Avec : Andrea Giordana, Franco Giornelli, Rosemarie Dexter, Piero Lulli, Dana Ghia, Aldo Berti
Nationalité : Italie
Genre : Western
Durée : 105'
Année de production : 1967
Titre original : El Desperado
Titre français alternatif : La Boue, le massacre et la mort (titre belge)
Ayant échappé à la potence, le jeune Steve Belasco, plus connu sous le nom de "El Desperado", rencontre Bill, un officier sudiste mourant qui lui demande d'apporter des nouvelles à son père Sam, un vieil aveugle qui vit dans la ville d'Overton.
Bande annonce du film
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| Franco Rossetti |
Franco Rosetti, spécialiste en westerns gothiques et dark, ne pouvait forcément que nous livrer un western de cet acabit pour sa première réalisation. Le titre Belge, La Boue, le massacre et la mort est d'ailleurs bien choisi. Mais bien que plutôt réussi et très apprécié par ceux qui le connaissent - et notamment par un certain Quentin Tarantino qui le met dans son top 20 des westerns italiens - le film ne remporta pas un grand succès à l'époque, ce qui peut expliquer la suite de la carrière de Franco Rosetti en tant que réalisateur. Car non seulement il ne tournera plus de westerns, mais il se mettra en plus à tourner des comédies bas de gamme et de plus en plus érotiques. Autant dire que ce El Desperado demeure de loin son meilleur film en tant que réalisateur. N'empêche, c'est un vrai gâchis.
Mais le film fait également appel au bien plus célèbre Piero Lulli, un grand habitué du cinéma bis italien et des westerns en particulier. Habituellement cantonné aux divers rôles de crapules en tous genre, notre bon Piero a cette fois le grand honneur de jouer un vrai bon gentil, aveugle de surcroît. Tout aussi crédible que dans ses rôles de méchant, il prouve si besoin est, qu'il était de la trempe des grands.
Il me semble nécessaire de ne pas oublier de citer également une autre habitué du genre dans l'autre rôle féminin du film, Dana Ghia. L'actrice Milanaise se fit d'abord connaître en tant que chanteuse dans les années 50, avant de se lancer dans une carrière au cinéma dès 1963 avec le curieux film documentaire type "mondo", Voluptés diaboliques de Giorgio Simonelli, un film présentant des numéros de strip-teases et des scènes de vies nocturnes dans plusieurs villes européenne. La plupart des acteurs semblant avoir été filmés à leur insu, on devrait plutôt considérer le véritable début de carrière au cinéma de Dana Ghia dans le musicarelli Questo pazzo, pazzo, pazzo mondo delle canzone (trad : ce monde fou, fou, fou de la chanson) de Bruno Corbucci, sorti deux ans plus tard où figurait également une certaine Françoise Hardy. Dana Ghia va rapidement se tourner vers le genre à la mode d'alors et tourner dans plusieurs westerns, Degueyo (1966) de Giuseppe Vari, Quatre dollars de vengeance (1966) de Jaime Jesus Balcazar et surtout Le Dernier tueur (1967) encore de Giuseppe Vari, ce petit bijou méconnu avec Georges Eastman et Anthony Ghidra. Après ce fameux El Desperado, on la retrouvera dans d'autres westerns : Les 7 enragés du Texas (1968) d'Alberto Cardone et le curieusement populaire 5 gâchettes d'or (1968) de Tonino Cervi, deux films mettant en vedette le sympathique mais un peu fade Brett Halsey, ainsi que Sacramento (1971) de Giorgio Cristallini. Mais étant un peu plus âgée et mature que nombre de ses collègues féminines d'alors, Dana Ghia a rapidement cessé de jouer les pin-up, aussi elle jouera la mère de l'amoureuse de Terence Hill dans On continue à l'appeler Trinita (1971) d'Enzo Barboni, ainsi que la mère de l'infortuné Miguel Bosé dans le tardif et crépusculaire Adios California (1977) de Michele Lupo. Dana Ghia n'a pas tourné que dans des westerns, on a pu la voir également dans des Gialli, comme Un Papillon aux ailes ensanglanté (1971), de Duccio Tessari, Folie Meurtrière (1972) de Tonino Valerii - deux excellents titres auxquels j'ai également eu le plaisir de participer et qui ont été édités par Le Chat qui fume - ainsi que le fameux Les Diablesses (1973) d'Antonio Margheriti où figurent Serge Gainsbourg et notre presque nationale Jane Birkin. Citons également le film d'horreur Emilie, l'enfant du diable (1975) de Massimo Dallamano, ainsi que le tout premier film mettant en scène le personnage de Monnezza interprété par Tomas Milian, Le Clan des pourris (1976). Passée également par les comédies érotiques, Dana Ghia mit fin à sa carrière au cinéma en 1977, mais pas tout à fait encore à sa carrière d'actrice, puisqu'on la revu une dernière fois à la télévision dans 4 épisodes de la mini-série médiévale française, La Chambre des dames en 1984. Après cela, et une trentaine de films, il semblerait que depuis, Dana Ghia profite d'une retraite bien méritée, elle est à ce jour âgée de 90 printemps.
Avant d'arriver à la conclusion de cette présentation, n'oublions pas de souligner que la musique du film est signée Gianni Ferrio, un compositeur qu'on a peut-être tendance à oublier et qui aura souvent œuvré dans divers westerns italiens de qualité. Parmi eux, on peut mentionner Le Dollar troué (1965), Trois cavaliers pour Fort Yuma (1966), Mort ou vif... de préférence mort (1969) ou encore Et viva la revolution ! (1971). Bien que celle de El Desperado soit loin d'être sa plus marquante, la chanson "The Desperado" chantée par John Balfour dans un style très "Raoul" devrait vite vous rentrer en tête. John Balfour n'ayant ni le coffre, ni la voix pure de Raoul, on ne le retrouvera que sur un autre western, Le Retour de Django (1967) d'Osvaldo Civriani, avec la chanson assez oubliable "They called him Django", sur une musique de Piero Umiliani. Enfin non... deux westerns, puis que cette chanson un peu passe-partout sera réutilisé pour Django défie Sartana (1970) de Pasquale Squittieri.
Puisque la VF de ce film est absolument introuvable à ce jour, la partie technique de cette présentation sera plus que brève, je n'ai fait que sous-titrer la version italienne du film afin que les pauvres francophones que vous êtes puissent décemment goûter à ce western plutôt apprécié par les aficionados du genre. J'ai réalisé ce sous-titrage il y a quelques temps en me basant sur le DVD allemand qui était déjà de fort belle facture, mais lorsque j'ai vu qu'un Blu-ray allait pointer le bout de son nez, toujours chez nos amis teutons, j'ai logiquement retardé sa publication ici. Sorti chez Koch Media, sous son label Explosive Media, l'édition est de qualité et ça valait le coup d'entendre encore un peu. Il m'a fallu resynchroniser mes sous-titres, car il y avait des légères différences ici et là qui décaler le tout sans arrêt, mais c'est assez classique. J'en ai profité au passage pour corriger quelques coquilles que j'avais laissé bêtement passer. Si jamais quelqu'un se trouve en possession de la VF du film, on pourra la rajouter rapidement, mais j'ai bien peur que ce ne soit vraiment pas gagné...
J'espère que cette présentation vous a plu, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon film et une bonne (re)découverte.
PS : Depuis quelques temps, je laisse la possibilité de voir la version Lite en streaming sur uptobox. Mais pour que ce soit plus clair, je vous ai rajouté le lien en bas directement.
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Que du bonheur...Mille mercis.
RépondreSupprimerMerci beaucoup !
RépondreSupprimerGrand merci Indiana pour cette belle version.
RépondreSupprimerÇa c'est une sortie. Juste ÉNORME !
RépondreSupprimerSur les captures d'écran du BR allemand, l'image semble tout simplement magnifique.
Merci infiniment !
1000 mercis Indy
RépondreSupprimerUn grand merci pour ce film et pour tout le travail de sous-titrage.
RépondreSupprimerBonjour, Attention! il y a des infections sur Uptobox
RépondreSupprimerCe sont des faux positifs, probablement. Tu mets un bloqueur de pub ou, bien mieux, tu utilises Jdownloader2, et tu seras tranquille.
Supprimerça promet, merci Indianagilles !
RépondreSupprimerUn grand merci pour ce nouveau film
RépondreSupprimerun superbe western dont je ne connaissais que l'affiche, toujours incitatrice, de Belinsky. Une belle restauration, une bande son stereo a minima sur la BO... un régal. un grand merci pour ce western rare
RépondreSupprimerMerci cher Indy, les captures somptueuses font très très envie. Bravo !
RépondreSupprimerJ'avais visionné ce film en italien et je me rappelle qu'il y avait un truc, une subtilité que je n'avais pas compris vers la fin. J'espère que je vais enfin tout comprendre !! :).
RépondreSupprimerUn grand merci pour ce très bon film, tu fais des heureux !
Il Ritardario
Ah, la fameuse révélation où l'on apprend que son père, c'est en fait sa sœur (mais par alliance de sa cousine germaine qui elle-même était son oncle). C'est vrai que c'était pas évident à saisir ^^
SupprimerSuper ! Merci !
RépondreSupprimerUn western-spaghetti en plus dans la collection. Merci.
RépondreSupprimerOuahhhh!
RépondreSupprimerJ'adore ce film !
Rien à voir avec les célèbres classiques virtuoses (Leone, Corbucci ou Sollima) qui sont passés à la postérité.
Le film de Franco Rossetti est très excessif, mais c'est très très bien filmé.
Merci Indiana pour ce cadeau.
Merci pour ce film
RépondreSupprimerUn nouveau spaguetto, grazie !!
RépondreSupprimerMerci. J'adore les western spaguetti.
RépondreSupprimerBonjour. Jamais vu. C'est vrai que le titre belge, La Boue... Le Massacre... Et la mort promet un récit plus noir et désespéré que le passe-partout El Desperado !
RépondreSupprimerJ'ai pris la Version HDLite, moins lourde à stocker, et après la vision rapide de quelques moments, c'est déjà vraiment très satisfaisant.
C'est vrai qu'Andrea Giordana n'a pas imprimé la mémoire collective et qu'il a rapidement travaillé pour la télévision. Peut-être aussi, mais en fait je n'en sais rien, avait-il d'autres ambitions que le cinéma de genre italien, car il a aussi beaucoup fait de théâtre ?
J'ignorais le destin de Rosemary Dexter, je pensais qu'elle avait disparu au bras d'un quelconque producteur, comme quoi, les clichés...
En tous cas, encore une belle présentation. Merci pour ce partage.
Mille mercis !
RépondreSupprimerUn grand Merci pour ce partage et pour cette superbe présentation et Merci pour le taf
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour la version HD light !
RépondreSupprimerMartin Dollman
Merci beaucoup, je vais pouvoir approfondir le western italien en famille grâce à ce blog génial.
RépondreSupprimerAttention ! Tu risques de ne plus en sortir ! ;)
SupprimerMerci à toi.
Merci beaucoup pour cette découverte.
RépondreSupprimerJohn49