Réalisation : Giorgio Stegani
Avec : Lee Van Cleef, Antonio Sabàto, Lionel Stander, Gordon Mitchell, Bud Spencer, Graziella Granata
Nationalité : Italie/Allemagne
Genre : Western
Durée : 110' (25fps)
Année de production : 1968
Titre original : Al di là della legge
Trois bandits organisent le vol de la paie des ouvriers d’une petite ville minière. La combine ayant réussi, ses auteurs envisagent immédiatement de subtiliser la même somme lors d’un deuxième coup. Tout se déroulerait comme prévu si une autre bande de malfrats ne s’était pas mis la même idée en tête.
Bande annonce crée par Seven 7 pour la sortie DVD
Je remercie énormément Vir Daucalis pour la VHS, Gius et Roberto pour la copie HD,
ainsi que Fonzie pour les nombreux renseignements qui m'ont aidé à écrire cette présentation
Pas de pitié pour les salopards, dont on peut aisément préférer le titre italien moins putassier bien qu'à peine plus inspiré Al di là della legge (Au-dessus des lois), fait parti de ces westerns italiens méconnus du grand public français à être sortis dans les premières salves des DVD chez Seven 7, dans les années 2000. Il fait également parti des premiers westerns italiens qui ont jalonné le début de ma "formation" au genre, car je me dois peut-être de vous le rappeler, même si ça peut surprendre, que c'est tardivement que je m'y suis mis et que je n'en suis d'ailleurs toujours pas sorti, pour mon plus grand bonheur et pour le votre aussi semblerait-il. Que le temps passe vite et que de chemin parcouru depuis !
Comme pour beaucoup, la seule présence de Lee Van Cleef en tête d'affiche ne pouvait que me faire de l'œil, lui que j'ai longtemps connu et vénéré pour ses prestations dans les films de Sergio Leone qui avaient bercé mon enfance. Mais, je vous le confesse, je n'étais sans doute pas préparé à découvrir un western italien aussi différent de ceux que j'avais vu jusqu'alors, car le film m'a laissé une impression mi-figue, mi-raisin, et je ne l'avais jamais revisionné depuis. Je crois que c'est l'impression que le 3eme et dernier western de Giorgio Stegani, réalisateur d'Adios Gringo (1965) et Gentleman Killer (1967) a laissé sur pas mal d'entre nous. Non, ce n'était vraiment pas un mauvais film, mais il était plutôt à part des autres productions du genre. Un peu à l'italienne, un peu à l'américaine... Un peu humoristique, un peu sérieux... Un peu bavard, mais pas avare en action... Et comme en plus, nos distributeurs français avaient jugé bon de couper 20 minutes du film, il était aussi un peu en français et un peu en italien ! Aujourd'hui, on y est plus habitué, mais à l'époque c'était peut-être encore un peu déconcertant, même pour moi.
Pas de pitié pour les salopards peu donc passer pour un film un peu bâtard, bancal, mais c'est en réalité plutôt voulu et c'est aussi ce qui en fait au final son grand charme. Il se démarque sur bien des points, et rien que pour ça, c'est à saluer. L'opportunité de réaliser un repack HD du film m'a donné aussi l'occasion de le revoir après tant d'années, avec toute un bagage que j'ai pu acquérir dans le genre, et c'est sous un œil complètement nouveau que j'ai pu enfin apprécier à sa juste valeur l’œuvre de Stegani. Oui, je l'ai hautement réévalué, et c'est peu de le dire. Bien entendu, il ne s'agit absolument pas d'un spaghetti à la Django, plein de violence et de fulgurances visuelles outrancières, mais d'un spaghetti qui sait prendre son temps, développer ses personnages et nous surprendre en détournant certains codes que l'on pensait si bien connaître. Non, je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit en réalité d'un chef-d’œuvre - ce mot est tellement galvaudé par de trop nombreux cinéphiles actuels qui ne parviennent plus à qualifier les films autrement que par la nomination chef-d’œuvre ou navet, ignorant qu'il y a de nombreuses nuances entre les deux - mais bon sang que ce western de Stegani est en vérité bien subtil et original ! Et cette fin, bordel ! Cette fin qui nous arrive sans crier gare en pleine figure, tellement amère et désenchanté, tellement italienne. Mais chut, je ne voudrais pas trop en dire pour ceux qui n'auraient pas encore vu le film ou ne s'en souviendrait plus, mais il n'empêche que j'ai eu le sentiment que tout était incroyablement bien construit et qu'on ne pouvait finalement qu'en arriver là. Vraiment, avec le recul, ce western est bien plus profond et complexe qu'il ne peut le paraître à première vue, et je peux décemment dire ça au premier degré, puisque que n'est qu'à la deuxième vision que j'ai vu la lumière.
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Pour le vieux DVD français de chez Seven 7, n'en déplaise à notre Président, l'heure de la retraite a enfin sonné |
Après cette introduction qui, je l'espère, vous donnera déjà envie de voir ou revoir ce film qui ne vous avez peut-être pas trop marqué non plus, on va passer à la présentation plus générale, surtout qu'il y a pas mal de choses à dire qui n'ont pas forcément été dites autour de ce film. Je vous réserve quelques surprises, vous allez voir ce que vous allez voir ! Je mériterai même d'avoir quelques dons de votre part, tiens ! Hein ? Quoi ? Je balance des messages subliminaux comme ça sans crier gare ? Ouais, mais vous savez que non seulement ça me ferait bien plaisir, mais qu'en plus ça me permettrait de vous concocter d'autres bons petits repacks comme vous les aimez tant. Pour les généreux donateurs, vous pouvez passer par mon Paypal, l'adresse mail où envoyer votre don est écrite en bleue en haut du blog, et si vous décidez de m''en faire un, évitez de cocher qu'il s'agit d'un don pour éviter qu'une commission soit prélevée au passage. Si vous préférez une autre solution pour me faire un don, n'hésitez pas à m'écrire un message privé et on verra bien comment on pourra faire. Et non, je n'accepte pas les dons en nature, c'est interdit ! Mais bon, si tu es bloooooonde, à forte poitriiiiiiiiine... Hum, désolé, on reprend la présentation.
Pour commencer notre présentation, sachez que le titre italien a changé au tout dernier moment, car le film devait initialement se nommer L'Uomo che veniva da lontano (L'homme qui venait de loin), un titre qui ne me semblait plutôt pas mal, mais qui ciblait sans doute un peu trop le seul personnage d'Antonio Sabato qui, finalement, bien que fondamental à l'intrigue, n'est pas vraiment le personnage principal du film.
Le film sera scénarisé par son réalisateur Stegani, par le futur réalisateur
Fernando Di Leo, ainsi que par le bien moins connu Lorenzo Sabatini
(Warren Kiefer), coréalisateur et scénariste de Le Château des morts-vivants (1964) avec Christopher Lee et réalisateur de 3 autres films peu mémorables, dont deux avec la belle Maria Pia Conte.
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| Giorgio Stegani |
Pour réaliser ce qui sera, hélas, son dernier western, Giorgio Stegani laissera enfin tomber son pseudonyme de George Finley pour le signer de son véritable nom. On avait déjà un peu parlé du réalisateur sur la fiche de l'excellent Adios Gringo avec Giuliano Gemma, mais on va franchement développer les choses aujourd'hui.
Comme je l'avais dit à l'époque, Giorgio Stegani était un peu l'élève de Giorgio Ferroni, fameux réalisateur des excellents westerns Le Dollar troué, Wanted, 3 Cavaliers pour Fort Yuma et Deux pistolets pour un lâche - tous disponibles sur mon blog en versions HD. Scénariste quasi attitré de Ferroni, Stegani fut souvent aussi son assistant réalisateur. Mais il sera également assistant réalisateur pour d'autres personnes, et il sera notamment celui de Gérard Oury pour rien de moins que Le Cerveau en 1965.
Un an auparavant, soit en 1964, il était crédité comme coréalisateur de l'Eurospy germano-italo-français Le Mystère de la jonque rouge,, un film qui a la particularité d'être considéré comme le tout premier Eurospy d'origine (en partie) italienne. Mais il semblerait que le nom de Stegani ne soit présent au générique que pour des raisons de coproduction, le montage original allemand étant crédité à l'allemand Helmuth Ashley, tandis que pour l'italien, il s'agirait de Stegani. Le film étant avant tout une production allemande plutôt qu'italienne, il semble raisonnable de penser que Stegani s'est peut-être contenté d'être une fois encore assistant sur celui-ci aussi, en admettant qu'il ait été réellement présent sur le plateau. Avec toutes les magouilles de l'époque pour obtenir des aides, il est difficile de trier le vrai du faux de nos jours. C'est pourquoi, beaucoup considère que son premier véritable film en tant que réalisateur demeure plutôt Adios Gringo en 1965, alors qu'il avait 38 ans mais déjà une sacrée expérience derrière lui dans le cinéma.
C'est après son premier western, énorme succès en Italie, que Stegani reviendra au genre de l'Eurospy dans la coproduction italo-espagnole-grec, Mission secrète pour Lemmy Logan (1966) qu'il signera encore une fois sous son pseudonyme de George Finley. Il s'essayera pour son film suivant au film de braquage, avec
Le Gros coup du caméléon (1967) - renommé Hold-up story en VHS - et Mark Damon en vedette, avant d’enchaîner avec ses deux westerns, Gentleman Killer (1967) avec Anthony Steffen, et notre film du jour, Pas de pitié pour les salopards, où il se voyait confier un budget bien plus confortable qu'à l’accoutumé.
Mais curieusement, alors qu'il n'avait signé que des films de bonne tenue et quelques sacrés succès au box-office, Stegani commencera à ralentir la cadence, tout en continuant d’œuvrer en tant que scénariste et assistant, en parallèle à sa carrière de réalisateur. Malheureusement, il ne signera plus que 3 autres films en tant que réalisateur principal, L'Amour dans la peau en 1971, film passionnel érotico-soft avec la belle Ornella Muti et son futur époux Alessio Orano, puis en 1975 le film mafieux Milano : il clan dei calabresi (trad : Milan : le clan des calabrais) qui lui donnera l'occasion de retrouver Antonio Sabàto, avant de clore un peu tristement sa plus que correcte filmographie en 1977 avec Disposta a tutto (trad : Prête à tout) autre film à tendance érotique, mais avec cette fois Eleonora Giorgi, longtemps considérée en Italie comme la rivale d'Ornella Muti.
Sa carrière de réalisateur achevée, Stegani n'abandonnera pas pour autant le milieu du cinéma et continuera à y œuvrer en tant que scénariste, comme sur Le Masque de Satan (1989) de Lamberto Bava, mais il se tournera désormais surtout vers la télévision, comme beaucoup de ses anciens collègues, en signant notamment des scénarios de téléfilms. Il semblerait même qu'il apparaîtrait en tant qu'acteur dans le téléfilm Safari (1991) de Roger Vadim.
Giorgio Stegani demeura plutôt discret et c'est à Rome que ce Milanais mourut en 2020, à l'age de 91 ans, laissant penser une fois encore qu'il aurait pu nous proposer beaucoup plus que ce qu'il n'a pu le faire. Sa filmographie s'avère en tout cas digne d'être redécouverte, à commencer par ses 3 westerns, et j'espère avoir l'occasion de vous présenter une autre de ses œuvres..
Bien que coproduit avec l'Allemagne, Pas de pitié pour les salopards est un film qui a surtout été chapeauté par deux producteurs italiens, Alfonso Sansone et Enrico Chrosicki (d'origine polonaise), soit l'équipe qui nous avait offert les merveilleux Le Dernier jour de la colère et La Mort était au rendez-vous, deux des westerns les plus marquants de l'année 1967, et tous deux avec Lee Van Cleef au casting. Après une collaboration aussi fructueuse et qualitative, pas étonnant qu'ils aient de nouveau fait appel à l'acteur américain pour tenter la passe de trois. Et si Pas de pitié pour les salopards n'obtint tout de même pas le même succès que les précédents, respectivement classés 5eme et 12eme de la saison 1967/1968 au box office italien, il se classera tout de même à la 27eme place de cette même saison, ce qui n'était pas rien, surtout que la période a été très riche en westerns de grande qualité. De plus, il avait fait bien mieux qu'avec son second western, Gentleman Killer, qui n'avait pu se placer qu'à la 84eme place de la saison 1966/1967. Mais il est vrai qu'Anthony Steffen n'était ni Giuliano Gemma, ni Lee Van Cleef, et qu'il n'avait donc pas eu la même force de frappe pour s'imposer plus haut dans le classement.
Pas besoin de revenir sur la carrière de Lee Van Cleef, on l'a déjà fait et refait sur plein de fiches du blog, mais attardons-nous tout de même un instant sur sa performance dans ce film. On ne va pas se mentir, et c'est bien connu, s'il est loin d'être un mauvais acteur, Lee Van Cleef était avant tout une gueule, et moins il en faisait, plus il en jetait à l'écran. Même lui le savait. Aussi, il s'est souvent contenté dans ses films de plisser un peu des yeux, de sourire sadiquement de temps à autres, de froncer les sourcils... En gros, d'être juste présent à l'écran, c'était largement suffisant et on ne lui en demandait pas plus. Mais ici, il a eut l'occasion de jouer un rôle plutôt différent et plus nuancé que d'ordinaire. Pour commencer, entre le début et la fin du film, son personnage évolue énormément, un peu comme pour le personnage de Giuliano Gemma dans Le Dernier jour de la colère. De plus, Lee Van Cleef fait preuve ici d'un peu d'humour, de légèreté et joue même un peu les charmeurs empotés ! Il nous prouve de fort belle manière qu'il était donc un véritable acteur et qu'il pouvait proposer une palette de jeu plus large, si on le lui demandait.
Le spectateur français a tendance à associer la voix de Georges Atlas sur Lee Van Cleef, puisqu'il l'a doublé dans une dizaine de ses films, parmi lesquelles les très populaires Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute, le Truand, La Mort était au rendez-vous ou encore les deux Sabata. Mais en réalité, bien d'autres comédiens l'ont également doublé à plusieurs reprises, comme Marcel Bozzufi dans Le Dernier jour de la colère, El Condor et Captain Apache, Edmond Bernard dans Le Grand Duel, L'Homme aux nerfs d'acier, La Brute, le colt et le karaté et New-York 1997 ou encore Jacques Beauchey dans Le Conquérant et Bravados. À cela, on peut ensuite rajouter tout un tas de comédiens qui l'ont doublé une seule fois, et pas des moindres, mais je ne vais pas m'amuser à vous les énumérer, sinon on n'a pas fini. Et en plus c'est vrai... on n'est loin d'en avoir fini avec cette présentation.
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| Jean-François Laley |
En regardant ce film-ci en français, vous constaterez deux choses évidentes : ce n'est pas Georges Atlas qui le double et celui qui s'en charge ne l'a fait que cette seule et unique fois, ce qui pourrait vous décontenancer. Cette voix, vous l'avez sans doute très souvent entendu ici et là, plutôt sur des rôles secondaires ou de méchants, car c'est celle d'un vieux de la vieille méconnu du doublage : Jean-François Laley. Décédé en 2017 à 95 ans, Laley ne s'est jamais vraiment arrêté de travailler dans le milieu, puisqu'en 2012, on pouvait encore l'entendre dans des épisodes de Game of Throne ! Pourtant, malgré une voxographie longue à n'en plus finir, Jean-François Laley fait parti de ces comédiens un peu passe-partout dont on a du mal à se souvenir où on les a entendu, pour la simple raison qu'il n'a jamais été vraiment identifié sur un comédien en particulier, comme a pu l'être un Patrick Poivey avec Bruce Willis ou un Claude Bertrand sur Bud Spencer, pour prendre des exemples bien parlants - ce qui tombe bien quand on parle doublage. Mais ceci ne l'a pas empêché d''être un véritable pilier de cette industrie.
Sur mon blog et dans un rôle important, vous pouvez l'entendre dans Django tire le premier (1966), il prête son timbre solennel au méchant interprété par une légende du doublage italien, Nando Gazzolo.
Afin d'assurer un autre notable succès, Sansone et Chrosicki ne lésine pas à la dépense. En plus de l'inséparable Lee Van Cleef, les producteurs font appel au jeune mais déjà très populaire Antonio Sabàto, qui a eut le luxe de débuter au cinéma dans une grande production américaine, le Grand Prix de John Frankenheimer en 1966 (et en plus c'est la sublime Françoise Hardy qui jouait sa femme !). Ce Sicilien pur jus avait été trié sur le volet parmi plus de 2000 candidats pour jouer le coéquipier d'Yves Montand chez Ferrari, son sourire ultra bright de latin lover aura probablement fait pencher la balance en sa faveur.
Mais si on veut être tout à fait précis, il ne s'agissait pas tout à fait de la réèle première apparition du "Bel Antonio" au cinéma, puisqu'il l'a confié lui-même dans l'émission italienne Stracult (que vous pouvez voir ici si vous vous débrouillez un peu en italien), qu'il a fait très furtivement son entrée au cinéma dans le film à sketch "Les Sorcières", surtout connu de nos jours pour la participation au casting d'un jeune Clint Eastwood, tout juste auréolé du succès de Pour une poignée de dollars. Antonio Sabàto apparaît justement dans le sketch avec Clint Eastwood, qui a été mis en scène par l'immense Vittorio De Sicca. Et quand je dis qu'il y apparaît, c'est bien le mot qu'il faut employer, car sa présence se limite à un seul plan, et il est impossible de le reconnaître car son visage est dans l'ombre. Il fait parti en plus d'un rêve fantasmé par Silvana Mangano, c'est lui qu'il embrasse sous l'eau et sur la bouche. Décidément, il les lui fallait toute !
Il fait ensuite de bons débuts dans le western avec Haine pour haine (1967) de Domenico Paolella, avec l'américain John Ireland à ses côtés (48eme au box office italien de la saison 1967-1968). Pas de pitié pour les salopards sera son deuxième western, puis il enchaînera avec le trop sous-estimé Aujourd'hui ma peau, demain la tienne, d'Enzo G. Castellari (99eme de la saison 1968-1969), puis le superbe et bien trop méconnu Deux fois traître de Nando Cicero au côté d'un Klaus Kinski au top (77eme de la saison 1968-1969) et il clôturera son aventure dans l'Ouest sauvage avec les trop tardifs et moins convaincants Il était une fois à El Paso de Roberto Bianchi Montero et le comique Miss Dynamite de Sergio Grieco, où il retrouvera au casting Lionel Stander, qui ne se classeront même pas dans le top 100 du box-office de 1972.
Si Antonio Sabàto peut se vanter d'avoir connu une honorable carrière de vacher, il était tout de même loin de pouvoir se comparer à ses compatriotes Giuliano Gemma ou Franco Nero. Sabàto se fera d'ailleurs plus connaître durant la période du poliziotescho, où il jouera tour à tour les policiers ou les mafieux, quand on est sicilien ça coule de source, comme dans Le Nouveau boss de la Mafia (1972) d'Alberto De Martino, La Guerre des gangs (1973) d'Umberto Lenzi qui venait de le faire tourner dans le bon giallo Le Tueur à L'Orchidée (1972) ou encore Les Contrebandiers de Santa Lucia d'Alfonso Brescia, sorti récemment chez Artus et dont j'ai participé à l'édition (quelle galère de traduire du napolitain !!!). Il se retira à Los Angeles en 1984 pour y prendre pratiquement sa retraite, et son fils, le mega beau gosse Antonio Sabàto Junior, fait actuellement sa petite carrière aux États-Unis. Hélas, notre bon Sabàto Senior nous quittera lui en 2021, victime du Covid-21, à l'âge de 77 ans.
Sans doute parce qu'il avait tout de même un jeu assez limité et que la plupart de ses films demeurent assez obscurs pour le grand public, Antonio Sabàto n'est pas un acteur très populaire en dehors de l'Italie. Sabàto avait un sourire éclatant, peut-être trop, mais il lui manquait
sans doute quelque chose pour porter véritablement un film sur ses
épaules. Aussi, il était mieux utilisé lorsqu'il avait à ses côtés des acteurs de prestige et d'expérience, sur lesquels il pouvait s'appuyer, comme ici où il hérite finalement d'un rôle assez ingrat, puisque celui qui semblait être à priori le héros du film est surtout là pour faire briller la star Lee Van Cleef. Mais mine de rien, le final permettra de donner tout son sens à sa présence. Bref, c'est un acteur qu'il nous faut peut-être redécouvrir, j'ai d'ailleurs mis un peu de temps à l'apprécier, un peu comme ce Pas de pitié pour les salopards qui s'avère plus intéressant que de prime abord.
Dans la version française, c'est le mythique Philippe Ogouz qui lui prête sa belle voix si classe et si glamour, voix parmi les plus célèbres de France et que nous avons pu entendre sur une infinité de personnages de dessin-animés comme le Capitaine Flam, Musclor, Lupin III (Edgar) ou - même si ça fait rager certains - Ken le survivant. On l'aura régulièrement entendu dans les doublages de westerns italiens, avec parmi ses prestations les plus notables, son doublage de Tomas Millian dans Companeros ou celle de Tony Anthony dans l'étonnant Blind Man. À l'instar de Pierre Arditi ou de Bernard Murat, je crois que Philippe Ogouz fait parti du clan très fermé de ces acteurs qui pouvaient doubler n'importe qui et n'importe quoi, sans que cela ne choque le moins du monde. J'avais eu la chance et l'honneur d'échanger quelques mots sur Facebook avec lui, peu avant son décès subvenu en 2019, et j'avais pu lui faire part de toute mon admiration pour sa carrière et son talent. Cet homme, que certains ont parfois pris en grippe pour ses prises de positions fermes - il était très actif en tant que syndicaliste des acteurs et ne s'est pas fait que des amis - m'avait remercié ému pour mes messages. J'en garde donc un souvenir tout aussi ému et je regrette de ne pas avoir osé échanger plus avec lui. Bref, vous l'avez compris, que j'aimais ce comédien ! Paix à son âme.
La vache, cette fiche de présentation est déjà bien longue et j'ai l'impression qu'on n'a fait qu'effleurer notre sujet ! Il va peut-être falloir accélérer un peu et réserver certains détails à une autre présentation qui aura des points communs avec notre film du jour... Bon alors c'est parti, parlons vite du reste du casting pour commencer.
Le premier gentil voleurs qui accompagne Lee Van Cleef est l'Américain d'origine Russe Lionel Stander. Poussé à fuir les Etats-Unis à cause de la fameuse chasse aux sorcières, Stander s'est retrouvé en Italie pour y connaître une seconde carrière de haut vol. Bien entendu, beaucoup se souviendront de sa courte mais mémorable prestation dans Il était une fois dans l'Ouest (prestation qui devra être coupée pour sa diffusion aux Etats-Unis puisque il était persona non grata...), mais on le retrouvera aussi dans La Colline des bottes (1969) de Colizzi. On passera sur ses autres participations dans des westerns italiens, car ils ne lui font pas trop honneur, y compris le Te Deum (1972) d'Enzo Castellari, un des rares ratés de son réalisateur. Mais Lionel Stander ne jouera pas uniquement dans des westerns en Italie, loin s'en faut, et il jouera notamment sous la direction de Fernando Di Leo dans Milan calibre 9 (1972), Don Camillo et les contestataires (1972), le fameux Don Camillo sans Fernandel de Mario Camerini, Rapt à l'italienne (1973) de Dino Risi, Mais laissez-nous succomber à la tentation (1973) de Giulio Petroni ou encore Bill Cormack le fédéré (1974) de Joe D'Amato. La honteuse chasse aux sorcières n'étant d'actualité, Stander pourra rentrer aux Etats-Unis et reprendre sa carrière à Hollywood, mais c'est surtout avec son rôle de Max dans la série L'amour du risque (1979-1984) qu'il triomphera de nouveau auprès du public et qui lui vaudra même un Golden Globe en récompense. Il réinterprétera son rôle de Max dans 8 téléfilms de L'amour du risque - dont les 3 derniers sont hélas inédits en France - tournés entre 1993 et 1996. Entre temps, Max aura même l'opportunité de faire un chouette clin d’œil en apparaissant dans un épisode de 1986 de la série Claire de Lune, bien qu'il s'agisse en réalité d'un autre personnage. À savoir que cet épisode fait également référence à une agence de détective nommée "Hart club". Je rappelle que les deux personnages principaux de L'amour du risque se nomment Jonathan et Jennifer Hart... Lionel Stander s'éteindra en 1994 à Los Angeles à l'âge de 86 ans après avoir mené une bien belle carrière et avoir marqué tout un tas de génération avec sa bonne bouille inoubliable.
Dans la version française, il se pourrait qu'il soit doublé par Gérald Castrix, chaneur, parolier, puis acteur français qui s'est ensuite spécialisé dans le doublage et qui a notamment doublé Charles Bronson dans Les Sept Mercenaires (1960), doublage qu'il a également dirigé. D'ailleurs, plus que ses rôles en tant que doubleur, on retiendra surtout que Gérald Castrix a dirigé les doublages des 6 premières VF des James Bond, des putains de bon(d)s doublages mythiques où il s'est à chaque fois réservé des petits rôles de voix additionnelles. Et si ce n'est peut-être pas lui qui double Stander, tant pis, cela m'aura au moins permis de vous parler de cet acteur peu cité, mais pourtant important, dans le milieu du doublage.
Le deuxième compagnon de Lee Van Cleef est bien moins connu chez nous, puisqu'il s'agit de lex-boxeur amateur américain, Alston James Hoosman, dit Al Hoosman. Installé en Allemagne après s'être enrôlé dans l'armée et ayant combattu durant la deuxième guerre mondiale, Hoosman commence une carrière d'acteur dans le cinéma à la télévision allemande au début des années 50, ce qui explique sa présence dans cette coproduction dans laquelle il a été proposé du côté allemand, bien qu'il ne soit donc pas allemand lui-même. Tout comme Lionel Stander, un de ses yeux a une petite gâterie, ce qui en fait donc un duo plutôt bien vu, si vous me pardonnez l'expression.
Hoosman donnera de l'épaisseur à un rôle tout de même plutôt mince sur le papier, surtout que la version française a coupé bon nombre de sa présence à l'écran, alors que son duo avec Stander est une des belles trouvailles du film. Je vous jure, parfois... Malheureusement, Hoosman n'aura plus l'occasion de nous démontrer que sa reconversion en tant qu'acteur était réussie, puisqu'il mourut à 50 ans, six mois seulement après la sortie de Pas de pitié pour les salopards sur les écrans. Ce sera au passage le dernier film de sa trop courte carrière et de sa trop courte vie.
Il est doublé dans la version française - quand il n'est pas coupé - par le franco-sénégalais Bachir Touré, très connu pour avoir doublé le grand Sydney Poitier dans une douzaine de ses films et notamment dans les films où il y jouait l'Inspecteur Tibbs.
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| "Attends... C'est moi ou ça sent le renard ?" |
On enchaîne maintenant avec le vrai méchant du film, un méchant qui, tel Zorro arrive sans se presser. Est-ce d'ailleurs un hasard si Gordon Mitchell porte un costume et une cape noire tel le célèbre renard ? Bien que son look à la croisée de Zorro et d'un prédicateur puisse surprendre un peu, ça le met bien en valeur et chacune de ses apparitions est un régal. Je rappelle que Lee Van Cleef a joué dans le 1ere épisode de la 2eme saison de Zorro, ça a dû lui rappeler des souvenirs du coup ! Mais nous avons si souvent parlé de cet acteur américain issu du péplum, et la fiche est déjà si longue, qu'il vaut mieux passer à la suite avant, justement, de ne vous faire une présentation aussi longue que celle que j'ai pu faire pour la série Zorro, record en cours à suivre !
Il est doublé en français comme sur Erik le vicking (1964) et assez régulièrement, par un autre géant du doublage français, Michel Gatineau, voix française de Michael London, de Derrick ou encore du Professeur Procyon de Goldorak, chose que j'ai dû vous répéter une bonne dizaine de fois dans mes présentations, donc on enchaîne, on enchaîne bordel !!!
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| - Allez, un suppo et au Lee ! - Arrête tes conneries, Gordon ! Je sais que c'est toi ! |
Parlons maintenant du premier rôle féminin, lui aussi malheureusement bien coupé sur la version française alors que ça faisait tout son "sel" (vous comprendrez mieux en revoyant le film), tenu par l'italienne Graziella Granata. Bien que sa carrière dans le cinéma fut plutôt courte, de 1959 à 1972 seulement, elle fut tout de même assez riche et elle travailla sous la direction de réalisateurs importants comme Piero Pierotti, Giulio Pettroni, Pasquale Festa Campanile, Mario Camerini, Sergio Corbucci, Steno et même l'immense Fellini. Elle avait tourné en 1965 pour Luigi Comencini au côté de Gianni Garko dans Don Camillo en Russie, 5eme épisode de la très populaire série de films avec Fernandel, et rejoignit l'acteur marseillais en 1970 pour tourner un nouvel épisode qui devait être réalisé par notre Christian Jacques national. Cette fois, elle devait y jouer le rôle de la nièce de Don Camillo. Hélas, comme vous le savez sans doute, Fernandel tomba malade et le tournage fut interrompu après quelques semaines. Atteint d'un cancer généralisé, sa famille lui cacha son véritable état de santé, lui faisant croire qu'il avait juste attrapé une pleurésie durant le tournage. Fernandel appela Christian Jacques et donna même une interview à la télévision pour rassurer tout le monde sur sa santé et annoncer que le tournage allait bientôt reprendre, ignorant qu'il n'avait plus longtemps à vivre. Le film de Christian Jacques demeura inachevé, mais il en reste encore quelques archives où l'on peut voir chaque acteur jouer chacun dans sa propre langue. Lorsque la production de Don Camillo et les contestataires sera finalement relancée en 1972, avec Gastone Moschin (doublé en VF par Francis Lax !) pour remplacer l'irremplaçable dans le rôle de Don Camillo, et le réalisateur Mario Camerini plutôt que Christian Jacques, Graziella Granata ne faisait plus parti de la distribution et avait même arrêté sa carrière après un ultime film Fratello Ladro (trad : Frère voleur) au côté de Gino Cervi, le célèbre Pepone de Don Camillo ! Et comme les hasards sont parfois malicieux, Gino Cervi ne désirant plus interpréter le rôle de Pepone maintenant que son ami Fernandel nous avait quitté, il fut remplacé sur son rôle par, devinez qui ? Nul autre que Lionel Stander !
Comme on n'a presque plus parlé de Fernandel que de la belle Graziella Granata, on va quand même terminé sur une particularité intéressante de cette actrice qui n'avait pas qu'un joli petit minois, mais aussi une très belle voix. Aussi, et c'est très très rare en Italie, Grazziela Granata a généralement eu le privilège de se doubler elle-même en italien dans presque tous ses rôles. Et c'est doublement un privilège car Graziella ne doubla jamais personne d'autre qu'elle même. C'est donc bien sa voix que vous pouvez entendre sur Pas de pitié pour les salopards en VO... ou sur ses nombreuses scènes non doublées en français...
Et Grazielle Granata a bien de la chance, car pour la version française, c'est la trop rare Michèle André et sa voix d'or qui lui permette de s'exprimer dans notre langue, cette actrice qui fut l'inoubliable voix française de Duchesse des Aristochats (1971) et de Belle Marianne de Robin des Bois (1973), deux grands classiques de l'animation chez Walt Disney qui semblent hélas un peu oublié par les nouvelles générations. J'ajouterai, car j'y tiens beaucoup, qu'elle a également été la voix de Dale Arden dans le sublimissime film d'animation Flash Gordon, la plus grande de toutes les aventures (1979), une de mes madeleines de Proust que vous pouvez trouver sur mon blog.
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| Grazziela et le futur Sartana dans "Don Camillo en Russie" |
Avant de passer enfin à la partie technique de la présentation, je suis quand même obligé de vous parler de l'une des choses les plus célèbres de ce film : la présence de Bud Spencer, pour la seule et unique fois dans un rôle au cinéma sans sa barbe si caractéristique !
Quand le western de Stegani fut lancé, Bud Spencer sortait à peine du tournage de Dieu pardonne... moi pas ! (1967), où Giuseppe Colizzi avait eu l'idée de le faire tourner. Avant d'entamer cette étonnante carrière au cinéma qui bouleversa sa vie et le fit rencontrer Terence Hill, l'ex champion de natation napolitain se rasait en réalité tous les matins. Se faire pousser la barbe avait été une demande du réalisateur Giuseppe Colizzi pour le rôle et le film étant achevé, aucune raison de la laisser. Mais pour le spectateur au cinéma, il en était désormais indissociable. Pensant qu'il ne ferait plus d'autres films, il s'était donc rasé mais accepta finalement un petit rôle dans cet autre western. Comme il n'avait plus le temps de la faire pousser et que, de toute manière, il jouait un rôle complètement différent de celui qu'il venait de jouer, il s'en accommoda fort bien et n'aurait jamais pensé que des décénnies encore, le spectateur puisse halluciner en le découvrant à poil de la sorte, ou plutôt sans poil.
Comme vous devez en avoir marre que je parle et que je parle et que je parle... je vais vous faire un petit cadeau qui va, par contre, encore allonger notre petite présentation pépère que je pensais écrire à la base. Je vais vous traduire ce qu'a écrit Bud Spencer au sujet de ce film dans son autobiographie publiée en Italie et qui n'a bien entendu pas été traduite et éditée chez nous. Vous allez voir, y a des anecdotes bien savoureuses... Mais chut, on se tait et on écoute, ou plutôt, on lit les paroles du grand Bud, bien barbu au moment où il écrivit ses lignes :
"Lorsque le réalisateur Giorgio Stegani m'a appelé pour un rôle dans un autre western spaghetti, Pas de pitié pour les salopards, je m'étais rasé la barbe, pensant que celui avec Colizzi aurait été mon unique expérience en tant qu'acteur. Comme il n'y avait pas le temps de me la faire repousser, je fis sans. De plus, le personnage était complètement différent : ce n'était pas un dur pistolero, mais un banquier mallhonnête. Un personnage désagréable, lâche.
La star du film était Lee Van Cleef, un visage magnifique qui avait trouvé l'Amérique en Italie grâce au repéchage accompli par le génial Sergio Leone dans Et pour quelques dollars de plus. Suite à un accident d'auto et son vice pour l'alcool, sa carrière était pratiquement morte et il avait épousé l'infirmière qui l'avait guéri et qui le freinait sur la bouteille. Sur le plateau de Stegani, il arrivait toujours en retard et déjà ivre.
Il jouissait de son succès inespéré et faisait ce qu'il avait de toute évidence vu faire par les stars avec lesquelles il avait travaillé à Hollywood lorsqu'il était jeune : des siennes. Ce n'était pas possible de continuer ainsi : nous tous arrivions sur le plateau de bon matin, alors que lui ne se montrait jamais avant deux heures de l'après-midi, complètement bourré, jusqu'au jour où je l'ai affronté. De manière décidée, un peu addouci par mon anglais rouillé, je lui ai dit que si le lendemain il n'arrivait pas à l'aube comme nous, je serais rentré chez moi.
Mais en réalité, j'étais en train de lui dire qu'avant de m'en aller, je lui aurais balancé une droite, et il comprit mon visage, bien mieux que mes paroles. Je m'attendais à une réponse instinctive, un "Fuck you !" de Van Cleef, ou à me faire renvoyer. Mais le jour suivant, en fait, il est arrivé sur le plateau à l'heure, de bon matin et frais comme un gardon. D'un côté, j'en fus heureux, mais de l'autre je me sentais coincé : derrière ma prise de position, en vérité, je cherchais un prétexte pour me faire foutre dehors, parce qu'ils m'avaient habillés comme un dandy, avec cette gueule que l'absence de barbe rendait un peu crétin, dans un petit rôle et peu payé. En bref, je ne me sentais pas à l'aise et j'avais pensé que menacer l'acteur principal aurait permi de me faire renvoyer; après tout, ils pouvaient très bien me remplacer. Mais ça ne s'est pas passé ainsi.
Etaient également présents dans le film le vigoureux Antonio Sabàto et cette extraordinaire second rôle qu'était Lionel Stander, un cabotin du Vaudeville et du cinéma américain, exclu de Hollywood dans les années 50 parce qu'il avait envoyé au diable le sénateur McCarthy et sa commission de chasseurs de communistes. Le milieu n'avait pas pardonné à Stander d'être de gauche, et c'est ainsi qu'il s'en est allé en Europe où il a fait un certain nombre de films de tous les genres, surtout des westerns (je l'ai croisé également sur le plateau de La Colline des bottes). Il était toujours entouré de femmes, bien qu'il n'était pas un adonis. Pas de pitié pour les salopards a été un bon succès, il effleura le milliard de lires, mais je n'en conserve pas un souvenir particulier, compte tenu de ma brève permanence sur le plateau.
Je le considère comme une parenthèse en attendant de trouver un travail sérieux, étant donné que chaque film, pour moi, devait être le dernier de ma carrière !"
On en termine avec Bud et le cast en parlant de sa voix française sur ce film. Vous devez tous savoir désormais que c'est Claude Bertrand qui l'a presque toujours exclusivement doublé avec talent, du moins jusqu'à ce que Bertrand ne nous quitte pour rejoindre les cieux. Mais ici, il s'agit pour la seule et unique fois de Jean Berger, l'inoubliable voix française du non moins inoubliable Patrick Macnee de Chapeau Melon et bottes de cuir. Etant donné que Bud Spencer joue effectivement un rôle totalement différent et semble vraiment une autre personne sans sa barbe, force est de constater que ça marche complètement, Jean Berger ayant très souvent doublé ce genre de personnage fourbe et en retrait dans l'action. Mais ce qui est assez drôle, c'est que Claude Bertrand est bien présent au casting vocal de ce film aussi, puisqu'il est chargé de doubler l'acteur allemand Günther Stoll, un acteur ayant fait l'essentiel de sa carrière dans sa patrie, mais qu'on aura l'occasion de recroiser dans l'autre western spaghetti auquel il a participé, encore une fois avec Lee Van Cleef, Le Retour de Sabata.
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| "Sans ma barbe, quelle barbe ! Non, ne me regardez pas ! J'ai vraiment une tête de con !" |
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| Forcément, les allemands ne se sont pas gênés pour mettre Bud Spencer en valeur |
Comme mes chers lecteurs ne sont pas des salopards, je vais avoir pitié d'eux et vais essayer de parler rapidement de la partie technique du repack, surtout que j'ai encore une grosse surprise qui vous attend après ça, un mega rebondissement comme on en voit rarement.
Il n'existe qu'un seul Blu-ray dans le monde de ce western, celui sorti en Allemagne en 2020. Mais il présentait finalement peu d'intérêt, puisqu'il ne s'agissait que du montage allemand, amputé d'une bonne vingtaine de minutes, et sûrement pas les mêmes que celles coupées dans notre montage français. L'édition ne proposait d'ailleurs que la version doublée en allemand. Aussi, pour ce qui est de la belle copie HD intégrale que j'ai utilisé, elle est issue de Prime Italie et m'a été confiée il y a peu par deux grands fans italiens de Bud Spencer et Terence Hill, Gius et Roberto que je remercie énormément. Si ce film est également présent sur le Prime français, il ne l'est que dans sa vieille copie DVD. La version HD est de très bonne tenue, malgré quelques petits défauts parfois comme une scène où les couleurs se mettent à clignoter, mais franchement rien de méchant, on fait un gros saut qualitatif depuis le vieux DVD de chez Seven 7, ça ne fait aucun doute.
Le doublage français avait beau être incomplet, il n'en était pas moins excellent. Il n'a vraiment pas été fait au rabais, puisque chaque petit rôle se paye le luxe d'avoir une voix bien à lui. Vraiment, quel dommage que ces beaux doublages soient si souvent gâchés par toutes ces coupes, mais c'est ainsi. Pour ce qui est de la piste son française, j'ai tout simplement réutilisé celle du DVD et je dois féliciter Seven 7 d'avoir fait du très bon travail de synchronisation à l'époque, car ça m'a largement facilité la tâche. Par contre, si on fait très attention, on se rend compte qu'ils ont oublié à des endroits de virer la piste italienne en dessous, du coup on peut entendre très légèrement quelques dialogues italiens en dessous de la française. Malheureusement, je n'ai rien pu faire pour ça, mais heureusement que ça reste discret.
Comme toujours, les deux copies du film n'étaient pas tout à fait exactes, et il y avait quelques photogrammes ici et là en plus ou en moins qui causaient régulièrement de légers décalages. Je n'ai donc eu essentiellement qu'à combler ou couper les petits manques dans la bande-son et le tour fut joué.
J'ai également récupéré les sous-titres français du DVD pour les synchroniser de nouveau sur la VO. Ils vous permettront de voir le film en Italien, mais je vais vous avouer que j'ai trouvé l'adaptation un peu laxiste parfois, alors je n'ai pas pu m'empêcher de changer quelques mots ici et là pour les améliorer. Je me suis retenu pour ne pas tout refaire, mais c'était assez bavard pour un western, alors je me suis contenté de corriger certains manques ou ce qui me paraissait vraiment trop éloigné de l'original. Pour les sous-titres forcés, comme il y en a quand même bien moins à superviser, je me suis permis de tous les retravailler et d'y apporter une traduction plus fidèle. Beaucoup de traducteurs n'hésitent pas à chambouler totalement le texte dans leurs sous-titres, mais pour ma part, quand ce n'est vraiment pas nécessaire ou que ça ne sonne pas mal à la base, je préfère essayer de rester plus proche des dialogues originaux. Mais l'important demeure l'esprit qui doit s'en dégager, c'est cela que ça ne doit pas trahir avant tout, à mon humble avis en tout cas.
Et maintenant, la très très grosse surprise du jour, celle qui aura retardé la sortie de mon repack et rallongé encore un peu plus cette présentation. Comme vous le savez, à moins de lire entre les lignes, la VF du film, aussi belle est soignée soit-elle, est amputée d'une bonne vingtaine de minutes. Aussi, comme toujours lorsqu'on désire proposer la version intégrale du film avec sa VF, on la complète par des passages en VO sous-titrés. Ca sort un peu du film, surtout quand on n'y est pas habitué, mais c'est un mal nécessaire. Mais voyez-vous, il est arrivé que l'on retrouve des passages soit disant jamais doublés en français dans diverses éditions VHS. Par exemple, si La Colère du vent n'a pas été, normalement, intégralement doublé en français, on pouvait retrouver des passages en français sur une édition dont les scènes étaient coupées sur une autre, et vice versa. Parfois, on a donc pu tout simplement reconstituer une VF intégrale, ou pas loin, ce qui est tout de même toujours plus agréable à l'écoute. Il est donc important d'explorer toutes les options possibles et de vérifier dans nos vieilles VHS ou autres si le montage ou le doublage est identique aux versions DVD ou passages télé qui ont suivi.
Et là, alors que je finalisais enfin cette présentation que j'avais débuté 3 jours auparavant, je me suis soudainement souvenu que je possédais une VHS du film. C'est notre généreux VirDaucalis qui me l'avait envoyée il y a quelques années déjà, avec tout un tas d'autres VHS. Elle faisait parti d'une collection dédiée à Terence Hill et Bud Spencer sortie en 1991. La jaquette était franchement honteuse, puisqu'elle présentait l'affiche du western On m'appelle Malabar, avec le seul Bud Spencer barbu dessus. Quant aux photos au dos de la jaquette, elles présentaient deux photos sur trois issues d'un autre film, Une raison pour vivre, une raison pour mourir, avec encore une fois un Bud Spencer bien entendu très barbu. J'imagine le gars qui a acheté la VHS à l'époque et qui s'est peut-être demandé tout le long du film où diable pouvait être Bud Spencer, ne le reconnaissant pas sans barbe et dans un rôle de ce genre.
Je n'avais jamais pris la peine de visionner cette VHS et je me suis quand même dit qu'il serait tout de même judicieux d'y jeter un œil et une oreille au cas où. Qui sait si je n'y retrouverais pas des passages doublés en français qui ne l'étaient pas sur le DVD ? La durée indiquée à l'arrière de la jaquette était de 100 minutes, ce qui ne correspondait ni à la version intégrale, ni au montage français au cinéma. Mais d'expérience, je sais qu'il ne faut absolument jamais se fier aux durées indiquées sur les jaquettes des VHS... Déjà qu'on ne peut pas se fier aux jaquettes des VHS tout court... Donc je lance la fameuse VHS et là, dès les tous premiers mots du film, le choc. Je n'étais pas en train de rêver, les comédiens n'avaient pas les mêmes voix !!! J'ai accéléré un peu et il fallait me rendre à l'évidence : le film était entièrement redoublé. J'ai fait des recherches sur Internet, absolument personne ne mentionne nul part la présence d'un redoublage ou d'une VF complète pour ce film, ce qui montre bien à quel point il était peu considéré avant sa ressortie en DVD chez Seven7. C'était donc un sacré scoop.
Ceci dit, pour voir ou revoir le film en VF, je ne peux quand même que vous conseiller de le faire dans sa version cinéma, mais à vous de décider si vous préférez que ce soit complété par la VOST ou par la VF de la VHS. Pour ce qui est de cette dernière, on ne va pas se mentir, ce doit avant tout être considéré comme un bonus rare, mais le film y perd beaucoup et ça m'étonnerait que certains d'entre vous la préfère à la VF habituelle. D'une part, l'interprétation laisse clairement a désiré, c'est à la fois plat et caricatural, mais de plus l'adaptation est hyper libre, le texte n'ayant pas grand chose à voir avec celui de la VO. On dirait presque qu'ils ont improvisé petit à petit et c'est parfois vraiment n'importe quoi. Le langage est parfois aussi un peu fleuri, on dirait que certains se sont fait plaisir. Je situe tout de même son niveau au dessus des VF réalisées à Rome dans les années 60 et 70, mais ça reste très moyen. Je le répète, ça reste un gros bonus avant tout et une archive qu'il était dommage de perdre.
Cette compagnie faisait parfois appel à des comédiens chevronnés qu'elles payaient au tarif syndical, mais ne se privait pas pour les faire travailler avec leurs propres comédiens qui étaient eux payés au forfait, ce qui n'était pas autorisé, et c'était plutôt au lance-pierre. Certains diront que c'était déjà trop, compte tenu du résultat. Par exemple, pour doubler tardivement un mauvais film de Stallone tourné en réalité bien avant Rocky, ils avaient fait l'effort de faire appel aux services d'Alain Dorval, mais ils étaient entourés de comédiens maison et la VF était donc malgré tout plutôt minable. Et c'est assez drôle de se dire que même quelqu'un comme Hervé Icovic, un comédien et directeur artistique plutôt décrié car il se la joue "je fais des doublages de qualité moi, avec des acteurs de qualité moi, et non pas les ringards du doublage moi" a bossé pour cette boite. Allez demander au Youtubeur Mister Fox ce qu'ils pensent de sa VF de "Carnage" de Polanski, par exemple, vous m'en direz des nouvelles.
Pour vous dire à quel point c'était pro et engageant, d'après témoignage, ils avaient l'habitude d'enregistrer leur VF dans une sorte de cave qui sentait la vinasse, ce qui ne fait pas très sérieux vous l'admettrez. Plutôt louche, cette société s'est attirée pas mal de soucis avec les syndicats du doublage et les comédiens qui y travaillaient ne s'en vantaient généralement pas, ils s'en cachaient même car ils pouvaient avoir de sacrés problèmes pour avoir accepté des conditions hors-la-loi. Thierry Bourdon (voix de Ramis dans Albator par exemple) avait expliqué dans une interview radio qu'il avait pris des risques par rapport aux syndicats en allant doubler chez G.K à deux reprises, pour en plus ne finalement pas être payé !
Bref, c'étaient une boite peu recommandable, mais qui fait partie elle aussi de l'histoire du doublage français à sa manière. Et mine de rien, quelques comédiens "importants" auront énormément œuvré chez G.K, comme Jacques Bernard et Laurent Hilling, deux symboles de la compagnie, ou même cette pauvre Marcelle Lajeunesse qui devait bien continuer à bosser pour vivre et à qui ont a même osé faire doubler des pornos. Quand on se dit qu'elle avait précédemment doublé Marlyn Monroe ou Audrey Hepburn, ça craint quand même un peu du boudin.
dans une cave à vin, au milieu des escabeaux.
J'ai eu quelques doutes au départ pour reconnaître Garbiel Le Doze sur Antonio Sabàto. Parce que franchement, ça m'a semblé si incroyable qu'un comédien si talentueux puissent être ici aussi plat et sans vie. Mais oui, il a bien fait parti de l'équipe G.K à ses débuts dans le doublage avec sa femme. Quand on voit ce qu'il est désormais devenu, on ne peut que lui tirer notre chapeau. Ce comédien de théâtre, qu'on a aussi pu voir dans quelques films comme MR-73 (2007) d'Olivier Marshal, est devenu depuis la moitié des années 90, une grande pointure du doublage. Il est entre autre la voix française de Kevin Spacey, de Gary Oldman, d'Alfred Molina et Gabriel Byrne qu'il a doublé chacun dans une bonne vingtaine de films.
Pour Bud Spencer, il s'agit malheureusement de Gérard Boucaron, un comédien symbole de G.K lui aussi à la voix très agresive et usante. Ce qui est curieux, c'est que je l'ai parfois confondu avec Patric Melennec, car il a le même style de timbre de voix, mais en plus caricaturale et aiguë. Vous vous souviendrez peut-être de lui pour avoir doublé Robert Vaughn dans Renegade (1986) avec Terence Hill, film au doublage français assez médiocre, mais également pour avoir doublé Richard Harrison sur son rôle de Philiiiiiiiiiiiiippe, dans le légendaire Hitman le Cobra (1987).
Pour ce qui est de Lee Van Cleef, j'ai dû franchement me creuser la tête pour parvenir à comprendre de qui il s'agissait. À peine ai-je entendu sa voix, je me suis souvenu que je l'avais déjà entendu quelque part. Cette fois un peu étrange ne m'était pas inconnue du tout. Mais où l'avais-je déjà entendu ? Et puis ça m'a fait tilt : c'était lui qui doublait Ellie Wallach dans Brigade Anti-Mafia. Le problème, c'est que je n'avais pas réussi à identifier le nom du comédien à l'époque. Pourtant, je me disais que je devais aussi l'avoir entendu ailleurs. Et là, en épluchant un peu quelques fiches des VF de chez G.K, je suis tombé sur celle du dessin-animé japonais L'île au trésor, que j'aimais beaucoup, une VF plus que correcte avec Jacques Hilling, Jacques Bernard et Marcelle Lajeunesse. Et là, re-tilt... Lee Van Cleef avait la même voix que le Capitaine Smollett ! Et savez-vous de qui il s'agissait au final ? De nul autre que Jacques Garçia, soit le G. de G.K !!! Et oui, le boss en personne qui s'était visiblement réservé le premier rôle pour se faire plaisir. Jacques Garçia, qui n'était même pas comédien à la base, n'a évidemment bossé que dans sa propre boite. Il était si mal vu que personne ne se serait risqué à le prendre ailleurs. Si l'on doit ressortir un rôle dans la voxographie de Jacques Garçia, c'est peut-être celui du narrateur dans la série Bioman. À savoir qu'il que son fils Stéphane Garçia et sa femme Paulette Arnou ont également fait du doublage pour lui.
Pour ce qui est des autres comédiens, je n'ai pas trop cherché plus loin, mais j'ai trouvé le choix pour doubler Gordon Mitchell particulièrement inapproprié. D'une voix très douce, son comédien transforme le l'énergique méchant en mou du genou.
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Voilà, cette fois, je crois qu'on en a vraiment terminé. J'espère que je ne vous ai pas perdus en route, que ce que je vous ai raconté a pu vous intéresser, et que vous allez désormais pouvoir apprécier ce nouveau repack aux multiples options comme il se doit. Ce western italien atypique le mérite, lui qui met en valeur des thématiques telles que l'honneur, l'amitié, le travail, l'amour, qui doté d'un superbe casting et dont le tout est accompagnée par l'excellente partition aux sonorités américaines de maître Riz Ortonali - pouvant rappeler celles qu'il avait déjà proposé dans le merveilleux Les 3 implacables (1963).
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon film et une bonne (re)découverte. Et merci d'avance pour vos dons, si jamais le cœur et votre compte en banque vous en dit.
Liens 1080p, VF multiple et VOST (11 GO)
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Merci pour ton boulot!
RépondreSupprimerMerci indy pour l excellent et long texte et cette madeleine carbonara crépusculaire, bravo !
RépondreSupprimerEnorme, merci
RépondreSupprimerUn grand merci pour cette version intégrale et pour toutes ces infos passionnantes.
RépondreSupprimerC'est vraiment cool de nous présenter ce western avec un tel doublage du studio GK et ces explications pour apprécier ce film! merci
RépondreSupprimerMerci pour cette livraison de poids et cette présentation fort instructive, comme à l'accoutumée. Bravo pour ton travail en général;
RépondreSupprimerEst-ce que Jacques Garcia s'est réservé le premier rôle pour se faire plaisir... ou pour éviter de payer un comédien supplémentaire ? Quand on sait qu'il avait fait la même sur Halloween 4 et 5 en doublant lui-même Donald Pleasence, on peut se poser la question.
RépondreSupprimerSûrement un peu des deux ! Effectivement, maintenant que tu me le dis je me souviens de sa voix dessus, en plus je les ai revu il n'y a pas longtemps.
SupprimerGrand merci - partage et travail impeccable comme d'hab'
RépondreSupprimerPour un film sur lequel tout n'avait pas été dit, on peut dire que nous ne sommes pas déçus (enfin en ce qui me concerne). Comme toujours la présentation est passionnante et instructive de bout en bout. On ne peut plus regarder le film de la même façon. Moi le premier suis passé à côté du côté "profond" du film (je l'ai vu il y a fort longtemps) qui me donne envie de le redécouvrir. Tes présentations y sont pour beaucoup. Merci pour tout ce taf impressionnant
RépondreSupprimerMission accomplie alors ;) Merci à toi.
SupprimerWoaw ! Ça c'est de la présentation. Comme je sais qu'elle te prend autant de temps que le repack, j'ose à peine imaginer la durée totale de cette entreprise de bienfaisance...
RépondreSupprimerSois-en grandement gratifié O mon Roi du Spaghetti Al Dente ! 😄
Ps: imagine si le Bud avait été viré du set... 😁
RépondreSupprimerMerci beaucoup, Gilles, pour ton repack et ta passionnante présentation. Merci aussi d'avoir traduit les anecdotes du grand Bud
RépondreSupprimerMerci et un énorme bravo pour le travail effectué.J'en apprends de belle sur le western spaghetti avec toi.
RépondreSupprimerMerci beaucoup ! excellent film et excellent travail ! :)
RépondreSupprimerCette présentation est un roman qui se déguste avec grand plaisir. Merci et bravo!
RépondreSupprimerFidèle à la tradition indianagilliennne , une présentation soignée et richement documentée qui est contée dans une prose jubilatoire ! Un travail de recherche remarquable, la partie technique super pro ! Comme toi, je n'ai pas gardé un grand souvenir lorsque j'ai découvert ce western pour la 1ère fois dans son édition dvd Seven. Pas revu depuis mais c'est l'occasion de redonner une chance à cette belle affiche dans cette édition gold intégrale. Mille mercis ! Tu devrais postuler au poste de directeur de la Cinémathèque Française !
RépondreSupprimerEn voyant le film proposé, je me suis dit: J'ai le dvd Seven7, pourquoi je le reprendrais ? Même si c'est de la HD ? Et puis j'ai lu toute ta présentation et ça m'a fait changer d'avis !
RépondreSupprimerD'apprendre que Bud Spencer a menacé Lee Van Cleef de lui mettre une baffe... Je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est marrant et on imagine bien la scène ! Et l'histoire du redoublage de la VHS, c'est un peu surréaliste !
Vu que je ne l'ai pas revu depuis l'achat du dvd et vu qu'on a la chance d'avoir une version française inédite en HD grâce à toi, pourquoi s'en priver ?
Merci.
Exactement ! Au final ce serait plutôt "Mais pourquoi je ne le reprendrai pas ???" ;)
SupprimerFranchement Indianagilles, chapeau bas pour toute ta culture cinématographique, passionnante et passionnée. Moi aussi, j'ai la version DVD et je me laisserai bien tenté par cette version. Cependant, j'ai vraiment du mal à conserver des films de 11go sur mon pauvre disque dur, aussi ne serait-il pas possible de faire une version plus light ? Ce serait vraiment génial et hautement apprécié. Merci d'avance de ta compréhension.
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour ce repack et ta magnifique presentation (je salive d'avance^^)
RépondreSupprimerJ'ai failli revisionner mon dvd il n'y a pas longtemps, j'ai bien fait de m'abstenir. Grand merci pour cette version intégrale que je me réjouis de découvrir.
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour cette belle version.
RépondreSupprimerJohn49