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samedi 15 octobre 2022

[Repack] : El Desperado (HD, VOST)


Réalisation : Franco Rossetti
Avec : Andrea Giordana, Franco Giornelli, Rosemarie Dexter, Piero Lulli, Dana Ghia, Aldo Berti
Nationalité : Italie
Genre : Western
Durée : 105'
Année de production : 1967
Titre original : El Desperado
Titre français alternatif :
  La Boue, le massacre et la mort (titre belge)

Ayant échappé à la potence, le jeune Steve Belasco, plus connu sous le nom de "El Desperado", rencontre Bill, un officier sudiste mourant qui lui demande d'apporter des nouvelles à son père Sam, un vieil aveugle qui vit dans la ville d'Overton.


Bande annonce du film

 

Vous avez été nombreux - et c'est normal - à apprécier l'excellentissime Les Colts brillent au soleil (1968) de Sergio Merolle. Vous y aviez peut-être découvert le jeune Andrea Giordana, fils de l'acteur et réalisateur Claudio Gora et de l'actrice Marina Berti. Cet acteur romain au physique plutôt avantageux, en tout cas à l'époque, n'aura curieusement pas connu la carrière qu'il méritait au cinéma et travaillera essentiellement pour la télévision. Il jouera ainsi dans de nombreux feuilletons, parmi lesquelles le Sandokan de Sergio Sollima en 1976, mais il deviendra également présentateur télévisé (plusieurs Miss Italie, le Festival de San Remo de 1983, et un programme télévisé nommé "W le donne" qu'il présentera de 1984 à 1986 avec notre Amanda Lear nationale). Au cinéma, Giordana tourna dans à peine une douzaine de films, dont quatre westerns. Si dans son premier, Massacre au grand canyon (1963) de Sergio Corbucci, Giordana était très jeune et ne tenait alors qu'un rôle secondaire, suite au succès télévisé du Comte de Monte Cristo (1966) produit par la RAI où il tenait le rôle principal, Giordana avait désormais tout pour être en tête d'affiche. Et c'est ainsi qu'il devint, à seulement 21 ans et sous le pseudonyme de Chip Gorman, le héros plutôt ambigu de ce El Desperado. Enzo G. Castellari lui offrira ensuite le premier rôle de l'excellent western Johnny Hamlett (qui est hélas un autre western introuvable en français) et il bouclera son cycle avec Les Colts brillent au soleil dont nous avons déjà parlé.

Franco Rossetti
Le film est la première réalisation de Franco Rosetti, bien plus connu pour sa participation à de nombreux scénarios de westerns de Sergio Corbucci ou Ferdinando Baldi tel Ringo au pistolet d'or (1966), Django (1966), Texas Adios (1966) ou encore Django prépare ton cercueil (1968). Ces films ayant connu un certain succès, il demanda au producteur Ugo Guerra de lui donner sa chance derrière la caméra, pour évidemment tourner un western. S'il écrivit lui-même le scénario, c'est le débutant Vincenzo Cerami, futur écrivain et grand scénariste du cinéma italien à qui l'on doit notamment tous les grands succès de Roberto Begnini, qui livrera la version définitive. Si Vincenzo Cerami deviendra célèbre dans les films d'auteurs, il signera également les scénarios de deux autres westerns, Le Dernier des salauds (1968) et Le Cavalier et le Samouraï (1968).
Franco Rosetti, spécialiste en westerns gothiques et dark, ne pouvait forcément que nous livrer un western de cet acabit pour sa première réalisation. Le titre Belge, La Boue, le massacre et la mort est d'ailleurs bien choisi. Mais bien que plutôt réussi et très apprécié par ceux qui le connaissent - et notamment par un certain Quentin Tarantino qui le met dans son top 20 des westerns italiens - le film ne remporta pas un grand succès à l'époque, ce qui peut expliquer la suite de la carrière de Franco Rosetti en tant que réalisateur. Car non seulement il ne tournera plus de westerns, mais il se mettra en plus à tourner des comédies bas de gamme et de plus en plus érotiques. Autant dire que ce El Desperado demeure de loin son meilleur film en tant que réalisateur. N'empêche, c'est un vrai gâchis.

En plus du beau Giordana, le film fait appel à d'autres quasi inconnus et débutants. Le chef des bandits est interprété par Franco Giornelli, ancien secrétaire de production, qui ne connaîtra pas une grande carrière d'acteur et préféra du coup se tourner vers la réalisation de documentaires.
Pour ce qui est du premier rôle féminin, nous avons droit à la belle et jeune Rosemarie Dexter qui fut préféré à Martine Beswick. Nous avions pu notamment apercevoir cette actrice britannique d'origine pakistanaise naturalisée italienne, dans le rôle minuscule, mais essentiel de la sœur de Lee Van Cleef dans Et pour quelques dollars de plus (1965). Après avoir tourné une trentaine de films, dont le fameux L’œil du labyrinthe (1972) de Mario Caiano, - récemment sorti chez Artus, dans une édition à laquelle j'ai eu le bonheur de participer -, la belle Rosemarie posa nue en 1975 pour Playboy (chouette), avant de se retirer du monde du cinéma cette même année (zut) a seulement 32 ans, et de retourner vivre dans un parfait anonymat. Atteinte de graves maladies, on la retrouva morte chez elle en 2010, son décès remontant à deux ou trois jours auparavant. Elle n'avait que 66 ans. Encore un gâchis...
Mais le film fait également appel au bien plus célèbre Piero Lulli, un grand habitué du cinéma bis italien et des westerns en particulier. Habituellement cantonné aux divers rôles de crapules en tous genre, notre bon Piero a cette fois le grand honneur de jouer un vrai bon gentil, aveugle de surcroît. Tout aussi crédible que dans ses rôles de méchant, il prouve si besoin est, qu'il était de la trempe des grands.
Autre habitué, dans un petit rôle remarqué, l'acteur Florentin Aldo Berti - rien à voir avec la mère de Giordana, Marina Berti - qui interprète un faux pasteur qui vient sauver les miches et le cou de notre Desperado. Aldo Berti a commencé sa carrière au cinéma dans les années 50, mais c'est véritablement avec l'arrivée du western spaghetti qu'elle prendra son envol. Empruntant tour à tour le pseudonyme de Richard McMoore ou de Johnny Jordan , peut-être selon son humeur, il débutera dans le genre avec Creuse ta fosse, j'aurais ta peau (1965) d'Eduardo Mulargia. Il retrouvera ce réalisateur dans Dieu est avec toi, Gringo (1966) et surtout El Puro, la rançon est à toi (1969), un western assez particulier où il offrira un baiser bien baveux à Robert Woods. Généralement cantonné aux seconds rôles, principalement de crapules, on put également l'apercevoir dans divers autres westerns aux moyens souvent limités mais franchement pas inintéressants, comme Ramon le Mexicain (1966), Un Dollar entre les dents (1967) ou encore Bonne funérailles, amis, Sartana paiera (1970) . Il eut également l'honneur d'apparaître dans Il était une fois dans l'Ouest (1968), le chef-d’œuvre de Sergio Leone. Mais son réalisateur fétiche sera sans nul doute Roberto Mauri - dont je vous avait abondamment parlé sur la fiche de Wanted Sabata - puisqu'il le fit tourner dans rien moins que six de ses films, dont trois westerns : Sartana dans la vallée des vautours (1970), On m'appelle Alleluia (1971) et sa suite Les 5 brigands de l'Ouest (1972) qui sera d'ailleurs son dernier film, sa carrière ne survivant pas à la disparition du western italien. Notons aussi qu'il tourna dans le film d'horreur Un Ange pour Satan (1966) de Camillo Mastrocinque, où figurait Claudio Gora, le père d'Andrea Giordana, mais aussi Anthony Stephen avec qui il avait joué dans son premier western. Bien qu'il n'ait jamais vraiment pu s'imposer comme tête d'affiche, Aldo Berti aura tout de même tourné dans une trentaine de films en tout. Il s'éteindra en 2010 à 74 ans, des suites d'une tumeur au cerveau.
Il me semble nécessaire de ne pas oublier de citer également une autre habitué du genre dans l'autre rôle féminin du film, Dana Ghia. L'actrice Milanaise se fit d'abord connaître en tant que chanteuse dans les années 50, avant de se lancer dans une carrière au cinéma dès 1963 avec le curieux film documentaire type "mondo", Voluptés diaboliques de Giorgio Simonelli, un film présentant des numéros de strip-teases et des scènes de vies nocturnes dans plusieurs villes européenne.  La plupart des acteurs semblant avoir été filmés à leur insu, on devrait plutôt considérer le véritable début de carrière au cinéma de Dana Ghia dans le musicarelli Questo pazzo, pazzo, pazzo mondo delle canzone (trad : ce monde fou, fou, fou de la chanson) de Bruno Corbucci, sorti deux ans plus tard où figurait également une certaine Françoise Hardy.  Dana Ghia va rapidement se tourner vers le genre à la mode d'alors et tourner dans plusieurs westerns, Degueyo (1966) de Giuseppe Vari, Quatre dollars de vengeance (1966) de Jaime Jesus Balcazar et surtout Le Dernier tueur (1967) encore de Giuseppe Vari, ce petit bijou méconnu avec Georges Eastman et Anthony Ghidra. Après ce fameux El Desperado, on la retrouvera dans d'autres westerns : Les 7 enragés du Texas (1968) d'Alberto Cardone et le curieusement populaire 5 gâchettes d'or (1968) de Tonino Cervi, deux films mettant en vedette le sympathique mais un peu fade Brett Halsey, ainsi que Sacramento (1971) de Giorgio Cristallini. Mais étant un peu plus âgée et mature que nombre de ses collègues féminines d'alors, Dana Ghia a rapidement cessé de jouer les pin-up, aussi elle jouera la mère de l'amoureuse de Terence Hill dans On continue à l'appeler Trinita (1971) d'Enzo Barboni, ainsi que la mère de l'infortuné Miguel Bosé dans le tardif et crépusculaire Adios California (1977) de Michele Lupo. Dana Ghia n'a pas tourné que dans des westerns, on a pu la voir également dans des Gialli, comme Un Papillon aux ailes ensanglanté  (1971), de Duccio Tessari, Folie Meurtrière (1972) de Tonino Valerii - deux excellents titres auxquels j'ai également eu le plaisir de participer et qui ont été édités par Le Chat qui fume - ainsi que le fameux Les Diablesses (1973) d'Antonio Margheriti où figurent Serge Gainsbourg et notre presque nationale Jane Birkin. Citons également le film d'horreur Emilie, l'enfant du diable (1975) de Massimo Dallamano, ainsi que le tout premier film mettant en scène le personnage de Monnezza interprété par Tomas Milian, Le Clan des pourris (1976). Passée également par les comédies érotiques, Dana Ghia mit fin à sa carrière au cinéma en 1977, mais pas tout à fait encore à sa carrière d'actrice, puisqu'on la revu une dernière fois à la télévision dans 4 épisodes de la mini-série médiévale française, La Chambre des dames en 1984. Après cela, et une trentaine de films, il semblerait que depuis, Dana Ghia profite d'une retraite bien méritée, elle est à ce jour âgée de 90 printemps.

 

Avant d'arriver à la conclusion de cette présentation, n'oublions pas de souligner que la musique du film est signée Gianni Ferrio, un compositeur qu'on a peut-être tendance à oublier et qui aura souvent œuvré dans divers westerns italiens de qualité. Parmi eux, on peut mentionner Le Dollar troué (1965), Trois cavaliers pour Fort Yuma (1966), Mort ou vif... de préférence mort (1969) ou encore Et viva la revolution ! (1971). Bien que celle de El Desperado soit loin d'être sa plus marquante, la chanson "The Desperado" chantée par John Balfour dans un style très "Raoul" devrait vite vous rentrer en tête. John Balfour n'ayant ni le coffre, ni la voix pure de Raoul, on ne le retrouvera que sur un autre western, Le Retour de Django (1967) d'Osvaldo Civriani, avec la chanson assez oubliable "They called him Django", sur une musique de Piero Umiliani. Enfin non... deux westerns, puis que cette chanson un peu passe-partout sera réutilisé pour Django défie Sartana (1970) de Pasquale Squittieri.

Puisque la VF de ce film est absolument introuvable à ce jour, la partie technique de cette présentation sera plus que brève, je n'ai fait que sous-titrer la version italienne du film afin que les pauvres francophones que vous êtes puissent décemment goûter à ce western plutôt apprécié par les aficionados du genre. J'ai réalisé ce sous-titrage il y a quelques temps en me basant sur le DVD allemand qui était déjà de fort belle facture, mais lorsque j'ai vu qu'un Blu-ray allait pointer le bout de son nez, toujours chez nos amis teutons, j'ai logiquement retardé sa publication ici. Sorti chez Koch Media, sous son label Explosive Media, l'édition est de qualité et ça valait le coup d'entendre encore un peu. Il m'a fallu resynchroniser mes sous-titres, car il y avait des légères différences ici et là qui décaler le tout sans arrêt, mais c'est assez classique. J'en ai profité au passage pour corriger quelques coquilles que j'avais laissé bêtement passer. Si jamais quelqu'un se trouve en possession de la VF du film, on pourra la rajouter rapidement, mais j'ai bien peur que ce ne soit vraiment pas gagné...

J'espère que cette présentation vous a plu, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon film et une bonne (re)découverte.


PS : Depuis quelques temps, je laisse la possibilité de voir la version Lite en streaming sur uptobox. Mais pour que ce soit plus clair, je vous ai rajouté le lien en bas directement.


Version 1080p, VOST (7,46 GO)

Version HDLite, VOST (1,5 GO)

 

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27 commentaires:

  1. Grand merci Indiana pour cette belle version.

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  2. Ça c'est une sortie. Juste ÉNORME !
    Sur les captures d'écran du BR allemand, l'image semble tout simplement magnifique.
    Merci infiniment !

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  3. Un grand merci pour ce film et pour tout le travail de sous-titrage.

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  4. Bonjour, Attention! il y a des infections sur Uptobox

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    1. Ce sont des faux positifs, probablement. Tu mets un bloqueur de pub ou, bien mieux, tu utilises Jdownloader2, et tu seras tranquille.

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  5. ça promet, merci Indianagilles !

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  6. Un grand merci pour ce nouveau film

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  7. un superbe western dont je ne connaissais que l'affiche, toujours incitatrice, de Belinsky. Une belle restauration, une bande son stereo a minima sur la BO... un régal. un grand merci pour ce western rare

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  8. Merci cher Indy, les captures somptueuses font très très envie. Bravo !

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  9. J'avais visionné ce film en italien et je me rappelle qu'il y avait un truc, une subtilité que je n'avais pas compris vers la fin. J'espère que je vais enfin tout comprendre !! :).
    Un grand merci pour ce très bon film, tu fais des heureux !
    Il Ritardario

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    1. Ah, la fameuse révélation où l'on apprend que son père, c'est en fait sa sœur (mais par alliance de sa cousine germaine qui elle-même était son oncle). C'est vrai que c'était pas évident à saisir ^^

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  10. Un western-spaghetti en plus dans la collection. Merci.

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  11. Ouahhhh!
    J'adore ce film !
    Rien à voir avec les célèbres classiques virtuoses (Leone, Corbucci ou Sollima) qui sont passés à la postérité.
    Le film de Franco Rossetti est très excessif, mais c'est très très bien filmé.

    Merci Indiana pour ce cadeau.

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  12. Bonjour. Jamais vu. C'est vrai que le titre belge, La Boue... Le Massacre... Et la mort promet un récit plus noir et désespéré que le passe-partout El Desperado !
    J'ai pris la Version HDLite, moins lourde à stocker, et après la vision rapide de quelques moments, c'est déjà vraiment très satisfaisant.
    C'est vrai qu'Andrea Giordana n'a pas imprimé la mémoire collective et qu'il a rapidement travaillé pour la télévision. Peut-être aussi, mais en fait je n'en sais rien, avait-il d'autres ambitions que le cinéma de genre italien, car il a aussi beaucoup fait de théâtre ?
    J'ignorais le destin de Rosemary Dexter, je pensais qu'elle avait disparu au bras d'un quelconque producteur, comme quoi, les clichés...

    En tous cas, encore une belle présentation. Merci pour ce partage.

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  13. Un grand Merci pour ce partage et pour cette superbe présentation et Merci pour le taf

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  14. Merci beaucoup pour la version HD light !
    Martin Dollman

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  15. Merci beaucoup, je vais pouvoir approfondir le western italien en famille grâce à ce blog génial.

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    1. Attention ! Tu risques de ne plus en sortir ! ;)
      Merci à toi.

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  16. Merci beaucoup pour cette découverte.
    John49

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