Le Pistolero de Paso Bravo. Chouette, encore une voix sur laquelle on pouvait désormais donner un nom avec certitude.

J'ai lancé de rapides recherche sur les deux comédiennes. Chacune semblait avoir fait peu de films. J'ai trouvé cette page sur Geneviève Gérald où il était indiqué qu'elle avait tourné dans le film Les Révoltés de Lomanach (1954), film dans lequel avait tourné également un certain Roger Rudel, bien connu par les amateurs de VF pour avoir prêté avec tant de talent sa voix à Kirk Douglas. Geneviève Gerald semblait avoir un rôle secondaire sur ce film, son nom n'étant pas présent sur l'affiche. Il n'y avait malheureusement pas sa photo sur la page d'UniFrance consacrée au film. Quant à Planète Jeunesse, sa voxographie rapportée ne se contentait que de deux dessin-animés déjà cités, Sans Famille et Bulles sous les mers. Quand au site IMDb , s'il référençait une Geneviève Gerald, c'était une homonyme et pas de la bonne époque.
Pour ce qui est de Geneviève Hersent, Planète jeunesse ne la créditait que pour son rôle dans Sans Famille et rien d'autre. Quant au site UniFrance, il ne la connaissait pas. Par contre, elle possédait une page IMDb. Si elle était très peu fournie, il y avait pourtant quelques informations très intéressantes à noter : le seul film pour lequel elle était crédité, La ligne du fleuve (1976) était un film italien. Comme par hasard... Mais ce n'était pas tout. On pouvait voir qu'elle avait été également "publicist", ou plutôt attachée de presse, sur le film Pour une poignée de dollars.


J'ai continué à fouiller un peu et je ne peux même plus expliquer comment j'en suis arrivé à cette nouvelle étape, mais j'ai trouvé confirmation que Geneviève était l'épouse de notre Philippe Hersent, et mieux encore, je suis tout simplement tombé sur son CV. Et là, que de révélations et de confirmations !
Pour commencer, j'ai pu constater que Geneviève Gérald et Geneviève Hersent étaient tout simplement la même et unique personne... Forcément que leurs voix étaient proches !!! Et était-ce vraiment une surprise d'avoir deux noms pour la même personne ? Sûrement pas, vus le nombre de pseudonymes que j'avais trouvé au fur et à mesure dans mon enquête. Peut-être étaient-ils tous schizophrènes, ces acteurs !
Autre chose : Geneviève avait bien été l'épouse de Philippe Hersent jusqu'à son décès en 1982.

Le couple Hersent excellait également dans l'art de l'épée

En épluchant le CV de notre Geneviève, je pus vite constater qu'elle avait plusieurs sacrées cordes à son arc. Des cordes en or ! Elle avait été actrice "live", avait fait du doublage, avait été traductrice, mais avait également été journaliste et attaché de presse, d'où le fameux crédit sur Pour une poignée de dollars relevé sur IMDb. En réalité, Geneviève n'était pas qu'attachée de presse sur ce film... mais carrément pour Clint Eastwood en Italie !
Il était également indiqué qu'elle avait énormément travaillé en Italie, ce qui était une fois de plus tout à fait en adéquation avec ce que j'avais découvert sur nos amis comédiens précédents. Beaucoup plus surprenant, il était indiqué qu'elle avait fait du doublage pour des versions italiennes et anglaises également.  :

 


Toutes ces informations étaient très intéressantes et précieuses. Vous noterez que notre fameux Sans Famille, était même indiqué...
Elle ne semblait plus du tout exercer d'activités dans le domaine du cinéma et, depuis son retour en France, elle travaillait désormais dans un domaine très différent et spirituel.
Mais le plus beau dans tout ça, c'est que j'avais trouvé les coordonnées de notre Geneviève. Là, je ne me suis pas longtemps posé la question, je l'ai contactée en espérant que les données étaient encore valides. Et ça pour l'être, elles l'étaient !
Je lui ai brièvement parlé de ma petite enquête, du fait que j'avais trouvé son CV, etc, etc.. Et je lui ai également demandé si elle avait des informations à me communiquer sur les acteurs avec qui elle avait travaillé en Italie et si elle avait également des informations sur le fameux Jean Louis. Geneviève m'a répondu très rapidement. Et c'est là qu'on se rend compte qu'il ne faut pas qu'avoir du flair et de la logique dans la vie, il faut aussi avoir de la chance. Car les miracles arrivent parfois : non seulement notre Geneviève avait des renseignements sur Jean Louis, mais en plus... elle était tout simplement sa compagne depuis de nombreuses années ! IN-CRO-YA-BLE. J'avais donc retrouvé Jean Louis presque par hasard, en retrouvant Geneviève, ce qui confirme ce que je me tue à répéter sans cesse : que serions-nous et que ferions-nous sans les femmes ?

"Ouvrir la mer en deux, t'appelle ça un miracle ? Va retrouver Jean Louis et on en reparlera !"

Maintenant, je dois vous informer d'une triste nouvelle, une nouvelle que j'ai eu l'autorisation de vous dévoiler par Geneviève elle-même. Lorsque j'ai pris contact avec elle, Jean Louis était toujours parmi nous. Mais il était très malade et était tous simplement en train de nous quitter. J'étais arrivé trop tard... Geneviève a été incroyable car elle avait sans doute bien mieux à faire que de parler à ce drôle d'individu qui venait la questionner sur son passé et celui de son malheureux compagnon. Et pourtant, elle a été plus que disponible pour moi et pour vous. La vérité c'est que Geneviève est une femme incroyable, forte comme un roc, elle ne se laisse jamais abattre. Un vrai modèle.
Je pense que mon étonnante arrivée dans sa vie est par contre arrivée à point nommé pour l'aider dans sa terrible épreuve et son deuil. Je l'ai en effet soutenue à ma manière en lui faisant parler de l'incroyable et étonnant passé de son compagnon et le sien. Jean Louis nous quittait, mais ce qu'il avait accompli durant sa carrière allait en quelque sorte renaître et perdurer, j'en étais devenu un peu inattendu messager qu'il lui fallait. Et vous allez bientôt vous rendre compte à quel point Jean Louis, ainsi que Geneviève, ont eu une place étonnamment importante et privilégiée dans l'univers du cinéma, et pas que.
Quand on y réfléchi, toute cette histoire, toute cette enquête... c'est tout simplement assez fou. Car à la base, je voulais juste en apprendre un peu plus sur cette fameuse VF de Texas, une VF pas forcément très recommandable qui a même souvent été moquée par beaucoup, y compris par moi-même. Ah, la fameuse voix de grand-père du terroir d'Antonio Casas !
En entendant cette équipe de comédiens doubler de nombreux autres films italiens, je suis devenu toujours plus curieux et j'ai fini par m'attacher à eux, pour le meilleur et pour le pire. Car il ne faut pas que Geneviève m'en veuille, mais ils n'étaient pas toujours tous très bons ! En tout cas, ils nous ont livré des doublages souvent très inégaux, en particulier sur les films plus anciens comme les westerns. Et si la qualité s'est améliorée par la suite, il suffit d'écouter la VF de Suspiria (1978) pour s'en rendre compte, c'est aussi pour une raison précise : Jean Louis avait repris les choses en main pour les faire bien progresser. Les VF ont été faites de manière plus professionnelle, elles sont devenues moins caricaturales que celles que nous livraient à la base Guy Gibert et Pierre Richard, ses prédécesseurs, en tout cas pour ce que j'ai pu en constater. Mais tout ça, sera développé par la suite, grâce à un entretien exclusif et incroyable avec notre amie Geneviève que je ne remercierai jamais assez pour les innombrables mails que nous avons échangé et que nous continuons d'ailleurs de nous échanger encore, avec un plaisir toujours plus décuplé.

Et en plus, Geneviève Hersent "croque" ! Une Artiste, avec un grand A !

Portrait de Philippe Hersent par Geneviève Hersent / Gerald

Le passionnant entretien que vous serez amenés à lire prochainement est en réalité composé de très nombreux mails que j'ai réorganisé afin que tout soit clair, structuré comme il se doit et bien plus agréable à aborder. Le résultat est d'une richesse inouïe, fourmillant d'anecdotes et de détails comme je les aime, des infos inédites, drôles, émouvantes... Jamais je n'aurais imaginé que tant de choses pouvaient se cacher derrière tout ça. Je me sens comme un gars qui aurait trouvé un puit de pétrole en creusant un peu par hasard. C'est en tout cas un grand honneur pour moi et mon petit blog d'accueillir prochainement un entretien aussi exceptionnel.
Je vous donne donc, avec Geneviève Hersent, rendez-vous prochainement. Et j'espère que vous aurez tous une petite pensée émue pour elle et son Jean Louis qui nous aura finalement quitté, en toute discrétion, la nuit du 30 au 31 décembre, soit le dernier jour de cette maudite l'année 2020. Philippe lui, s'en était allé le 30 décembre 1982. Comme un symbole...

À suivre...

42 commentaires:

  1. Passionnant! Je n'ai pas fait de pauses, j'ai dévoré ton article en une fois, quel travail tu as accompli, bravo Indy pour ta persévérance.
    J'ai hâte que tu nous poste l'entretien avec Geneviève Hersent :) :) :)

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  2. WOW !
    J'ai rien d'autre à dire que WOW !
    Un énorme BRAVO et un très grand MERCI pour ce qui n'est que la 1ère partie.
    Tout d'abord, j'aimerais adresser mes plus sincères condoléances à Mme Hersant. Ce doit être terrible de perdre son doux moitié à la même date (en l’occurrence la St-Sylvestre) à une quarantaine d'années d'intervalle. Mais tu l'as dit, elle est un Roc qui mérite le Respect et l'Admiration et cela me fait encore plus trépigner d'impatience pour cette entretien qui, en plus d'être indispensable, promet d'être fondamentalement instructif sur ce qui fait l'Histoire de la Post-Synchronisation (l'interview de Jacques Bernard sur Objectif Cinéma était déjà instructif sur ces doublages à bas-coût).
    Aussi, c'est dingue de se dire que la pratique continue encore de nos jours avec les VF réalisées en Belgique, au Maroc, en Espagne...

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    1. Oui, c'est troublant comme date... Je lui transmettrai en tout cas si elle ne le lit pas ici.

      Mais tu vas voir, ce sera loin de parler que du doublage. Vous risquez d'être vraiment tous très surpris. En tout cas, cette première partie c'est vraiment rien par rapport à ce qui vous attends. Et je promets que ce n'est pas pour faire monter la hype, c'est la vérité !
      Et c'est encore plus long que l'enquête elle-même... !

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    2. Je te crois et te fais totalement confiance.
      D'ailleurs, les meilleures enquêtes sont celles qui vont au-delà du Sujet.

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  3. WOAW!!! Voilà de la lecture qui promet d être passionnante. J y reviendrai certainement par la suite...
    Par avance, je te remercie pour ton travail titanesque. Décidément, tout ce que tu auras apporté aux amateurs de cinéma bis, c'est phénoménal.

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  4. Bravo et un très grand merci pour cette excellente 1ère partie.

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  5. Quel travail de recherche de titan!!! Si toi t'es pas un passionné du doublage!! Félicitations !

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  6. Un travail remarquable et impressionnant !
    Une mine de trésor cette article.

    Bravo ! Hâte de lire la suite :-)

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  7. Je suis revenu, j'ai lu, et je suis repu. Sacrée enquête qui trouve son point d'orgue de manière très touchante au final !
    Même si malheureusement tu as raté Jean-Louis, il demeure quand même un très beau lot de consolation en la personne de son épouse. J'imagine qu'elle doit avoir beaucoup de choses à partager...
    C'est tout de même intrigant ces doubleurs "de seconde zone" qui ont divers pseudonymes... je ne comprends vraiment pas l'intérêt puisque ils ne sont pas connu du grand public ?
    Peut-être aurons-nous la réponse dans cette interview à venir...
    Merci encore. Tu parviens à rendre captivant un sujet qui, personnellement, ne m'intéresse pas plus que ça.

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  8. merci pour ce travail de stackanoviste et d'érudit. j'en garde un peu pour toute la semaine. c'est vraiment très cool de nous partager toute cette passion fantastique qui t'anime. bravo et vivement la suite !

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  9. comme toujours, tu as su nous captiver à tel point qu'on a hâte de lire la suite. c'est passionnant de bout en bout, justement parce que c'est un sujet (le doublage, principalement) n'est quasiment jamais évoqué. Et redonne envie de (re) découvrir les films en français, et le travail de ces comédiens. (même si je préfère de loin les v.o.). Et puis enfin mettre, avec certitude, un visage sur ce Pierre Richard qui ne pouvait être "le grand blond" et que j'avais cherché à identifier sur le "Jerk à Istanbul", c'est l'info de "ma" soirée. merci pour cette enquête que moi aussi, j'ai lu d'une traite, qui m'a fait retourner sur "unifrance" où malheureusement les filmo sont très sélectives... mais qui permettent de mettre des visages sur des noms (ou inversement) dont le fameux Pierre Richard.

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    1. Pour être franc, je ne suis pas sûr que ce sont ces VF là que tu dois aller écouter en priorité ^^

      Ceci dit, encore une fois, je pense que tout cela sort largement de la sphère du doublage, c'est avant tout une recherche sur des comédiens et le système si particulier des italiens et de la co-prod. Le doublage n'a été qu'une porte d'entrée pour découvrir beaucoup d'autres choses. Mais vous vous en rendrez vite compte avec l'entretien à suivre... Wait and see comme on dit...

      En tout cas, ça me fait plaisir d'avoir levé un certain mystère sur Jean Louis et Pierre (Auguste) Richard.

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  10. Passionnant !

    On retrouve là deux de tes énormes qualités de cinéphiles qui nous avait déjà éblouis : ton aptitude à rendre justice à des comédiens de talents quelque peu oubliés, hélas, ainsi que ton sens incommensurable de l'exhaustivité.
    Cette dernière qualité était quasiment tout le temps absent de la presse professionnelle.

    On ne peut également que fortement admirer le fait que tu te sois livré à un travail de fourmi, et cela pendant des années, en recoupant des faits, des indices même, à travers des éléments aussi tenus que des génériques de k7 vidéo !
    Qui peut faire mieux ? Les profilers du FBI peut-être ?

    Tes déductions, savantes, sur les doublages italiens demeurent très pertinentes, mais également diablement enrichissantes. A titre personnel, et bien qu'appréciant également beaucoup les doublages de ces films italiens de cette période-là, une qualité qui semble avoir disparue pour des productions contemporaines d'un calibre équivalent, j'ai suivi plus particulièrement la carrière de Jean Sorel.

    Or, Jean Sorel avait réalisé énormément de doublages des films qu'il avait tournés en Italie en langue française, alors qu'il vivait en Italie ! J'en étais arrivé à la même déduction.

    Maintenant, ce sera un grand, grand bonheur que de lire l'interview, que l'on devine, passionnante, pleine d'émotion, d'anecdotes, de mise en perspective de ce métier, qui ne devait représenter, somme toute, qu'une fibre du talent d'artiste de Geneviève (la preuve en peintures).
    Je présume déjà que cette existence artistique, se rendre dans d'autres pays, y travailler, en revenir, nous fait diablement rêver, nous qui sommes, à cause de cette époque, terriblement sédentaires.

    J'attends donc avec impatience de lire ce que cette grande Dame pourra bien nous conter.

    En attendant, bravo à toi, cher Gilles, dont l'immense talent continue à rendre justice à ces talents, sans la pesante hiérarchie culturelle des Médias dominants, et qui fait beaucoup, beaucoup, pour la reconnaissance de ces talents.

    Quel dommage que tu ne fut pas professionnel il y a de cela vingt ans dans un média de genre !

    Bien à toi.

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    1. Merci !
      Sinon honnêtement, je pense que les doublages actuels sont bien plus pro et mieux fichus que ceux d'avant, mais il y a une bonne part de nostalgie qui nous fait parfois croire le contraire. Mais ils avaient aussi plus de libertés, ce qui peut donner quelque chose de franchement meilleur comme de franchement plus mauvais aussi, tout dépend du film et du talent du comédien.
      Pour Jean Sorel, je crois justement qu'il ne s'est jamais doublé et je ne crois pas qu'il ait fait du doublage avec tous les autres français expatriés. Vous verrez une sacrée liste dans l'entretien, avec des noms connus et d'autres parfaitement inconnus au bataillon d'ailleurs.

      Sinon je peux te confirmer que Geneviève elle sait tout faire ! C'est trop !!!

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  11. Grand merci pour tes commentaires cinéphiliques. Excellent travail

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  12. Passionnant ! Vite ... la suite. merci Indi

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  13. Un très grand merci pour ce travail d'investigation et de rédaction de cette article qui donne très envie dans savoir plus. J'ai lu la moitié et je me suis plongé dedans avec l'impression d'être dans le dernier Joel Dicker ^^. Un vrai bonheur de lire toutes ces anecdotes... Je mis remet ce soir.

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  14. C'était super instructif. Bravo pour ta ténacité et vivement la suite !
    Martin Dollman

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  15. Passionnant du début à la fin, merci de nous faire partager ce gros travail d'investigation sur une profession très méprisé de nos jours par une certaine élite. Je persiste à te dire qu'il faudrait sortir un livre, ça serait un bel hommage à ces comédiens de l'ombre. En attendant encore merci et vivement la suite.

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  16. Réponses
    1. C'est vrai ! Même si je me serais bien passé de cette triste nouvelle.

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  17. Merci de ce travail parfaitement documenté et si bien présenté. J'avais déjà lu avec beaucoup d'intérêt une de tes chroniques où tu parlais de cette notion de VO si chère aux puristes (j'en connais...). C'était dans le cadre du repack des films de Sergio Leone je crois.
    En ce qui concerne les aspects techniques du doublage, il existe un article Wikipédia assez intéressant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Doublage
    La seule chose que je regrette, c'est de ne pas savoir, quand je regarde un film, s'il a été réalisé en prise de son directe, ou s'il a été post-synchronisé.
    D'ailleurs, je n'ai aucune idée de la proportion de films réalisés dans l'un ou l'autre mode, et si un mode tend à supplanter l'autre.
    Encore merci, en attendant la suite.

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    1. On entend normalement la post-synchro. Et la plupart des films en prise de son directe ont également de nombreux passages postsynchronisé (par les mêmes acteurs ou pas). Aujourd'hui, je pense que pratiquement tout le monde fait de la prise de son directe, Italie comprise, avec quelques passages redoublés à cause d'un problème de son sur quelques phrases.

      Si tu veux t'amuser à entendre un film en prise de son directe entrecoupé de nombreux passage postsynchronisé, regarde La Folie des Grandeurs. La plupart des acteurs ne sont pas français, tu noteras que le son n'est pas tout à fait pareil quand De Funès parle par rapport à Don César ou le Roi par exemple (qui sont un italien et un espagnol, doublé par Dominique Paturel et Bernard Woringer)

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  18. Merci pour tout ce travail immense ! Très intéressant cet article, vivement la suite !!
    Tu ne voudrais pas envisager d'éditer tout ça sous format papier, sur un truc genre Fanzine par exemple ? Histoire que ça soit graver sur du dur.

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    1. Qui sait... Il y aura peut-être quelque chose de plus solide un de ces quatre ;)

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  19. Merci pour cette enquête passionnante ; tu as réussi à me tenir en haleine avec un article sur un sujet (le doublage) qui a priori n'est pas ma tasse de thé. Rien que les infos sur Pierre (Auguste) Richard valent le détour. Je me souviens quand j'étais plus jeune avoir écarquillé les yeux pour tenter de reconnaitre notre "distrait" national sous les traits d'un brun renfrogné aux cheveux courts...
    Bravo pour ta ténacité ; j’attends la suite avec impatience !

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    1. Mais c'est peut-être aussi parce ça ne parle finalement pas vraiment de doublage tout ça. Le doublage c'est un peu la porte d'entrée qui permet de parler des comédiens, des films, du système italien... Mais ça se verra encore plus dans la 2eme partie, vous verrez. Pour moi, cette première partie c'est vraiment une intro qui permet de mieux saisir ce qui va suivre sur certains points.

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  20. PASSIONNANT !!! PASSIONNANT !!! PASSIONNANT !!! Milles merci Gilles pour cette première mise en bouche plus que savoureuse, un vrai régale pour tout passionné de cinéma Italien et de doublage... Une pensé à Geneviève et ses défunt mari ainsi qu'à tout ceux qui ont été cité comme Pierre Richard 1er. Vraiment je pense parlé au nom de tous ceux qui un pris le temps de lire cette enquête pleine de digressions comme je les aimes et qui au final nous ramène c'est bien connu à Rome car tous les chemins mènent à Rome, comme tout le monde le sais ^^... Vivement la suite !!! Tout ça mériterai un doc, un livre, et pourquoi pas dans mes rêves un film lol.

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    1. Ah ouais, carrément un film ^^ Bon allez, on va commencer à faire la tournée des producteurs français. On va leur dire que ça s'appelle "Bienvenue chez les Roms", sur un malentendu, ça peut passer :D
      Merci à toi et à vous autres pour ces retours plus que chaleureux.

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  21. Nom de Zeus! Chapeau. Quel artile et très informatif, un sujet si profond qu'on pourrait y plonger pendant des heures. Merci et je suis déjà prêt pour un prochain. Sache que tout ton boulot n'est pas vain et est très apprécié de bon nombre de cinéphiles. Merci encore.

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  22. Incroyable !

    Merci pour tout ce boulot et bravo Je pense que tu peux d'ores et déjà indiquer à Mme Hersent que ce premier article a été très bien reçu et a passionné beaucoup de monde dans cette petite communauté, au vu des commentaires des copains ici.

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  23. Vraiment passionnant je l'ai devoré en 1/4 d'heure,ça à dut etre un sacré boulot.Merci encore

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  24. Et bien, ce que vient de nous produire notre Indy (inter)national est tout bonnement fabuleux, et à coup sûr unique, inédit dans cette forme. Prosternez-vous, mortels !
    2 relectures - donc 3 en tout - et il me faut y revenir, encore et encore.
    Merci Gilles-le-Premier.

    Gilles R "LeSioux"

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  25. Vos réactions font vraiment plaisir. Je me demandais si ça allait vraiment pouvoir intéresser quelqu'un d'autre que moi, il semblerait bien que oui !
    Du coup, personne ne parle des films que j'ai placé ici et là en fourbe pour vous appâter ! Merci donc à vous tous.

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  26. Félicitation ! C'est absolument passionnant, j'adore ce travail d'investigateur à rebrousse-temps qui replonge ds les traces d'un passé obscur et pourtant pas si lointain. Rosebud : il reste encore des signes pour qui sait les lire. merci de nous avoir fait partager ta recherche et tes trouvailles. Un mot encore : bravo pour la forme de ton article, les allers-retours, les digressions, les coups de théâtre, les rencontres, la chaleur humaine que tu fais passer. C'est remarquable.

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    1. Merci ! La suite vous réserve encore de très nombreuses surprises, soyez en sûrs ;)

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  27. Très sympa de suivre cette enquête passionnante, on reconnait bien là ta pugnacité !
    Tu évoques la chance d'être tombé sur Geneviève: mais il en faut toujours un peu dans ce genre d'investigation. Et puis surtout, avant d'avoir trouvé cette personne déterminante, c'était plutôt compliqué et justement pas vraiment chanceux !!
    La question maintenant est de savoir si en 2070, un Blogger fou effectuera une recherche sur les doubleurs français des films (ou séries) des années 2020 ;).
    Il Ritardario.

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    1. Je ne pense pas parce que, premièrement, la Terre aura explosé, soit détruite par l'homme, soit pas les extra-terrestres qui en auront eu marre qu'on fasse autant de bruit.
      Mais aussi parce qu'il y a désormais énormément de documentations et de renseignements sur les comédiens exerçant du doublage de nos jours, il y a des vidéos, des interviews... c'est vraiment plus ça qui manque. Il n'y a donc pas vraiment de mystères sur eux, et c'est tant mieux car ces gens là ne méritent pas de disparaitre dans l'anonymat le plus total. Ca fait bien plaisir que des Patrick Poivet, des Jacques Frantz, des Roger Carel... soient donc célébrés comme il se doit par de plus en plus de monde, mêmes pas certains anti-VF qui ne peuvent que reconnaitre leur talent.

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  28. Très bel article et très bel hommage. Merci!

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  29. Eh ben dis donc...
    Merveilleuse approche du cinéma.
    Bravo !

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